Couillard évoque un retrait du gouvernement des projets d’exploration

Le premier ministre, Philippe Couillard, a évoqué vendredi l’éventualité que le gouvernement du Québec se retire du projet d’exploration des gisements d’hydrocarbures sur l’île Anticosti.

Dans une entrevue radiophonique, M. Couillard a une fois de plus pris ses distances avec une éventuelle exploitation du gaz et du pétrole de schiste qui se trouvent sur cette île du golfe du Saint-Laurent.

Après avoir affirmé qu’il ne souhaite pas être responsable du « délabrement » de ce milieu insulaire sauvage, M. Couillard est allé plus loin en ce qui concerne l’exploitation des hydrocarbures sur l’île.

« Moi, je n’en veux pas, du développement des hydrocarbures sur Anticosti », a-t-il dit.

Alors que le gouvernement du Québec est un partenaire financier des projets d’exploration préliminaire en cours à Anticosti, le premier ministre a indiqué qu’un retrait était possible avant l’échéance des contrats.

Des forages stratigraphiques ont été amorcés en 2014, dans le cadre de la première phase d’exploration. La prochaine étape sera celle des forages de puits de pétrole, qui pourraient nécessiter le recours à la fracturation hydraulique, un procédé controversé nécessitant l’injection de composés chimiques.

Sur les ondes de la station montréalaise 98,5 FM, vendredi, M. Couillard a répété que son gouvernement doit gérer les retombées d’ententes conclues par l’ex-première ministre péquiste, Pauline Marois, avec les entreprises présentes sur l’île.

« On est pris avec un contrat où il y a des forages qui doivent être terminés mais sans fracturation hydraulique, a-t-il dit. La ligne qu’on a faite dans le sable, c’est : écoutez, faites votre forage normal, avec des carottes sans injection dans le sous-sol. Mais, avant de passer à la deuxième phase, un instant, on va faire des vérifications. »

Interrogé sur l’éventualité que le gouvernement utilise les clauses qui lui permettraient de se retirer de ces ententes, le premier ministre a indiqué que cette option pourrait être envisagée.

« C’est ce qui va probablement arriver, mais je pense que c’est utile d’avoir ces études, de toutes façons, pour bien connaître ce milieu-là et tous les autres milieux », a-t-il dit.

Le cabinet du ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, n’a pas été en mesure de préciser à quelles conditions le gouvernement pourrait se retirer d’Anticosti, les contrats en vigueur étant confidentiels.

En février 2014, Mme Marois avait annoncé deux ententes avec des entreprises pour un investissement à terme de 115 millions dans l’exploration des hydrocarbures d’Anticosti.

Une filiale d’Investissement Québec, Ressources Québec, devait injecter 56,6 millions dans une co-entreprise dont les partenaires sont Pétrolia, Corridor Resources et Maurel Prom, avec qui la phase de forages stratigraphiques a été effectuée.

L’accord prévoyait également que Ressources Québec verse 13,3 millions à Corridor pour une participation additionnelle dans la co-entreprise.

Investissement Québec n’a pas révélé la hauteur des sommes versées pour les travaux jusqu’ici, mais une source a indiqué à La Presse canadienne qu’elles se situaient à quelque 24 millions.

Une seconde entente pour la création d’une co-entreprise avec la société Junex prévoyait que Ressources Québec débourse 90 millions pour un autre projet d’exploration sur l’île.

Aucune somme n’a cependant été versée jusqu’ici, puisque les conditions de l’entente exigeaient que Junex trouve un partenaire, ce qui n’est pas le cas actuellement, a indiqué la porte-parole d’Investissement Québec, Chantal Corbeil.

L’échéancier des travaux d’exploration prévoit que la décision d’aller de l’avant avec la deuxième phase d’exploration, avec fracturation hydraulique dans trois puits, sera prise d’ici le début de l’année prochaine.

Un rapport d’évaluation environnementale stratégique, qui inclura une analyse de la viabilité commerciale des hydrocarbures d’Anticosti, doit également être présenté au début de 2016.

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Moi, je n'en veux pas, du développement des hydrocarbures sur Anticosti.

3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 18 décembre 2015 15 h 04

    Sérieux ?

    Si je lis bien entre les lignes, le gouvernement entend éventuellement se retirer, mais n'entend pas empêcher les études.

    En gros, le PQ introduit avec Marois le gouvernement dans l'exploration et le PLQ envisage de retirer le gouvernement pour laisser l'entreprise privée poursuivre.

    En fait, Couillard reviendrait à l'approche du gouvernement Charest. C'est plus que limpide. Mais pas sérieux du tout. Ce n'est pas une question de protéger Anticosti, mais seulement de laisser l'entreprise privée de pousuivre ses explorations, y compris celles à laquelle il ne veut pas que son gouvernement s'associe.

    Après, il dira que tout ça est la faute du PQ.

    Vraiment, ce premier ministre est d'une incohérence totale, car c'est le gouvernement Charest qui a ouvert la porte à l'exploration par les entreprises intéressées.

  • Sylvain Rivest - Abonné 18 décembre 2015 15 h 30

    Girouette

    Toujours dans la même direction que le vent souffle.
    A t-il vraiment une opinion ce docteur?

    En tout cas je ne voudrais pas avoir ça comme medecin.
    Il changerait d'idée pour se rallier à l'opinion des autres autour de lui.

  • Yves Corbeil - Inscrit 19 décembre 2015 15 h 16

    On vous en demande pas tant

    Seulement de Vous retirez, on n'est pas plus exigeant que cela M.Couillard. Après on verra ce que nous feront avec le reste des affaires publiques du Québec.