La CAQ change d'identité

Le nouveau logo de la Coalition avenir Québec
Photo: Le nouveau logo de la Coalition avenir Québec
À l’aube de son quatrième anniversaire de naissance, la Coalition avenir Québec se dote d’une nouvelle identité visuelle « résolument autonomiste, nationaliste, non-souverainiste ».

Après avoir mis au rancart son logo arc-en-ciel, le parti de François Legault a adopté un logotype « CAQ » tout bleu (cyan 90) écrit en « Brandon grotesque ». Il a donné des allures de phylactère à la lettre « Q », dans laquelle une fleur de lys blanche est dessinée.

« On prend une position dorénavant résolument autonomiste, nationaliste, non souverainiste », a fait valoir le président de la formation politique, Stéphane Le Bouyonnec, en marge du conseil général de la CAQ. Le bleu retenu par la CAQ est « moins dur » que celui adopté par le Parti québécois, a fait remarquer l’ancien député de La Prairie dans une salle de conférence de l’Hôtel Château royal de Laval. 

L’ancien logo était « joli », « plein de couleurs », mais « identifiait mal » les caquistes, selon lui. « Notre logo n’était pas pratique. Il faut aussi dire ça », a-t-il fait valoir. « [Maintenant] notre nom est dans le logo. Le logo est le nom. C’est beaucoup plus clair », a-t-il ajouté.

Document truffé de fautes

« [L]e logo reflète parfaitement l’image de l’ambition et de l’espoir que nous avons pour un Québec plus moderne qui inspire confiance auprès de tous les citoyens tout en demeurant ambitieux et ouverts sur le monde », peut-on lire dans le Livre de marque conçu par la firme Stand Mtl. 

Le document « confidentiel » est truffé de fautes. Interpellé à ce sujet par les journalistes, M. Le Bouyonnec s’est dit « pris par surprise » et a promis « de faire enquête ». Le Livre de marque a été déposé par erreur dans la pochette de presse électronique, a par la suite expliqué l’attaché de presse de M. Legault, Guillaume Simard-Leduc. « C’est plein de fautes. C’est déplorable. Ce n’est pas un document de la CAQ », a-t-il soutenu.

La firme Stand Mtl est d’avis que « la CAQ est respectée pour ses idées, mais a de la difficulté à inspirer ». « Pour une majorité de Québécoises et de Québécois, il est encore difficile d’imaginer la CAQ au pouvoir. Le parti doit donc passer d’une position de troisième joueur efficace à celle d’un parti hautement différencié et capable de gouverner dans les cœurs et les esprits des familles et travailleurs du Québec », explique-t-elle candidement.

Legault «optimiste»

La CAQ tend la main aux « nationalistes déçus » du Parti libéral du Québec et aux « pragmatiques » du Parti québécois, a réitéré M. Le Bouyonnec.

Le chef caquiste, François Legault, s’est dit « optimiste comme [il ne l’a] pas été depuis longtemps » quant à la capacité du Québec de rapatrier des pouvoirs d’Ottawa. « Il faut y aller par étapes », a-t-il plaidé. La « première étape » consisterait à conclure des « ententes bilatérales » prévoyant le transfert de pouvoirs en matière d’immigration et de langue au Québec, tandis que la « dernière étape » serait la reconnaissance « à l’unanimité » de la « nation [québécoise] » par le reste du Canada, a-t-il résumé. « Il ne faut pas exclure que ce soit tout [fait] à l’intérieur d’un premier mandat », a précisé M. Legault. « Les choses vont changer dans les prochains mois avec l’arrivée de Justin Trudeau. On va voir sûrement beaucoup Mélanie Joly [et] beaucoup de promotion du Canada. »

Propositions battues

Réunis en conseil général, les membres de la Coalition avenir Québec ont battu samedi la proposition controversée du comité d’action local de la circonscription Groulx de réduire le nombre d’élus à l’Assemblée nationale et celle de l’association Mauricie-et-Centre-du-Québec d’instaurer le vote obligatoire.

Les 400 participants ont en revanche appuyé l’idée de mettre en branle une procédure de révocation d’un député « ayant perdu la confiance de la population de sa circonscription ». Une majorité absolue des électeurs d’une circonscription pourrait ainsi montrer la porte à leur député par la voie d’une pétition.

Le parti politique de François Legault s’est aussi rallié à l’idée d’adopter un mode de scrutin proportionnel mixte pour corriger les distorsions entre les votes recueillis et le nombre de candidats élus par chaque parti politique observés lors d’élections générales. « Un certain nombre des 125 sièges pourraient être attribués à des représentants élus de circonscription — comme c’est le cas à l’heure actuelle — tandis qu’une autre partie des élus proviendrait de candidats choisis par le parti et inscrits sur des listes régionales. »

Les membres de la CAQ veulent également convaincre Ottawa de ne plus nommer de lieutenant-gouverneur du Québec. En cas de vacance du vice-trône, l’administrateur du Québec convoquerait, prorogerait et dissoudrait l’Assemblée nationale, sanctionnerait les lois et ratifierait les décrets.


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