Le PLQ et le PQ conservent leurs sièges

La candidate libérale Dominique Anglade est déclarée élue dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne, lundi soir à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La candidate libérale Dominique Anglade est déclarée élue dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne, lundi soir à Montréal.

Le paysage politique reste inchangé : le Parti libéral du Québec et le Parti québécois ont conservé leurs circonscriptions respectives lundi soir, soit Saint-Henri–Sainte-Anne, Fabre et Beauce-Sud pour le PLQ et René-Lévesque pour le PQ.

Le vent d’opposition aux coupes du gouvernement de Philippe Couillard soufflait fort sur la circonscription de Saint–Henri-Sainte-Anne. Le PLQ s’y est toutefois accroché, profitant de la division des voix entre le Parti québécois et Québec solidaire.

La candidate libérale, Dominique Anglade, a recueilli 38,64 % des voix dans la circonscription montréalaise. Les candidates péquiste Gabrielle Lemieux et solidaire Marie-Eve Rancourt se sont disputé le deuxième rang à différents moments durant la soirée. Mme Lemieux et Mme Rancourt ont été créditées de l’appui de respectivement 29,89 % et 20,73 % de l’électorat.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a attendu que le brouillard électoral se dissipe avant de s’adresser aux dizaines de militants libéraux réunis au Théâtre Paradoxe. Le PLQ célèbre « trois belles victoires et un beau combat », a-t-il déclaré après 22h. Les Québécois ont choisi le « parti du redressement et de la relance du Québec », a déclaré le chef libéral.

Avant son arrivée, une demi-douzaine de ministres tuait le temps en échangeant des poignées de main avec ceux ayant réussi à franchir les importants dispositifs de sécurité. La salle a éclaté en applaudissements à 21 h 40 seulement, alors que les chances du PQ de ravir le fief de l’ex-députée Marguerite Blais s’évanouissaient.

Les candidates péquiste et solidaire — respectivement drapées du slogan « Autrement, c’est possible » et « Agissons contre l’austérité » — ont cherché à faire du scrutin de lundi une élection référendaire sur le gouvernement de Philippe Couillard plus d’un an et demi après son arrivée au pouvoir. Le hic : ni l’une ni l’autre n’ont rallié suffisamment de mécontents de l’« austérité libérale » pour arracher Saint-Henri–Sainte-Anne au PLQ.

Les péquistes n’ont pas tardé à reprocher aux solidaires d’avoir « divisé le vote », permettant aux libéraux de garder Saint-Henri–Sainte-Anne. Les solidaires « n’ont aucunement à rougir » pour avoir obtenu l’appui d’un électeur sur cinq, a fait valoir le président de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, en entrevue téléphonique avec Le Devoir.

De son côté, Mme Anglade, ex-présidente de la CAQ, n’a pas été en mesure de répéter l’exploit de la députée sortante, Marguerite Blais. À l’élection générale d’avril 2014, Mme Blais avait recueilli 52,5 % des voix — ou 11 540 votes de majorité contre 1206 pour Dominique Anglade.

La CAQ a été reléguée au quatrième rang dans Saint-Henri–Sainte-Anne (5,2 %). Le parti de François Legault s’enorgueillissait d’avoir réussi à détourner les messages de leur ancienne alliée Dominique Anglade au moyen de phylactères placés au-dessus de ses affiches électorales. « Si j’suis pas ministre, j’démissionne », pouvaient lire les citoyens du Sud-Ouest de Montréal sur des bulles caquistes.

M. Couillard a décrit la successeure de Marguerite Blais comme « une femme qui va parler, mais surtout agir pour Saint-Henri–Saint-Anne », nourrissant, sans doute involontairement, les rumeurs voulant qu’elle soit rapidement nommée au sein du Conseil des ministres. « Sachez que c’est un privilège pour moi que de siéger à l’Assemblée nationale à titre de députée de Saint-Henri–Saint-Anne. Je sais que ce privilège vient avec des responsabilités. Je serai à l’écoute », a déclaré Mme Anglade sur la scène du Théâtre Paradoxe.

Entourée de ses trois enfants, elle a appelé à « rassembler les forces » de la circonscription en plein bouleversement sociodémographique pour allier « développement économique » et « développement communautaire ». « Le développement économique ne va pas sans le développement communautaire », a-t-elle plaidé.

« J’ai voté pour un parti qui ne propose pas des coupes dans l’éducation », a lancé une résidante du quartier Saint-Henri à la sortie d’un bureau de vote, tout en se faisant tirer le bras par l’un de ses trois enfants.

