Québec solidaire, seul «pourfendeur crédible» de l’austérité, selon David

Les régions sont également très touchées par les effets de l’austérité, note la porte-parole de Québec Solidaire Françoise David.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les régions sont également très touchées par les effets de l’austérité, note la porte-parole de Québec Solidaire Françoise David.

Montréal — Québec solidaire a clôturé son conseil national, dimanche à Québec, en affirmant qu’il est le seul « pourfendeur crédible » de l’austérité libérale et qu’il souhaite raffermir sa présence en région.

Dans son discours de clôture, la porte-parole du parti, Françoise David, a répété que les Québécois sont inquiets et en colère depuis que le gouvernement libéral a procédé à des « coupes sévères » en santé, en éducation et dans les services sociaux.

Une inquiétude que Mme David perçoit également au niveau environnemental, alors qu’un nouvel oléoduc pourrait bientôt sillonner le Québec. Un projet qui a été élaboré pour répondre à « l’appétit vorace des profits des multinationales, et tellement pas pour la population du Québec », s’est-elle insurgée.

Mais bien que le Parti québécois dénonce également ce climat d’austérité, Mme David estime que Québec solidaire est la seule formation politique qui propose des pistes de solution concrètes pour dégager des fonds pour l’État québécois.

« On est les seuls à dire que le déficit zéro ce n’est pas un dogme, on est les seuls à dire que oui on peut aller chercher de l’argent dans le fonds des générations qui accumule des milliards de dollars pendant qu’on coupe dans des domaines où il y a des gens très vulnérables », lance-t-elle.

Les régions sont également très touchées par les effets de l’austérité, note Mme David. Québec solidaire a d’ailleurs effectué une tournée économique de plusieurs régions du Québec cet automne. Le parti est notamment allé à la rencontre d’élus, de citoyens et de représentants de différents milieux en Abitibi-Témiscamingue, dans le Bas-Saint-Laurent et dans les Cantons-de-l’Est.

« Mes collègues solidaires et moi avons été agréablement surpris et surprises par l’accueil que nos idées ont reçu, même dans des milieux qui nous sont moins traditionnellement associés », a mentionné Mme David dans un communiqué publié dimanche spécifiant que la « vision du monde » de Québec solidaire est partagée à l’extérieur de Montréal, où le parti n’a fait élire aucun député.

Diversifier l’économie régionale

« Ce qui m’a beaucoup frappé en région, c’est la résilience, la combativité, la créativité des gens », a-t-elle explicité en entrevue à La Presse canadienne.

Au fil des rencontres, une demande a fait l’unanimité, rapporte la porte-parole. « Les gens nous ont beaucoup parlé de l’importance de diversifier l’économie régionale et d’avoir l’aide de l’État pour l’émergence de petites entreprises y compris dans le monde agricole. »

Québec solidaire espère maintenant que la population québécoise maintiendra la pression sur le gouvernement Couillard pour qu’il cesse ses coupes dans les services publics. Mme David croit que « la mobilisation extraordinaire des parents et du personnel d’enseignement » a forcé la main de Québec qui a consenti il y a quelques jours à réinvestir 80 millions en éducation.

« C’est un tout petit pas et il devrait en faire bien d’autres », a-t-elle soufflé.

5 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 29 novembre 2015 19 h 09

    Mauvaise attitude

    Ce n'est pas en adoptant ce genre d'attitude, que Mme David et son parti se feront des alliés au parlement. Je suis d'accord par contre en ce qui attrait au fond des générationsé. Bébélle mit sur point par Charest et sa clique qui ne sert pas à grand chose, à part justifier l'injustifiable avec l'austérité tout azimuth et l'excès de capitalisme avec lequel pratique son zèle de coupures le gouvernement actuel.

    • Christian Montmarquette - Abonné 29 novembre 2015 21 h 37

      «Ce n'est pas en adoptant ce genre d'attitude, que Mme David et son parti se feront des alliés au parlement»-Cyr Guillaume

      La gauche n'a pas à se faire complice des politiques d'austérité de la droite, qu'elle soit libérale, caquiste ou péquiste. Elle doit au contraire les combattre en informant, éveillant et mobilisant les citoyens.nes.

      Si le PQ est devenu de la même idéologie que le Parti libéral, et est même l'instigateur du dogme du «déficit zéro» et des politiques d'austérités qui en sont la conséquence directe, ça le regarde. Mais Québec Solidaire n'a rien à faire là-dedans.

