Hasard ou information privilégiée?

Le député de Québec solidaire Amir Khadir
Photo: Annick MH de Carufel Le Devoir Le député de Québec solidaire Amir Khadir

La fonction de commissaire aux contrats publics, proposée par le gouvernement Couillard peu de temps avant le dévoilement du rapport de la commission Charbonneau, est-elle le fruit du hasard ou plutôt la preuve que le Parti libéral a obtenu des informations privilégiées sur les conclusions de l’enquête publique ?

La question est celle qu’Amir Khadir, député de Québec solidaire, a posée jeudi, quand il a exposé les ressemblances entre les fonctions d’un éventuel commissaire aux contrats publics et celles d’une autorité des marchés publics, une instance dont la mise sur pied constitue la recommandation-phare du rapport de la commission Charbonneau.

« À toutes fins pratiques, il s’agit du même projet d’organisme de surveillance des contrats publics. Le gouvernement savait-il qu’il s’agissait de la pierre angulaire des recommandations de la commission Charbonneau ? » a demandé M. Khadir.

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a annoncé le dépôt d’un projet de loi en vue de créer un poste de commissaire aux contrats publics le 30 octobre, tandis que France Charbonneau a déposé son rapport le 24 novembre.

« Est-ce le fruit du hasard ou la conséquence d’une information privilégiée obtenue par le ministre à l’insu de la juge ? » a encore insisté M. Khadir. Selon lui, les dissensions entre les commissaires Charbonneau et Renaud Lachance alimentent un tel questionnement, d’autant que ce dernier a épousé mot à mot la position du Parti libéral en matière de financement politique. « M. Coiteux doit s’expliquer », a-t-il tranché.

Au Parti québécois, on partage le questionnement du député solidaire, a confirmé Bernard Drainville. « C’est une interrogation tout à fait légitime », a affirmé le député de Marie-Victorin. Le jour même du dépôt du rapport, son parti a dénoncé le fait que le gouvernement libéral a refusé que les médias puissent avoir droit au huis clos pour prendre connaissance du document avant qu’il ne soit dévoilé. « Est-ce que le gouvernement Couillard a refusé le huis clos parce qu’il connaissait la dissidence de M. Lachance et ne voulait pas que les journalistes le questionnent là-dessus ? », demande M. Drainville.

« C’est n’importe quoi », a toutefois répondu l’attachée de presse de Martin Coiteux, Marie-Ève Pelletier, lorsqu’interrogée sur le sujet.

4 commentaires
  • André Nadon - Abonné 18 décembre 2015 07 h 09

    La parade!

    « C’est n’importe quoi ». Voilà la réponse du PLQ, qui ressemble à si méprende, à la réponse de Renaud Lachance à nos interrogations et aux réponses des députés libéraux lors de la période de questions.
    Tous de la même école!

  • François Dugal - Inscrit 18 décembre 2015 08 h 13

    "C'est n'importe quoi"

    "C'est n'importe quoi" : madame l'attachée de presse n'aura jamais si bien dit.

    • Patrick Daganaud - Abonné 18 décembre 2015 10 h 10

      "C'est n'importe quoi" : madame l'attachée de presse n'aura jamais si bien médit.

  • Jean-François Trottier - Abonné 18 décembre 2015 09 h 43

    Ceci pourrait expliquer cela

    Lors de la sortie du rapport, j'ai trouvé que la députation Libérale plastronnait moins que l'on n'aurait pu croire.
    Normalement, les Libéraux aiment à clamer comment ils sont au-dessus de tout soupçon, honnêtes jusqu'au bout de la cravate. Mais là, ils avaient le triomphe modeste. J'en ai été extrêmement étonné.

    Comme s'ils avaient eu le temps de se forger une réaction auparavant, comme si tous les députés avaient déjà appris par coeur un laïus... Sans savoir, et je ne sais toujours pas, j'en ai été agréablement surpris, eh oui.

    Vu sous cet angle, beaucoup de choses s'expliqueraient. Je garde en mémoire.