Coiteux refilera la facture aux syndicats

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a mis en garde les employés de l’État contre de nouveaux coups d’éclat dans des immeubles publics.

Le responsable des négociations du secteur public ne digérait pas mardi que les murs du complexe H, où le Conseil du trésor a établi ses quartiers, aient été tapissés d’autocollants « En négociation » la veille par des membres du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Il a promis de leur expédier la facture de nettoyage. « Il y a moyen de respecter la propriété publique quand on manifeste », a-t-il fait valoir avant la période des questions et des réponses orales. « Ce n’est pas le cas quand on empêche les gens d’entrer au Conseil du trésor [et] on met des étiquettes partout. »

L’État québécois transmettra « systématiquement » les factures aux responsables des « dommages » et des « dégâts », et ce, « peu importe le coût » de ceux-ci. « Ce n’est pas aux contribuables à assumer des débordements comme ça, c’est aux responsables et c’est comme ça que ça va se passer », a-t-il répété lors d’une mêlée de presse.

Au SFPQ, on n’est « pas surpris » de la sortie médiatique du président du Conseil du trésor. « Il y en a eu vraiment beaucoup [d’autocollants d’apposés sur les murs du bunker] ! » reconnaît-on, sourire en coin. « On n’a pas reçu de facture encore. » La question surgira peut-être aux tables de négociations, suggère-t-on au Devoir.

M. Coiteux dit avoir déjà demandé à des syndicats de rembourser l’État depuis le coup d’envoi des négociations dans le secteur public, en décembre 2014. « On le fait systématiquement. On va continuer de le faire », a-t-il souligné mardi sans plus de détails. Le Conseil du trésor a répertorié un cas de « vandalisme par des manifestants ». Ceux-ci ont barbouillé de peinture les fenêtres de l’édifice H. Lafacture des travaux de nettoyage s’est élevée à 578 $. Elle a été transmise à la CSN, a indiqué Joseph Simoneau, du Conseil du trésor.

« Théâtre » au Parlementaire

M. Coiteux s’est adressé à la presse quelques minutes après une « petite pièce de théâtre » organisée par le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) au restaurant Le Parlementaire, sis à quelques pas de la salle de l’Assemblée nationale (Salon bleu), mardi midi.

Une dizaine de membres du SPGQ s’étaient mis à table comme si de rien n’était. Après avoir avalé leur soupe, ils ont tourné en dérision la façon dont les négociations sont menées à l’heure actuelle. Les constables spéciaux ont coupé court à leur petit numéro et les ont expulsés de l’Hôtel du Parlement. Le vice-président du SPGQ, David Bernans, dit avoir voulu attirer l’attention de la population sur les offres salariales « insultantes » du gouvernement libéral, c’est-à-dire une hausse de 3 % sur cinq ans.

M. Coiteux a prié une nouvelle fois les membres du Front commun de « manifester sans perturber les activités des gens ».

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