La ministre Vallée s’inquiète de l’intolérance constatée au Québec

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée s’est inquiétée, dimanche, de l’intolérance manifestée récemment envers l’arrivée prévue de migrants syriens au Québec.

Mme Vallée a répété le message du gouvernement qui, ces derniers jours, insiste sur le fait que les migrants fuient la même terreur qui a frappé vendredi lors des attentats de Paris. Selon la ministre, des mesures de sécurité seront mises en place pour effectuer les vérifications nécessaires au moment de l’accueil des réfugiés.
 
Reconnaissant que des craintes sont exprimées, Mme Vallée a affirmé que le travail du gouvernement est important pour rassurer les inquiétudes de ces personnes.
 
Une pétition circule actuellement sur Internet pour s’opposer au projet du gouvernement fédéral d’accueillir 25 000 réfugiés fuyant la Syrie. Questionnée à ce sujet, Mme Vallée a fait référence à l’intolérance exprimée par une bannière installée à Québec cette semaine sur un viaduc autoroutier pour s’opposer au projet d’Ottawa, qui confierait au Québec l’accueil de 5700 réfugiés.
 
« On a pu la constater au cours des dernières semaines, notamment cette bannière qu’on a pu voir à Québec, a-t-elle dit aux journalistes. On le constate aussi dans certains échanges, on le constate dans certains propos sur les médias sociaux, cette intolérance-là à l’égard de l’autre. »
 
Mme Vallée a insisté sur l’importance de créer un contexte favorable à l’arrivée des réfugiés. « Ce qui m’inquiète et qui nous a toujours inquiétés, c’est l’intolérance à l’égard de l’autre, comme je le mentionnais à vos collègues, on a des gens qui quittent des endroits où la terreur fait partie du quotidien, ils quittent la violence et l’horreur. Ces gens-là on doit les accueillir de façon sereine. »
 

 

Terres d'accueil
 

Selon Mme Vallée, « il ne faut pas que les actes commis vendredi dernier augmente ce sentiment de crainte envers l’autre ». « Le Québec, le Canada, ont toujours été des terres d’accueil. On a toujours accueilli l’autre à bras ouverts et ça doit continuer », a-t-elle dit.
 
De son côté, le ministre de l’Éducation François Blais a également reconnu dimanche l’importance de rassurer les personnes qui craignent pour leur sécurité en raison de l’arrivée de réfugiés.
 
« Je leur explique que ce ne sont pas des terroristes qu’on accueille, c’est vraiment des gens qui sont des réfugiés au sens le plus fort du terme. Il y a des enquêtes de sécurité qui sont faites avant qu’ils arrivent ici par le gouvernement canadien. J’ai assez confiance au processus. »
 
Selon M. Blais, les craintes exprimées reflètent une opinion minoritaire au Québec. « C’est des gens qui sont absolument désespérés, qui sont expulsés par la guerre, par des conflits, c’est un geste d’humanité de leur ouvrir nos portes, a-t-il dit. Je pense que la grande majorité des Québécois comprennent ça. »

16 commentaires
  • Sylvain Rivest - Abonné 15 novembre 2015 12 h 26

    l'intolérance, oui, très inquiétant

    ...surtout de la part de notre gouvernement face à la population du Québec.
    Car pousser une population vers la pauvreté et l'insécurité ça vous dit quoi?

    Bref, le jour on aura des faits prouvant que ce gouvernement travaille pour nous peut-être qu'on lui fera confiance. Mais pour le moment on voit très bien que tout ce qu'il fait est dans son propre intérêt.

    Car comment ce fait-il qu'il n'a pas d'argent pour les plus démunis d'ici et qu'il en aurait pour d'autre tout aussi démunis? Les gens qu'ils veut accueillir seront temporairement aidé et par la suite ils se retrouveront sans aucun support et encadrement. Et ils se diront dans un an, pourquoi avons nous immigrer ici pour cultiver notre pauvreté?

    On le connait bien ce couillard!

  • Eric Lessard - Abonné 15 novembre 2015 12 h 55

    Inquétudes

    Je crois qu'il y a de l'inquiétude quant à la capacité du gouvernement d'offrir le support nécessaire alors qu'il y a des coupes pour notre propre population, notamment dans l'aide-sociale.

    La vie peut être très rude au Québec quand il fait -20 degrés avec un facteur vent et les tempêtes de neige. Le coût de la vie est beaucoup plus cher ici que dans les pays arabes. Ces personnes devont se loger, se nourrir, s'adapter à notre culture et notre climat. Va-t-il y avoir des emplois pour eux alors que bien des emplois sont déjà précaires et mal payés?

    De nombreux Amérindiens vivent dans des conditions effroyables, de nombreuses presonnes vivent sous le seuil de la pauvreté, il y a des sans-abris.

    Je n'ai rien contre accueillir des gens qui sont dans la détresse, mais encore faut-il avoir les moyens de ses ambitions, et malheureusement, il y a souvent plus d'argent pour faire la guerre que pour aider les gens dans le besoin.

    • Sylvain Rivest - Abonné 15 novembre 2015 13 h 19

      sans compter l'argent pour les Bombardier de ce monde. Injecter 1 millard dans une entreprise et du même coup laisser les gens dans la rue, nos vieux sans service et sans retraite, nos jeunes sans éducation et sans soutien pour leur avenir.