Jean-Bernard a dit avoir voté pour la « seule » candidate « souverainiste » et « non parachutée » : la péquiste Gabrielle Lemieux. Sa copine, Amélie, kinésiologue, a indiqué au Devoir que l’« un des facteurs » l’ayant poussée à voter contre le PLQ était la tournure des négociations dans le secteur public.

Pour sa part, Stéfanie a dit toujours voter pour « le moins pire des candidats ». Elle n’a pas fait exception lundi soir. « Je souhaite une société entièrement différente », a affirmé celle qui arbore un « carré rouge » sur son manteau trois ans après le printemps érable. Elle dit avoir porté les préoccupations des « personnes dans la marge de la société » lorsqu’elle a enregistré son vote.

Ailleurs au Québec, le PQ a conservé la circonscription de René-Lévesque, sur la Côte-Nord, laissée vacante en raison du départ de la vie politique de Marjolain Dufour. Le candidat péquiste Martin Ouellet a été élu avec 1300 voix de majorité sur son adversaire libérale, Karine Otis. Mme Otis a « mené tout un combat », a souligné M. Couillard lundi soir. « Elle a presque doublé le pourcentage de votes du Parti libéral dans René-Lévesque [de 21,77 % en 2014 à 38,99 % lundi]. »

Les électeurs de René-Lévesque ont contribué à la « disparition quasi complète de la CAQ » dans la Côte-Nord au profit du PLQ, a fait valoir le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau. « C’est une très belle victoire. La performance du Parti québécois ce [lundi] soir est également remarquable. Tous nos candidats et candidates ont bien performé. […] Ce n’étaient pas des circonscriptions représentées par le Parti québécois, mais notre performance est excellente. Nous ne pouvons que nous en réjouir », a-t-il lancé lors d’un impromptu de presse.

À Laval, Monique Sauvé, l’ex-présidente du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, a remporté la bataille électorale dans Fabre (43,97 % des voix). Sa victoire a cependant été moins éclatante que celle de Gilles Ouimet en 2014 (55,14 % des voix).

Dans Beauce-Sud, le libéral Paul Busque succédera à Robert Dutil. Il a remporté une victoire décisive lundi soir, recueillant 55,9 % des voix. Le candidat caquiste, Tom Redmond, conseiller municipal de Saint-Georges-de-Beauce, a terminé deuxième avec moins de 30 % des voix.

Le chef libéral, Philippe Couillard, pourra donc se présenter bras dessus bras dessous avec trois nouveaux élus — Dominique Anglade (Saint-Henri–Sainte-Anne), Monique Sauvé (Fabre) et Paul Busque (Beauce-Sud) — au Conseil général du PLQ ce week-end à Québec. Le premier ministre avait justifié le déclenchement d’élections partielles dans quatre circonscriptions, en pleine campagne électorale fédérale, notamment par son désir de connaître l’identité de ses nouveaux collègues avant la tenue de cet événement partisan.

Les résultats en bref

Beauce-Sud

Paul Busque PLQ: 55,9 %
Tom Redmond CAQ: 29,85 %
Renaud Fortier PQ: 6,87 %
Milan Jovanovic ÉAP: 2,96 %
Diane Vincent QS: 2,19 %
Vanessa Roy ON: 1,39 %
Robert Genesse Ind.: 0,84 %

Fabre

Monique Sauvé PLQ: 43,97 %
Jibril Akaaboune Le-François PQ: 28,63 %
Carla El-Ghandour CAQ: 14,62 %    
Charles Lemieux QS: 6,45 %
Kim Raymond PVQ: 3,67 %    
Jeremy Dohan ÉAP: 1,4 %
Valérie Doucet ON: 1,27 %

René-Lévesque

Martin Ouellet PQ: 48,97 %
Karine Otis PLQ: 38,99 %    
Dave Savard CAQ: 5,56 %
Claire Du Sablon QS: 4,88 %
Eric Sirois ÉAP: 0,88 %
Yan Rivard ON: 0,72 %

Saint-Henri–Sainte-Anne

Dominique Anglade PLQ: 38,64 % 
Gabrielle Lemieux PQ: 29,89 %
Marie-Eve Rancourt QS: 20,73 %
Louis-Philippe Boulanger CAQ: 5,2 %
Jiab Zuo PVQ: 3,68 %
Luc Lefebvre ON: 1,06 %
Christian Hébert ÉAP: 0,8 %


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