Couillard applaudit le cabinet Trudeau

Le premier ministre Philippe Couillard juge qu’avec l’élection du gouvernement de Justin Trudeau, c’est le Québec qui s’engage à nouveau dans la fédération canadienne.

« Le Québec revient en force », a déclaré Philippe Couillard dans un point de presse jeudi, indiquant qu’il citait un titre d’un journal du matin. Deux quotidiens de Québecor ont publié ce même titre en manchette jeudi. « Ce que je constate des premiers mots, des premiers gestes de M. Trudeau, c’est un désir de modifier positivement le climat des relations fédéral-provincial. Et moi, je vais certainement m’inscrire dans ce courant-là. »

Philippe Couillard a dit qu’il accueillait « très favorablement » la formation du conseil des ministres à Ottawa, mentionnant que son homologue fédéral avait fait preuve de « beaucoup d’innovation » en le composant. Il s’est dit particulièrement satisfait du fait que Justin Trudeau se soit réservé la responsabilité des affaires intergouvernementales, donc des relations avec les provinces, et qu’il n’ait pas désigné de lieutenant québécois, ce qui permettra d’établir « une liaison directe avec le chef du gouvernement », selon lui.

Que Justin Trudeau n’ait confié de portefeuille économique à aucun élu québécois est compensé par le fait que le premier ministre est québécois, croit Philippe Couillard.

Trois questions

Comme l’avait fait mercredi le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, le premier ministre a mentionné trois questions qui devaient être abordées rapidement avec Ottawa : le renflouement fédéral de Bombardier, le déversement d’eaux usées à Montréal et la question autochtone. Il a ajouté la préparation de la COP21 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, qui s’ouvre le 30 novembre à Paris.

Philippe Couillard compte avoir un tête-à-tête avec Justin Trudeau d’ici Noël. Quoi qu’il arrive, les deux hommes se rencontreront à la COP21, a indiqué Philippe Couillard.


 
5 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 6 novembre 2015 05 h 10

    En force

    « Le Québec revient en force ».
    Rien n'est moins sûr, M. Couillard. Des Québécois au pouvoir à Ottawa, on a déjà vu ça. Évidemment, avec votre propension à faire ami ami avec Toronto et votre voisine Wynne, il est facile de constater que cette perception vous envahisse, mais... ce n'est pas le cas de tous les Québécois. Nous avons peut-être un nouveau prince, mais nous ne sommes pas tous prêt aux génuflexions.
    Note : Les trois adresses à la Reine du jeune premier m’ont rappelés que nous ne sommes que des «sujets» et non pas des citoyens. Peut-être que notre «administration» en est imbibée, mais notre «mentalité» ne s’y plie que très mal. Vous l’apprendrez peut-être à vos dépends si vous jouez trop fort la carte de «l’assujetti» et si vous continuez à rabaisser les aspirations légitimes d’un peuple même lorsque la question ne vous est pas posée. Un jour… ça paraitra un peu trop et le verre débordera. Vous avez l’insulte bien tournée, mais légèrement trop appuyée. Les affronts que vous lancez à tout bout de champs ne visent pas qu’un seul homme, ils visent tout un pan de «votre» société. Et ceux qui «tolèrent» en viendront-ils un jour à réagir, crayon à la main. Vous êtes averti; rien n’est «joué».

    Le refus d’une situation intolérable ne nous fait pas accepter d’emblée une autre situation intolérable. «Assujettis» ? Je ne crois pas !

    PL

  • Jean Lapointe - Abonné 6 novembre 2015 07 h 44

    Il y a encore de l'espoir.

    «Le premier ministre Philippe Couillard juge qu’avec l’élection du gouvernement de Justin Trudeau, c’est le Québec qui s’engage à nouveau dans la fédération canadienne.» (Robert Dutrisac)

    On n'a pas fini de se faire dire que l'avenir du Québec est dans la fédération canadienne et que l'idée d'indépendance est une idée dépassée parce qu'elle daterait du 19e siècle et que par conséquent il en est fini de l' idée de faire du Québec un pays indépendant.

