La relation avec les policiers est un «problème systémique»

Les ministres du Patrimoine, Mélanie Joly, et des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, étaient de passage à Québec jeudi dans le cadre d’une consultation sur les femmes autochtones.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les ministres du Patrimoine, Mélanie Joly, et des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, étaient de passage à Québec jeudi dans le cadre d’une consultation sur les femmes autochtones.

Le drame survenu à Val-d’Or est loin d’être un cas unique : les mauvaises relations entre les corps policiers et les autochtones ainsi que le racisme sont systémiques partout au Canada, jugent deux ministres fédérales, Carolyn Bennett et Mélanie Joly.

Le type de relations entretenues entre les corps policiers et les femmes autochtones « est un problème systémique », qui dépasse de beaucoup le territoire de Val-d’Or, a commenté dans un point de presse la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, qui était de passage jeudi à Québec, en compagnie de la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, dans le cadre d’une consultation qui vise à prendre le pouls des victimes et de leurs proches en vue de la tenue de la Commission d’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Le drame de Val-d’Or, « un événement marquant », n’est qu’un cas parmi tant d’autres d’un océan à l’autre, a affirmé Mélanie Joly.

La condition des femmes autochtones est « un problème qui est systémique, qui touche le système de justice, l’administration de la justice, les corps policiers, la relation au sein des communautés, les enjeux de sexisme, de racisme », a énuméré la ministre. Val-d’Or, « c’est un symptôme d’une problématique qui est pancanadienne ».

Moreau en désaccord

Mais le ministre suppléant de la Sécurité publique, Pierre Moreau, qui participait de son côté à une rencontre fédérale-provinciale des ministres de la Justice et de la Sécurité publique, s’est élevé contre cette généralisation. « C’est une déclaration qui est trop large pour correspondre à la réalité », a déclaré le ministre québécois dans un point de presse. « Je ne suis pas prêt à dire qu’il y a une situation systémique où la police, ce sont des racistes ou des gens qui ont de mauvaises relations [avec les autochtones]. »

Certains policiers peuvent « avoir des sentiments racistes », à l’instar de certains citoyens, a-t-il toutefois convenu. Mais d’autres « sont extrêmement ouverts aux autres cultures et notamment à la culture autochtone », a avancé Pierre Moreau.

Tout se met en place pour que la commission d’enquête fédérale sur les femmes autochtones se voie confier un mandat très large, qui engloberait les sévices commis envers elles par des policiers.

Les cas allégués de Val-d’Or, où des femmes autochtones ont affirmé avoir été victimes de sévices sexuels aux mains de policiers de la Sûreté du Québec, feraient donc partie des enjeux examinés par la future commission.

On estime que 1200 femmes autochtones ont été assassinées ou portées disparues au cours des 30 dernières années au Canada.

À Québec, jeudi, neuvième jour de consultation, les ministres ont rencontré une trentaine de personnes. À ce jour, il s’agit du plus petit groupe depuis le début de la consultation, qui peut attirer jusqu’à 150 personnes chaque fois. Les rencontres se font en privé, à l’abri des caméras. Il n’y avait personne en provenance de Val-d’Or.

Avec La Presse canadienne

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