Des questions pour le ministre Hamad

Les partis de l’opposition préparent une série de questions pour le ministre Sam Hamad en vue de la commission parlementaire sur la réforme de l’aide sociale, qui commence ce mercredi à Québec.

Le député péquiste Dave Turcotte compte soulever les contradictions du ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale au sujet de l’obligation d’accepter un « emploi convenable ». Le ministre Hamad a déjà déclaré qu’un assisté social de Montréal qui se fait offrir un emploi convenable à Québec devrait l’accepter. Il a aussi dit au Devoir, la semaine dernière, que personne ne serait forcé de déménager à cause de cette clause de la réforme.

« Le ministre ne veut pas obliger les gens à déménager, mais ils devraient faire Montréal-Québec pour aller travailler ? C’est contradictoire », dit le député de Saint-Jean.

Dave Turcotte estime que le ministre fait reposer de grands pans de sa réforme sur les épaules des agents d’aide sociale, ce qui ouvre la porte à l’arbitraire, selon lui. « Ce ne sont pas les agents le problème, c’est le ministre », dit-il.

Le gouvernement Couillard tente de donner un grand coup de balai dans l’aide sociale en forçant les nouveaux demandeurs à suivre des programmes d’aide à l’emploi. Ceux qui suivront les directives de Québec recevront une prime de 250 $ par mois, mais ceux qui omettent de se conformer aux programmes perdront jusqu’à la moitié de leur chèque.

Il faut « briser le cercle vicieux » de la dépendance à l’aide sociale d’une génération à l’autre, a dit le ministre Hamad. « On ne peut pas, comme société, accepter que je suis un enfant de l’aide sociale et que mon ambition, à 18 ans, c’est d’aller chercher un chèque d’aide sociale », a-t-il dit au Devoir.

Pour un groupe de professeurs en travail social de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), la réforme de l’aide sociale se base sur des « préjugés » démentis par la science. « Jamais, depuis l’existence de l’aide sociale en 1969, un gouvernement n’était allé aussi loin dans le workfare[travailler pour recevoir de l’aide] et la négation des droits fondamentaux des plus pauvres de notre société », a écrit le professeur Jean-Yves Desgagnés, directeur du module de travail social de l’UQAR.

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7 commentaires
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 26 janvier 2016 08 h 05

    Un ministre idéologue créateur de misère et d'arbitraire.

    L'avenue idéologique souhaitée fonctionnera dans la mesure où les agents d'aide sociale feront preuve d'arbitraire et exigeront des sacrifices inutiles et indus des personnes les moins susceptibles de le contester, des renoncements qu'ils seraient les premiers à refuser si on les leur demandait.
    Ils choisiront les plus vulnérables parmi les plus vulnérables et au bout du compte, on aura encore davantage perdu temps, fait souffrir des gens et socialement ostracisé les pauvres dans une société s'offrant régulièrement des crises économiques faiseuses de perdants et de gagnants. On règlerait beaucoup de problèmes si on admettait que la société québécoise est assez riche pour à tout prix éviter que l'un de nous soit dans la misère: couper l'aide sociale comme le ministre veut le faire, peu important le motif, est créateur de misère.

  • Jean Lapointe - Abonné 26 janvier 2016 08 h 05

    Je suis d'accord avec eux.

    «Pour un groupe de professeurs en travail social de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), la réforme de l’aide sociale se base sur des « préjugés » démentis par la science.»

    Je suis pleinement d'accord avec ces professeurs.

    Cette réformée est basée sur des préjugés de la part de monsieur Hamad.

    Son problème je pense c'est qu' il n' a jamais pris la peine d'essayer de comprendre les assistés sociaux.

    Son jugement est tout fait à l'avance sans études préalables de la question et il se pense en possession de la vérité n'étant pas conscient que ses idées sur la question ne sont que des préjugés.

    Il n'y a donc pas de discussions possibles avec lui.

    Quand on prend la peine de se renseigner et de réfléchir un peu on se rend compte que ce n'est pas aussi simple qu'il semble le penser.

    Quand on prend de telles décisions on doit pouvoir dire sur quoi on s'appuie et pourquoi. Il semble en être incapable.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2016 14 h 19

      «Je suis pleinement d'accord avec ces professeurs. Cette réformée est basée sur des préjugés de la part de monsieur Hamad.» - Jean Lapointe

      Et que pensez-vous alors de la réforme de votre PQ et d'Agnès Maltais qui avait amputé plus de 4000 chèques d'aide sociale, avec l'annulation de l'allocation 129 $ pour les parents qui ont la garde d'un enfant d'âge préscolaire et les prestataires de 55 à 57 ans ?

      J'attends votre réponse avec impatience.

      Christian Montmarquette

  • Christian Montmarquette - Abonné 26 janvier 2016 09 h 12

    En manque d'insultes..



    L'insignifiance de Sam Hamad est telle, qu'on manque d'insultes pour qualifier cette loi scélérate qui s'attaque aux droits humains et cette bandes de lâches qui graissent les riches et s'attaquent aux plus pauvres.

    Tout ce qu'Hamad et ses ignobles libéraux méritent, c'est de se faire destituer avec 300$ par mois pour vivre.

    - CM

  • Raymond Chalifoux - Inscrit 26 janvier 2016 09 h 40

    Des questions pour M. Hamad?

    C'est une très mauvaise idée!, c'est celui qui en arrache le plus, avec les réponses...

  • Jacques Morissette - Abonné 26 janvier 2016 09 h 41

    L'argent est un outil relatif à la vie en société, et ne devrait pas un moyen d'absolu pour parvenir à des fins individualistes.

    C'est de la pensée magique dont fait preuve Sam Hamad. Pour mieux gouverner, quelqu'un pourrait-il l'inviter à suivre au moins un cours de psychologie 101? Force est de constater que beaucoup de gens sur l'aide sociale auraient grand besoin de psychologie, et apprendre à mieux se connaître. Bien entendu, plus de psychologie ne règlerait pas ce problème dans une ssociété qui les pénalise, leur faisant croire qu'ils sont des parasites et avec le système d'éducation auquelle ils ont plus de difficulté à accéder. Cela dit, dans une certaine mesure, l'aide sociale est aux pauvres ce que les paradis (parasites!) fiscaux sont aux riches. Donc, la psychologie pourrait faire grand bien aussi aux riches, pour leur rappeler qu'ils vivent eux aussi en société.