    Ils peuvent toujours continuer à nous taper sur la tête à nous souverainistes, cela ne pourra que favoriser notre cause parce que se faire taper sur la tête ça ne plaît à personne et que ça peut très bien se retourner contre eux.

    Se faire taper sur la tête et maintenir un climat d'austérité au Québec, j'ai bien confiance que les Québécois ne vont pas accepter cela bien longtemps.

    Nous ne nous sommes pas battus pour exister pendant plus de 50 ans pour rien.
    Ils ne peuvent quand même pas nous ramener en arrière alors que nous voulons aller de l'avant.

    Il y a encore de l'espoir. Il ne faut surtout pas abandonner nos convictions. La liberté vaincra.

  • Yves Corbeil - Inscrit 6 novembre 2015 11 h 17

    Puis un pas pire automne M.Couillard

    Il était toujours bien pas pour crier chou.

    Par contre il devrait prendre acte sur ce qui sera fait là-bas pour relancer le pays. Surement pas un démantèlement sytématique comme lui fait au Québec, ça c'était la méthode Harper et il EST parti, M.Couillard. J'espère que ça va marcher avec Trudeau au Canada. Mais VOUS, vous perdez rien pour attendre chez NOUS au Québec.

    Avez-vous beaucoup de Bombardier dans vos actions M.Couillard, juste comme ça pour savoir.

  • Pierre Fortin - Abonné 6 novembre 2015 12 h 35

    Les désirs de Phillipe Couillard ne font pas une politique constitutionnelle

    Monsieur Couillard qui s'est juré de combattre inlassablement les souverainistes ne devrait pas oublier qu'il n'est pas que chef du Parti libéral mais avant tout Premier ministre du Québec et qu'il doit aussi, ne lui en déplaise, représenter tous ces souverainistes qu'il exècre ouvertement. Surtout lorsqu'il est question de matières identitaires et constitutionnelles.

    S'il se réjouit du nouveau pouvoir à Ottawa, il ne doit pas oublier que le multiculturalisme canadien est encore massivement rejeté au Québec et qu'il ne peut s'assurer l'adhésion de la population à la Constitution canadienne autrement que par un coup de force qui la diviserait irrémédiablement.

    Son désir de signer la Constitution en 2017 ne constitue en rien une politique nationale qui engagerait la population du Québec. S'il croit que son pouvoir lui permet de poser un tel geste, il risque fort de semer la zizanie et de récolter une tempête autrement plus agitée que ses politiques d'austérité l'ont fait jusqu'ici. Le Premier ministre ne doit pas jouer l'avenir du Québec sur un entêtement sans mettre de l'avant une proposition inclusive digne d'être présentée aux Québécos.

    Monsieur Couillard ne s'est pas dissocié de la politique du pouvoir pour le pouvoir que pratique le Parti libéral depuis trop longtemps. Il ne semble pas considérer la prudence dont ont fait preuve ses prédécesseurs libéraux en matière constitutionnelle ni être conscient de ce que représente l'enjeu identitaire au Québec. Diviser pour régner n'est pas une politique acceptable pas plus que ne l'est son attitude hautaine de maître de céans.

  • Yves Côté - Abonné 8 novembre 2015 03 h 12

    Messieurs Trudeau et Couillard, même combat...

    Messieurs Trudeau et Couillard, même combat : faire avaler aux Québécois par la ruse, la constitution canadienne anti-québécoise de 1982.
    C'est là le coeur de leur solidarité d'action.
    La nôtre se trouve donc ailleurs.
    Bien ailleurs, soit dans l'élaboration d'un projet concret et novateur de république libre.

    Partis politiques indépendantistes inclus, on s'y met tous ou pas ?

    Vive le Québec libre !