Les employés de l’État verront leur salaire haussé de 9 % sur cinq ans

La rémunération des employés de l’État gruge pas moins de 60% du budget total du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La rémunération des employés de l’État gruge pas moins de 60% du budget total du Québec.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a vendu la mèche, vendredi, en affirmant que les employés de l’État verraient leur salaire grimper d’au moins 9 % d’ici cinq ans.

Jeudi, en fin de journée, Québec et le front commun intersyndical ont annoncé qu’ils avaient conclu une entente de principe sur le renouvellement des conventions collectives au chapitre des salaires et de la retraite, mais ils avaient refusé d’en dévoiler le contenu, sous prétexte de permettre aux chefs syndicaux de la présenter d’abord aux instances pour la faire entériner.

Tôt vendredi matin, au micro de l’animateur Paul Arcand, du réseau Cogeco, le premier ministre Couillard a fixé les hausses salariales obtenues par les employés du gouvernement à au moins 9 % en cinq ans, voire « un peu plus », si on tient compte des sommes à être versées dans le cadre des ententes sectorielles conclues avec certains groupes de syndiqués.

Tripler la mise

En fait, de sources syndicales, on apprend que les fonctionnaires et autres employés du secteur public auront droit, plus précisément, à 9,15 % d’augmentations salariales en cinq ans, plus 1,10 % au chapitre des ententes sectorielles, sous forme de primes ou d’ajouts de ressources. Au total, en 2019, ils pourront donc compter sur une rémunération qui aura été bonifiée de 10,25 % par rapport à leur salaire actuel.

Il y a un an, Québec avait braqué les syndicats en offrant à ses employés une maigre augmentation salariale de 3 % en cinq ans. Les syndicats réclamaient alors une augmentation de 13,5 % en trois ans.

Québec aura donc plus ou moins triplé la mise en un an.

La semaine dernière, Québec avait commencé à lâcher du lest, en haussant son offre d’augmentation salariale à 7,5 % répartis sur cinq ans.

Diverses sources indiquent que, finalement, les 400 000 syndiqués du front commun, formant la très grande majorité des 550 000 employés de l’État, ont obtenu un montant forfaitaire de plus ou moins 500 $ cette année, puis une augmentation de 1,5 % en 2016, de 1,75 % en 2017, de 2 % en 2018, plus un autre montant forfaitaire d’environ 250 $ en 2019, auquel s’ajoutera la majoration acquise au chapitre de la relativité salariale, pour les chanceux qui y auront droit, soit la très grande majorité d’entre eux.

Du côté syndical, on estime que 91 % des syndiqués auront droit à une augmentation d’au moins 2 %, grâce au rebrassage d’échelons rendu nécessaire par l’application du concept de relativité salariale à compter de 2019.

Le premier ministre Couillard s’est réjoui d’avoir fait passer la durée de la convention de trois à cinq ans. Ainsi, le gouvernement ne risque pas de vivre une période de tension avec ses employés avant le prochain rendez-vous électoral, à l’automne 2018.

Les grands gagnants

Malgré une différence substantielle entre l’offre initiale présentée par le gouvernement sur le plan monétaire, l’an dernier, et l’entente conclue jeudi, M. Couillard a indiqué que celle-ci « respecte notre cadre budgétaire » et permettra d’abolir comme prévu la taxe santé.

La rémunération des employés de l’État gruge pas moins de 60 % du budget total du Québec.

Plus particulièrement, les enseignants et les infirmières sortent grands gagnants de l’entente, avec des conditions de travail « beaucoup plus attrayantes » qu’auparavant, aux yeux du premier ministre.

Le processus de consultation des instances syndicales et de la base a débuté vendredi. Le contenu de l’entente devrait être rendu public officiellement samedi ou dimanche à Montréal. Déjà, la Centrale des syndicats du Québec a fait savoir vendredi que les délégués ont accepté l’entente à la majorité et qu’ils la recommanderont à leurs membres.

L’entente finale ne pourra pas être signée avant le début de 2016.

Québec voulait aussi revoir le régime de retraite des employés et faire passer l’âge de la retraite sans pénalité financière de 60 à 62 ans, une demande aussitôt rejetée par les syndicats. Là encore, Québec a mis de l’eau dans son vin, et il appert que les employés âgés de 60 ou 61 ans pourront encore quitter sans pénalité, mais à certaines conditions.

Le front commun est constitué de la CSN, de la FTQ et du Secrétariat intersyndical des services publics, qui est lui-même constitué de la CSQ, de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) ainsi que du Syndicat de la fonction publique du Québec.

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