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Legault exigera plus de pouvoirs d’Ottawa

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’imposera désormais comme un nationaliste revendicateur. Il dévoilera aux membres de son parti politique, réunis ce week-end en conseil général à Laval, une nouvelle stratégie visant à rapatrier une série de pouvoirs du gouvernement fédéral.

Selon Radio-Canada, M. Legault voudrait voir l’Assemblée nationale avoir la main haute sur le processus de désignation des trois juges québécois à la Cour suprême du Canada. Il proposerait que l’Assemblée nationale détermine les successeurs de Richard Wagner, Clément Gascon et Suzanne Côté au plus haut tribunal du pays par un vote aux trois quarts des députés. Selon la CAQ, le gouvernement fédéral serait politiquement contraint d’avaliser le candidat retenu à Québec.

M. Legault réclamerait également des prérogatives nécessitant des amendements à la Constitution du Canada.

Pourtant, il rejetait cette idée jusqu’à tout récemment, estimant que le Québec n’avait pas le poids nécessaire pour affronter le reste du Canada. Pour « protéger » le « caractère distinct » de la société québécoise, il préconisait le rapatriement de « tous les pouvoirs » en matière de sélection des immigrants à Québec ainsi que l’assujettissement des entreprises de régime fédéral à la Charte de la langue française.

Le Québec n’est pas « [à] la veille » de pouvoir participer à des négociations constitutionnelles, desquelles il pourrait sortir « la tête haute », avait-il déclaré lors du congrès de la CAQ en novembre 2014. « J’espère que M. Couillard écoute. Je ne crois pas que le Québec pourra adhérer à la Constitution canadienne la tête haute si on n’a pas d’abord réussi notre redressement économique », avait-il affirmé. M. Legault dissuadait le gouvernement du Québec d’entreprendre des négociations constitutionnelles tant qu’il touchera 9,3 milliards de dollars en péréquation et n’aura pas résorbé l’écart de richesse de 25 % entre le Québec et le reste du Canada. « Moi, je ne serai plus en politique quand on va être rendus là », avait-il lancé à la blague.

Or, près de deux Québécois francophones sur cinq (39 %) disent qu’il est « très souhaitable » que le Québec conclue une nouvelle entente avec le reste du Canada pour obtenir plus de pouvoirs (41 % jugent la chose assez souhaitable, et 14 %, pas très souhaitable),indique un sondage commandé par la CAQ à la firme CROP au cours du dernier mois. À peine 6 % de l’électorat francophone y est totalement réfractaire, selon le coup de sonde dont Le Devoir a obtenu copie.

Déception pour François Legault : à l’heure actuelle, davantage de répondants voient dans le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, un « meilleur » acteur politique que lui pour négocier une nouvelle entente avec le Canada (M. Péladeau récolte 30 %, M. Legault, 27 %). Le premier ministre, Philippe Couillard, est vu comme le « meilleur » négociateur québécois par seulement 17 % des personnes sondées par CROP.

Cela dit, pas moins de 69 % de la population québécoise parient déjà que toute tentative de négociations constitutionnelles du Québec avec le ROC sera vaine.

Logo implacablement bleu

Par ailleurs, M. Legault profitera du conseil général pour remiser le logo arc-en-ciel de la CAQ, au profit d’un symbole adoptant des nuances de bleu. Fini le vert, le rouge et l’orange : la formation politique veut exhiber ses « accents nationalistes », explique-t-on à micro fermé.

Constitution québécoise

Une majorité d’électeurs (56 %) trouvent très important ou assez important le projet de doter le Québec de sa propre Constitution.

L’indépendance, un projet dépassé

58 % des Québécois estiment que le projet de pays du Québec est dépassé contre 42 % pour qui il est toujours pertinent.

Société distincte

À peine 6 % des Québécois estiment qu’il n’est « pas important du tout » que le Québec soit reconnu comme société distincte dans la Constitution canadienne. (Très important pour 37 %, assez important pour 38 %, pas très important selon 18 % et pas important du tout pour 6 %.)
1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 novembre 2015 05 h 57

    Exigera

    «Exigera», «contraint». Mots très forts. Faudra qu'il m'explique le monsieur comment on fait pour exiger et contraindre un gouvernement «supérieur» et «majoritaire en plus» à rencontrer nos «exigences» sous «contrainte». Ça… ça serait faire de la politique «autrement», vraiment autrement. Surtout face à un nouveau premier ministre qui ne fait aucune différence entre tous les Canadiens; la formation de son caucus le démontre pourtant bien. Il «élève» tous les Canadiens, mais il les élève «égal», au même niveau. Essaye pas de «dépasser», on est tous au plafond. Un jour nous «comprendrons» que sa philosophie du «maximum pour tous» ne permet pas de s’élever au-dessus des autres et «d’exiger», avec ou sans contrainte. Devant un argument genre «Mais nous sommes différents», il répliquera : «Mais vous êtes tous différents, mais vous êtes tous égaux.» D’un régime qui dénigrait toutes les provinces, nous sommes entré dans un autre qui les élève toutes «également».

    Des représentants «provinciaux» qui frappent à sa porte, il en a des tonnes de copies et… ils seront traités «également». C’est-y pas merveilleux !

    PL