Souveraineté: savoir profiter de la diversité

Divisé, le mouvement souverainiste ? Oui, et c’est tant mieux, ont martelé lundi des souverainistes de divers horizons politiques invités à discuter des alliances au sein du mouvement indépendantiste.

Devant la centaine de personnes réunies à l’Université du Québec à Montréal à l’appel du groupe Les intellectuels pour la souveraineté (Ipso), des représentants du Parti québécois, de Québec solidaire, d’Option nationale et du Bloc québécois ont tenté de faire valoir les avantages d’un mouvement souverainiste diversifié.

En clair, ils se sont montrés ouverts à l’idée d’intégrer une sorte de « processus descendant », qui aurait pour point de départ le but ultime de leurs partis : celui de faire du Québec un pays.

« La recherche de la convergence entre les partis politiques et avec les acteurs sociaux du mouvement souverainiste doit passer par l’identification des problématiques sur lesquelles il y a une coïncidence entre les élus », a résumé le porte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla. « C’est essentiel pour véritable processus de convergence. »

Quelques instants plus tôt, Véronique Hivon y allait du même genre d’observation. « L’union, ce n’est pas la fusion », a affirmé la députée péquiste. « L’union, c’est de mettre en commun nos forces et nos perspectives. […] De plus en plus, nous devons voir la diversité du mouvement souverainiste comme une force. »

L’exercice de concertation, s’il risque d’être ardu, demeure réalisable, a tenu à souligner le député bloquiste Luc Thériault, en rappelant que la démocratie, par sa nature, sait s’accommoder de la divergence.

Par définition, cependant, les partis politiques « fonctionnent au ralliement et à l’exclusion », a-t-il ajouté. La solution peut alors résider dans l’apport de la société civile : celle-là même qui peut aider les politiciens à « ventiler leur partisanerie », a-t-il dit.

« La société civile a un rôle fondamental à jouer pour la cohésion et la mobilisation », a aussi estimé Véronique Hivon.

S’inspirer de la Catalogne, et au plus vite

Décidément, les partis politiques souverainistes puisent leur inspiration chez les indépendantistes catalans, qui se sont dotés d’un plan clair d’accession à l’indépendance.

Comme leurs confrères l’avaient fait la veille pendant une activité organisée par OUI Québec, les panélistes invités par Ipso ont vanté la clarté de la feuille de route catalane, qui prévoit notamment la tenue d’un vote populaire sur une constitution fondatrice d’un nouveau pays dans les 18 mois suivant l’élection majoritaire de députés indépendantistes.

« J’ai été tenté de prendre la feuille de route catalane et de changer le mot “Catalogne” par le mot “Québec” pour montrer à quel point elle est applicable », a affirmé le professeur de droit de l’Université de Montréal, Daniel Turp, aussi invité au débat.

« La stratégie cachée, il faut oublier ça », a aussi lancé le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, dans une référence à peine voilée au Parti québécois. À propos d’une feuille de route québécoise à la sauce catalane, il a affirmé que celle-ci doit être faite « cette année ».

Au sujet du projet d’indépendance, Luc Thériault a estimé que « le seul moment où ça a fonctionné, c’est en 1995, quand on a eu un projet clair » ; annoncé et exposé avant et pendant l’élection de 1994. « Ça ressemble au projet d’assemblée constituante de Québec solidaire », a-t-il lancé à propos du projet que le parti souverainiste s’est engagé à mettre en branle au cours d’un premier mandat, s’il est élu.


 
1 commentaire
  • Claude Bariteau - Abonné 25 novembre 2015 09 h 27

    Enfin !

    Dans Jiang-Li, un roman d'un Québec à inventer, j'ai mis en action des jeunes et des moins jeunes à la recherche d'une voie pour que le Québec devienne pays.

    Tout part après une première parite qui plonge le lecteur dans l'histoire, la défaite à Odelltown et les deux référendums, faisant des porteurs d'avenir des perdants.

    Dans la deuxième, sous la direction d'ainés, des jeunes font le tour des choix qui se présentent au peuple québécois et des voies qui y conduisent alors que l'un d'eux, hacker, s'immisce dans les banques de données du Canada et découvre que le blocage de l'affirmation actuelle, qui s'apparente à celui de 1824-1840, débute en 1960.

    Au troisième, ces jeunes s'impliquent politiquement. Jiang-Li, une petite chinoise de l'adoption et québécoise pure laine, qui pilata les études de la deuxième partie, est sollicitée pour rapprocher les partis indépendantistes (PQ, QS et ON) sous la supervision de l'ex-chef du BQ. Il en découle une stratégie d'ensemble. Pour l'essentiel, elle comprend une démarche pour prendre le pouvoir et réaliser des projets que ces partis mettent en commun.

    S'y retrouvent en quelque sorte l'idée d'un institut, la prise de position du président du PQ à l'effet que son parti n'est pas le porteur unique de l'indépendance, l'importance de mobiliser sur une base citoyenne plutôt qu'identitaire, les relations avec les Premières nations et la façon d'affirmer que le peuple québécois entend contrôler son territoire.

    En cela, il y a ce qui se cogite actuellement avec des personnages qui, d'origines diverses, veulent leur quotidien avec intensité et aspirent avec tout autant d'intensité que le peuple québécois contrôle les décisions qui le concernent et se dotent d'un pays.

    Alors, ce que signale ce texte rejoint mon imaginaire dans ce roman, mais aussi mes plus profondes aspirations.

    Il m'a semblé approprié de le dire puis que j'y ai investi plus de six de recherches, d'analyses et d'écriture.