Un colloque souverainiste pour changer des épluchettes

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau
Photo: Annick MH De Carufel Le Devoir Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau

Redonner leur place aux citoyens dans les débats sur la souveraineté, c’était l’objectif du premier colloque sur l’indépendance. Organisé par des militants du Parti québécois, l’événement a attiré environ 350 personnes au cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, dimanche.

« L’idée nous est venue il y a environ un an, explique Guillaume Lafortune, président du comité exécutif du PQ de Marie-Victorin. Les militants ont l’habitude d’organiser des soirées de financement, des épluchettes de blé d’Inde… Mais là, nous voulions mettre sur pied une activité de contenu. »

Événement rassembleur

L’objectif était de permettre aux souverainistes — de tous horizons confondus — de débattre intelligemment et, surtout, « d’essayer d’ouvrir les portes et les fenêtres du Parti [québécois] ».

En ce sens, des indépendantistes de tous les horizons étaient présents, du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, à Sol Zanetti, d’Option nationale. Cinq conférenciers étaient également de la partie, dont l’ancien porte-parole étudiant Gabriel Nadeau-Dubois et le sociologue Stéphane Kelly. « Ce ne sont pas tous des souverainistes notoires, précise Guillaume Lafortune. Mais c’est exactement ce que nous voulions : donner la parole à ceux avec qui on ne parle pas souvent, ceux qui ne sont pas nécessairement d’accord avec nous. »

« Le projet indépendantiste a besoin de se renouveler », renchérit Bernard Drainville, député péquiste dans la circonscription de Marie-Victorin depuis 2007. Plus encore, il est primordial de « sortir l’indépendance des partis et recommencer à en faire un enjeu de citoyenneté ».

« Le PQ n’a pas le monopole de l’option indépendantiste, insiste l’homme politique. Plus que jamais, il faut s’ouvrir à d’autres perspectives, se parler, sortir de nos chapelles. »

Au calendrier

Si aucun autre comité exécutif n’a encore manifesté clairement son intention de mettre sur pied un événement similaire, l’idée de redonner la parole aux militants fait tranquillement son chemin dans les autres circonscriptions, assure Guillaume Lafortune. Déjà dimanche, des indépendantistes des quatre coins du Québec étaient présents pour assister au colloque, de Chicoutimi à Asbestos, en passant par Montréal.

De leur côté, les militants de Marie-Victorin comptent bien répéter l’expérience dès l’an prochain et faire du colloque un événement annuel.

9 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 9 novembre 2015 02 h 54

    Pour nous rassembler...

    Pour nous rassembler, tous et "en tenue de combat", nous avons besoin d'un projet clair, dynamique en terme économique, humaniste en fondement et respectueux de l'environnement.
    En d'autres mots, nous avons besoin d'un projet novateur et emballant.
    Rien de plus, pas de sparage de chefs inclus, mais rien de moins non-plus.

    Vive le Québec libre !

    • Yves Corbeil - Inscrit 9 novembre 2015 09 h 32

      Exact, un projet, un grand projet qui rassemblera tous les gens qui demeure dans le Québec d'aujourd'hui.

  • Christian Montmarquette - Abonné 9 novembre 2015 09 h 01

    Il faut ré-associer la question sociale à la question nationale


    Contrairement à ce que vient de dire Pierre Karl Péladeau sur son compte Facebook, pour faire l'indépendance, il faut faire plus que d'en parler. Il faut proposer un Québec plus intéressant pour les citoyens que ce que ne propose déjà le Canada et ré-associer la question sociale à la question nationale.

    Et ce n'est certainement pas avec une coquille-vide au plan social, sans projet de constitution et avec un Québec aussi néolibéral et pro-entreprises que le Canada qu'on va finir y arriver. Quand on pense que même Trudeau est rendu plus à gauche et plus social-démocratique que le PQ.. C'est tout dire!

    Car on ne quitte pas un pays pour le plaisir de quitter un pays, mais dans l'objectif bien légitime d'améliorer son sort. Or, le a toujours PQ catégoriquement refusé de parler de projet de société, et même, de constitution, et son éternel discours étriqué culturello-linguistique ne réussi à convaincre que des convaincus depuis plus de 45 ans.

