Remaniement dans l’air

La vice-première ministre Lise Thériault envisage d’effectuer un retour dans l’arène politique, avec l’approbation de son médecin, d’ici la reprise des travaux à l’Assemblée nationale, le 9 février. Après son congé de maladie, elle réassumera ses responsabilités à la tête du ministère de la Sécurité publique, jusqu’à la tenue d’un remaniement ministériel.

Mme Thériault se remet sur pied. « Aux dernières nouvelles, ça va de mieux en mieux. Donc, on est très confiants en un retour probablement quelque part à la fin janvier », a indiqué son attachée de presse, Émilie Simard, dans un bref entretien téléphonique avec Le Devoir lundi après-midi.

Confrontée à des « enjeux de santé », l’élue libérale est à l’écart de la vie publique depuis la fin octobre. « Le diagnostic, c’est entre Mme Thériault et son médecin », a mentionné Mme Simard, précisant que tous deux détermineront la date de la fin du congé de maladie de la vice-première ministre. « Ça va de mieux en mieux », a-t-elle répété.

La députée d’Anjou–Louis-Riel reprendra alors les commandes du ministère de la Sécurité publique — peut-être momentanément —, plus de deux mois après qu’elles eurent été confiées, temporairement, à son confrère Pierre Moreau. « Dans les faits, elle est ministre de la Sécurité publique. Si elle revient, elle reprend ses fonctions, à moins que le premier ministre décide de remanier [son équipe] », a expliqué le responsable des relations avec les médias au cabinet du premier ministre, Charles Robert. Il a décrit Mme Thériault comme un « rouage important du gouvernement ».

Le premier ministre Philippe Couillard a répété avoir « hâte d’accueillir Lise à son retour ». « On veut la revoir parmi nous le plus tôt possible, mais on veut la revoir parmi nous le mieux possible. Ce qui est certain, c’est que Mme Thériault va toujours être une partie importante de notre équipe », a-t-il affirmé notamment à la veille de la relâche parlementaire dans l’enceinte de l’hôtel du Parlement.

Remaniement ministériel en vue ?

M. Couillard pourrait difficilement apporter des ajustements, mineurs ou majeurs, à son équipe de ministres en l’absence de la vice-première ministre, dit-on à micro fermé. Un remaniement ministériel — son moment, son étendue —, « c’est à la discrétion du premier ministre », a fait remarquer M. Robert au Devoir.

Au fil des dernières semaines, M. Couillard a fait part de sa volonté de renforcer la présence des femmes, des jeunes et de représentants des régions québécoises au sein du gouvernement. Il pourrait tenter de donner un nouveau souffle à son équipe ministérielle et, par ricochet, à l’aile parlementaire libérale au moyen d’un remaniement en bonne et due forme, et ce, au lendemain de son retour de vacances.

Le chef du gouvernement se fait reprocher d’être distant de son caucus de députés. « Non, Philippe Couillard est proche de ses députés. Mais M. Couillard, ce n’est pas M. Charest », lance-t-on à deux ans et demi des prochaines élections générales. M. Couillard est « sérieux », « posé », certainement « plus cartésien » que son prédécesseur à la chefferie du Parti libéral du Québec, Jean Charest. Celui-ci était « décontracté », « easy going » en public et avait la « blague facile », résume-t-on.

D’autre part, un remaniement ministériel pourrait être l’occasion de réparer certaines petites erreurs de fabrication, comme l’octroi des responsabilités de la Condition féminine à la ministre de la Justice.

Prise en étau, la ministre Stéphanie Vallée a dû s’imposer une réserve extrême lorsqu’elle a été appelée à commenter des affaires touchant la Condition féminine — les allégations d’agressions physiques et sexuelles portées par des femmes autochtones de Val-d’Or contre des policiers de la Sûreté du Québec, par exemple. Ce serait « plus facile », « plus simple » de commenter librement de tels dossiers si la ministre responsable de la Condition féminine n’était pas également procureure générale du Québec, soutient-on.

Le Conseil des ministres fait relâche encore cette semaine. M. Couillard et plusieurs ministres poursuivent leurs vacances. Les autres s’adonnent à leurs activités comme si de rien n’était. Le ministre de l’Éducation, François Blais — qui pourrait être touché par un éventuel remaniement, comme son homologue à l’Environnement, David Heurtel, selon La Presse —, se prépare notamment à des « consultations assez longues » sur le projet de loi modifiant l’organisation et la gouvernance des commissions scolaires déposé le dernier jour de la session d’automne. « S’il y a un remaniement, on ne le saura pas d’avance », dit-on dans son entourage.

7 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 5 janvier 2016 02 h 50

    Des Me and I

    Peut etre faudrait-il changer de gouvernement, mais il est peut etre trop tôt, ca me fait penser au probleme que nous avions avec Harper, il faut juste attendre que le fruit soit mur, je ne pense pas qu'il existe maintenant des alternatives, enfin il y a PKP qui en rêve mais il est loin d'une nouvelle facon de faire, les alternatives ont besoin de temps pour émerger, il faut que la société québécoise soit repensé mais pas par les ministres actuels, ils sont trop me and I , pour être une solution

  • Yves Côté - Abonné 5 janvier 2016 04 h 24

    Avec ça...

    "Quatre trentes sous pour une piastre", avec ça on va avancer au Québec !!!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 janvier 2016 07 h 44

    … pourquoi pas ? … !

    « Le Conseil des ministres fait relâche encore cette semaine. M. Couillard et plusieurs ministres poursuivent leurs vacances. Les autres s’adonnent » (Marco Bélair-Cirino, Le Devoir)

    Pendant que la Maison du Peuple, en vacances d’hiver, se prépare pour la rentrée parlementaire, avec ou sans remaniement ministériel, et pendant qu’on a encore du temps pour changer (A) et y réfléchir, cette inspiration :

    Si le Québec désire vraiment innover ses activités parlementaires (ministérielles, autres), est-il de sagesse de proposer une refonte majeure relative à la composition actuelle du Conseil des ministres, notamment en ajoutant quelques postes et présences ?

    D’exemple, Québec pourrait-il comme autoriser la présence de l’Opposition sur le-dit Conseil ainsi que l’ajout d’un poste de vice-premier ministre qui, provenant de l’Opposition, aurait, seul et avec dilligence, le droit de voter ?

    De cette inspiration, et du changement suscité, on-dirait que la démocratie québécoise risque d’évoluer d’intégrité et de transparence !

    Quant à s’améliorer, ou rêver et espérer, …

    … pourquoi pas ? … ! - 5 jan 2016 -

    A : http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 janvier 2016 10 h 02

      "dilligence" : Lire plutôt diligence (Nos excuses)

  • Gilles Théberge - Abonné 5 janvier 2016 09 h 51

    Entrée de la caquiste?

    La deuxième félonne de cette formation après Gaëtan, la dénommée Amglade fera certainement son entrée au cabinet.

    François devrait y réfléchir. Ministre, cabinet, PLQ hein François!

  • André Duquenne - Abonné 5 janvier 2016 10 h 13

    CABINET

    Qui d'un ministre Coiteux qui tient les cordons de la bourse ou d'un premier ministre qui temporise les ardeurs des syndicats et syndiqués qui veulent s'enrichir au détriment des missions essentielles de l'État? Ne me dites pas que c'est pour le bien des enfants! Lorsqu'on les prive de plusieurs journées d'école dans une province canadienne qui en offre le moins par année.
    Oui à un petit remaniement pour des améliorations eu égard à certaines missions économiques, pas à un changement drastique qui effacerait les acquis des derniers mois.