      Couiilard veut juste des votes et diluer les québécois dans une masse d'immigrant non intégré qui appuyront la fédération canadienne.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 15 novembre 2015 13 h 01

    Accueillir

    Ça veut dire recevoir, accompagner, encadrer, guider à leur arrivée...
    Dans une société différente de celle d'où ils viennent.

    Ici, au Québec, c'est sensé se passer en français et à partir de certaines valeurs distinctes de celles d'où ils viennent.

    Accueillir, ça veut aussi dire intégrer. Pour ce faire, ça prend des structures fonctionnelles, des personnes compétentes et de l'argent sonnant.

    Présentement, je constate qu'au niveau de la langue par exemple, beaucoup d'immigrants «réguliers» sont trop souvent laissés à eux-mêmes. Au bout de trois ou quatre ans, plusieurs ne parlent toujours pas le français, mais communiquent en anglais avec les institutions gouvernementales et travaillent le plus souvent en anglais.

    Ce phénomène est très répandu et on y fait trop souvent la sourde oreille.

    La semaine passée, plusieurs organismes exprimaient leur préoccupations quant à la hâte de mettre en oeuvre cette arrivée de réfugiés parce qu'ils ne se sentaient pas prêts.

    À l'autre extrème, une personne, au nom de la rareté de la main d'oeuvre, a dit qu'on pourrait facilement accueillir 100,000 réfugiés par année pendant dix ans...!?!?!?

    Franchement... Je trouve qu'il faudrait d'abord réfléchir, planifier plutôt qu'improviser, pour ne pas se ramasser dans une situation où règnerait l'arbitraire et le chaos. Tant qu'à faire les choses, prenons le temps qu'il faut pour les faire correctement.

    C'est bien beau avoir un grand coeur chaleureux, mais ça ne devrait pas nous empêcher de garder la tête froide.

    C'est peut-être l'absence de tout ça qui préoccupe et dérange. C'est trop facile de sauter aux conclusions et de lancer à gauche et à droite des accusations de xénophobie. Les gens se sentent bousculés et je crois que les autorités devraient en tenir compte et prendre les mesures appropriées pour les rassurer au lieu d'accuser et de faire la morale.

  • Robert Beauchamp - Abonné 15 novembre 2015 13 h 18

    Traitement équitable

    Dans l'esprit des commentaires précédents, je préconise:
    1- une priorité d'accueil mais sans exclusion, aux Syriens persécutés des différentes dénominations religieuses chrétiennes,
    2- la mise sur pied en parallèle à cet accueil d'une démarche favorisant un traitement équitable envers les autochtones de toute urgence
    3- idem avec les autres citoyens démunis de notre société.
    4- le tout évidement sans visée clientéliste on se comprend bien. Nos doutes sont persistants
    Une personne démunie c'est une personne démunie. Point à la ligne.

  • Francine Ouellette - Abonnée 15 novembre 2015 13 h 48

    la santé sociale c'est...

    Se pourrait-il que ce que la ministre appelle «intolérance» soit un sain réflexe de défense contre le danger, la menace que représente la présence d’une couche sociale qui refuse toute mixité avec la société principale? De quelle sorte de multiculturalisme veut-on parler quand le «multi…» n’est imposé qu’aux Québécois déjà là alors que les arrivés récents avec des coutumes religieuses strictes sont tout sauf portés vers le «multi…»

    Multi… quoi vous dites? Tolérance? Mariages mixtes interdits, fréquentation nulle des lieux et événements culturels non musulmans, fréquentation nulle des manifestations sportives, absence totale de formation ou de pratique artistique de quelque sorte : musique, arts plastiques où? Moi je trouverais normal et hautement souhaitable et ne désire rien tant que de voir ces arrivés récents participer à notre société, notre culture, être là, vraiment là. Ils ont choisir de venir ici. En vertu de quelle contorsion masochiste on se qualifie d’intolérant et de «… phobe» à vouloir partager un repas ou une activité sportive ou culturelle avec un voisin et constaté que cela est impossible?

    • Lise Bélanger - Abonnée 16 novembre 2015 11 h 49

      Vous avez raison, c'est tellement clair et réaliste votre propos, comment peut-on faire pour ne pas s'en rendre compte. Aveuglement volontaire par faiblesse. Faux humanisme!

      Les xénophobes sont ceux qui refusent la culture du pays où ils immigrent, et par tous moyens se singularisent de nos valeurs. Cela est tellement évident peut-être trop gros pour être vu. Je viens chez vous mais je méprisent votre culture. De plus, en utilisant vos principes démocratiques, je vais imposer mes valeurs mêmes si elles imposent une régression dan l'évolution des démocraties occidentales. Surtout ne pas s'identifier aux occidentaux.Et nous on dit merci et on les nourrit à la petite cuillère.

      Il y a un problème, car cette culture musulmane ne sera jamais occidentale, À moyen terme cela va amener des guerres civiles dans nos villes et celles de l'Europe, là où la masse musulmane sera suffisante en nombre. Ça aussi c'est évident. Et cela sans même parler des djihaistes.

      Le pire est que nos gouvernements ne nous aide pas, ne nous défendent et ce pas appuyés par ces soi-disants compatissants qui ne voient rien de pus loin que leur bout de nez et se donne des airs de charitables. Mais en oubliant la première charité: celle que l'on doit à ses proches, aux siens.