      Au contraire, QS est la seule véritable opposition aux trois partis néolibéraux du PQ, du PLQ et de la CAQ qui ont tous endossé ou appliqué des mesures d'austérité sélectives soit : la disette et les vaches maigre pour le peuple et les services publics, et l'abondance pour les riches, les banques et les entreprise multinationales, les minières, les pharmaceutiques etc.

      Et il est consternant de voir des souverainistes qui devraient en principe appuyer et défendre les intérêts de la nation, se faire les petits chiens-chiens docile et les les meneuses de claques d'un PQ qui, comme le disant Michel David dans sont récent article du 28 novembre dernier titré «Du désert à la toundra», s'est autant attaqué, si non davantage que les libéraux à notre social-démocratie et au modèle Québécois.


      Christian Montmarquette


      Référence : « Du désert à la toundra» - Michel David, Le Devoir​ :

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/456498/du

    • Nicolas Bouchard - Abonné 29 novembre 2015 21 h 57

      En effet, car à ma connaissance, l'argent mis dans le fond des générations est calculé dans le déficit.

      Donc je me donne 10$ et misère mon cher Guillaume, je ne peux plus vous redonner le 10$ que je vous dois car je suis dans le trou de 10$!

      Vive les comptables et leurs fourberies...

      Nic B.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 30 novembre 2015 00 h 02

      Monsieur Cyr, vous trouvez que c'est faux ce que déclare Françoise David?
      « On est les seuls à dire que le déficit zéro ce n’est pas un dogme..."

      La véritable différence entre QS et les 3 autres partis représentés à l'Assemblée Nationale, tient en ces quelques mots.
      La journée où la direction du Part Québecois renoncera au néolibéralisme comme doctrine socio-économique, ses choix sociaux et ses orientations vont devenir acceptables pour la majorité de la population!

      La question est de savoir s'il est trop tard, ou si les bases militantes de ce parti pourront redresser le parti auquel ils et elles croient! Si ce virage ne s'opère pas, le PQ demeurera le frère jumeau de la CAQ, partageant la même idéologie néo-libérale de couper dans les dépenses, de soutenir les élites par de généreuses subventions et d'encourager les politiques de sous-traitance et la privatisation...

      Vous blamez l'attitude de Madame David. Pourtant, Madame David, Amir Kadir et Manon Massé disent tout haut à l'Assemblée Nationale ce que la population, ceux et celles du bas de l'échelle, crient dans la rue et écrivent sur leurs pancartes. Quant on dit partout NON À L'AUSTÉRITÉ, les député.es de l'Assemblée Nationale et les partis de l'opposition devraient décoder et comprendre le message: REDONNER AU PEUPLE ce qui lui revient, CESSER DE DONNER AUX PLUS RICHES LE PAIN QUE VOUS QUITTEZ AUX DÉMUNIS, OFFRIR À NOS ENFANTS CE QU'Il Y A DE MIEUX POUR APPRENDRE, UNE ÉCONOMIE DURABLE dans un environnement vert et protégé.

  • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 29 novembre 2015 23 h 04

    Unissons nos forces.

    ''Mais bien que le Parti québécois dénonce également ce climat d’austérité, Mme David estime que Québec solidaire est la seule formation politique qui propose des pistes de solution concrètes pour dégager des fonds pour l’État québécois.''

    Dommage, très dommage que les gens de Québec Solidaire semblent avoir en aversion le Parti Québécois autant et sur un pied d'égalité avec les Libéraux et la CAQ.

    Je suis membre du Parti Qébécois et de Québec Solidaire. Il me semble que le P.Q., Q.S. et Option Nationale ont beaucoup de choses en commun, et qu'ils devraient se garder une petite réserve dans leurs commentaires négatifs et destructeurs les uns contre les autres.

    Ces trois partis politiques ne sont pas des commerces capitalistes en concurrence pour s'appropier la clientèle de l'autre , mais trois partis ayant une vision politique assez proche pour l'avenir du peuple québécois.

    P.Q., Q.S. et O.N. ont beaucoup trop de choses en commun, dont la vraie social-démocratie, l'indépendance du Québec, etc, pour se déchirer sur la place publique sans réserve au grand plaisir des Libéraux de M. Couillard.