Québec s’entend avec 110 000 travailleurs

Les chapiteaux qui abritaient les enseignants affiliés à huit syndicats de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) avaient été érigés en début de journée, mercredi, au premier des trois jours de débrayage des quelque 34 000 membres.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les chapiteaux qui abritaient les enseignants affiliés à huit syndicats de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) avaient été érigés en début de journée, mercredi, au premier des trois jours de débrayage des quelque 34 000 membres.

Québec a franchi jeudi une nouvelle étape cruciale dans les négociations qui l’opposent aux employés du secteur public, en parvenant à une entente de principe avec la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), le plus important syndicat de la santé. Pendant ce temps, les négociations en éducation semblent, elles, s’envenimer.

Les 110 000 professionnels membres de la FSSS–CSN doivent entériner l’entente de principe, mais le président du syndicat, Jeff Begley, assure qu’elle contient des gains appréciables. « Notre entente inclut plusieurs mesures telles que l’augmentation du nombre de postes à temps complet. [Elle permettra] de s’assurer que notre travail se fera dans le respect de nos membres. L’entente va permettre de stabiliser les choses pour plusieurs [employés] », a-t-il dit en entrevue au Devoir.

Parmi les concessions arrachées à la table, mentionnons l’inclusion à la convention collective de la prime de rétention des psychologues, assurant que le gouvernement ne pourra plus modifier ou abolir unilatéralement, et des moyens pour limiter les surcharges de travail. Cette entente s’ajoute à celle conclue la semaine dernière avec la Fédération interprofessionnelle de la santé.

Malgré ces avancées, M. Begley rappelle que l’élément le plus crucial, celui des salaires, reste à régler aux tables « centrales ». « Il faut absolument que Québec bouge sur la question salariale », a-t-il estimé. Pour inciter Québec à mettre de l’eau dans son vin, la FSSS cherche d’ailleurs à obtenir un nouveau mandat de grève de dix jours.

Blocus et expulsions

La journée avait plutôt mal commencé sur le front syndical avec l’expulsion, au milieu de la nuit, de grévistes de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) qui avaient érigé un campement à Montréal. En matinée, des dizaines de membres de la FAE ont à nouveau été évincés, cette fois des bureaux du Conseil du trésor et du comité patronal de négociation, au centre-ville.

« Les enseignants sont en colère », a indiqué la présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Renaud, cinq semaines après le départ précipité de la FAE de la table de négociation sectorielle. Les démarches de rapprochement entre les deux parties ont jusqu’à maintenant été des échecs. La grève se poursuit vendredi dans les écoles de la région de Montréal et en Outaouais, notamment.

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