Les immigrants choisis selon les priorités des entreprises

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Fini le régime du premier arrivé, premier servi en immigration. La sélection des immigrants dits économiques — ces professionnels et travailleurs qualifiés que convoitent les entreprises québécoises — se fera à partir d’une banque de candidats et en fonction des besoins prioritaires du marché du travail.

La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil, a déposé mercredi le projet de loi 77 sur l’immigration au Québec, qui renouvelle de fond en comble la précédente loi, adoptée en 1968 et modifiée à quelques reprises depuis.

Le projet de loi 77 « contient les leviers nécessaires à la mise en oeuvre d’un système d’immigration d’avant-garde, compétitif et performant », a déclaré Kathleen Weil dans un point de presse.

Accélération

La principale innovation du projet de loi, c’est la déclaration d’intérêt que soumettra le candidat à l’immigration. « Notre nouveau système de sélection permettrait de cibler, parmi les personnes qui déposent une déclaration d’intérêt, celles dont le profil répond le mieux aux besoins du marché du travail partout sur le territoire du Québec », a expliqué la ministre. Ce système, qui ne s’appuie plus sur l’ordre chronologique du traitement des candidatures, est déjà implanté en Nouvelle-Zélande, en Australie, et dernièrement au Canada. Le projet de loi 71 sur l’immigration, présenté par le gouvernement Marois mais jamais adopté, implantait ce nouveau mode de sélection.

La ministre croit que l’arrivée au Québec des travailleurs choisis dans la banque pourrait survenir de un à deux ans après leur sélection au lieu du délai actuel de deux à six ans.

En outre, le projet de loi 77 facilite l’obtention du statut de résident permanent par les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers. « Ces personnes représentent une immigration de choix pour le Québec. Elles occupent déjà un emploi ou ont obtenu un diplôme », a souligné la ministre. En 2014, près du tiers des travailleurs qualifiés sélectionnés provenaient de cette filière, une proportion qui est appelée à augmenter.

Les nouvelles contraintes imposées par le gouvernement conservateur aux travailleurs temporaires sont toujours en place. Le gouvernement Couillard réclame leur élimination, mais Kathleen Weil, prise comme son homologue fédéral John McCallum dans le tourbillon de la crise des réfugiés syriens, n’a pu encore en discuter avec lui.

Projets-pilotes

Le projet de loi prévoit la création de projets-pilotes d’immigration temporaire pour combler les besoins ponctuels de main-d’oeuvre d’une région ou d’un secteur d’activités. Jusqu’à 400 travailleurs par an seraient recrutés. De pareils projets-pilotes toucheraient aussi l’immigration permanente, avec une limite de 550 travailleurs par an.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a approuvé, mercredi, le nouveau système de déclaration d’intérêt. Kathleen Weil doit présenter dans les prochaines semaines une nouvelle politique d’immigration et lancera au printemps la consultation sur les nouveaux seuils d’immigration, dont le premier ministre Philippe Couillard a dit qu’ils seraient revus à la hausse.

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