    Je suis par contre d'accord avec Bernard Drainville qu'il faut sortir l’indépendance des partis politiques et en faire un projet citoyen. C'est bien dommage qu'on n'arrive à ce constat qu'après avoir errer 45 ans. J'avais d'ailleurs esquissé une proposition sur le sujet lors de la fondation du NMQ en 2011:

    « Proposition et procédure d’accession à l’indépendance par la voie citoyenne, autonome, non partisane »: http://vigile.net/Le-NMQ-Un-veritable-mouvement

    Après s'être désormais fait semoncer par leurs leaders à deux reprises et le virage nationaliste de la CAQ, espérons que les militants péquistes finiront par arrêter de dire que Québec Solidaire divise le vote. Parce que ça fait plus de 15 ans que la gauche affirme que le PQ ne détient pas le monopole de la question nationale. Et espérons aussi que les péquistes ne mettent pas autant de temps à mettre en pratique cette position qui est apparue dans la gauche comme flagrante depuis plus d'une décennie.

    Christian Montmarquette

    • Gilles Théberge - Abonné 9 novembre 2015 16 h 49

      «Car on ne quitte pas un pays pour le plaisir de quitter un pays, mais dans l'objectif bien légitime d'améliorer son sort»

      Quelle est la différence avec ce que dit PKP? Il n'y a aucune différence.

      On peinturera les murs de la maison, quand on aura une maison...

      Vous ne comprenez pas ça?

      Hé ben quelle surprise!

    • Christian Montmarquette - Abonné 11 novembre 2015 13 h 50

      On peinturera les murs de la maison, quand on aura une maison -Gilles Thévberge


      Alors apprenez que le Québec a fait la révolution tranquille même en tant que province.

      Y,en a qui commence à en avoir plus que marre de la politique du pire du Parti québécois.


      - CM

  • Dominique Roy - Abonnée 9 novembre 2015 09 h 40

    Construire le pays

    J'ai l'intime conviction que le combat pour la souveraineté n'est pas de trouver l'idée lumineuse qui se cache au fond de la mine c'est plutôt une question de territoire dont on a la responsabilité collectivement et duqel il faut tirer notre subsistance sans perdre de vue le long terme. Un Québec prospère a besoin de toutes ses énergies. Les lignes de parti sont à mettre temporairement en veilleuse. La planète et le pays d'abord, les partis ensuite. L.B.

  • Jean Lapointe - Abonné 9 novembre 2015 09 h 53

    C'est insultant

    «Un colloque souverainiste pour changer des épluchettes.»

    Je trouve ce titre insultant. Pourquoi ridiculiser les épluchettes et pourquoi laisser entendre que ce colloque serait un échec total?

    L'auteure aurait-elle un parti-pris contre le Parti québécois et la souveraineté par hasard?

    La photo de monsieur Péladeau aurait-elle été choisie volontairement dans le but de répandre de lui une image négative?

    Est-ce du bon journalisme?

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 novembre 2015 11 h 36

      «C'est insultant» - Jean Lapointe

      Je trouve, au contraire qu'il est temps que les péquistes se fassent dire leurs quatre vérités.

      Comme disait Gaston Miron :

      «Ceux qui ne font pas l'indépendance, la combattent.»

      Or le PQ ne fait que ça, des élections et des épluchettes..

      Jamais il ne s'est demander comment il pourrait remettre l'indépendance entre les mains des premiers concernés, c'est à
      dire «le peuple» pour qu'il se prenne en main et se donne son propre pays.

      Le PQ a au contraire kidnappé et tenue en otage l'indépendance, pour la mettre aux service de ses élections sans jamais la faire.

      - CM

  • Bernard Terreault - Abonné 9 novembre 2015 14 h 00

    Raté le meilleur

    La journaliste n'a peut-être assisté qu'aux deux dernières prestations, les plus médiatiques, celles de GND et PKP. Réussite remarquable d'ailleurs, que d'avoir convaincu ces deux personnes de se succéder sur la même tribune. Mais le clou de la journée a peut-être été la présentation matinale de l'ingénieur M. Nantel, à la fois rationnelle, articulée et vibrante d'émotion.