Péladeau reste prudent, Fournier se réjouit

Jean-Marc Fournier voit d’un très bon œil l’esprit de collaboration que souhaite instaurer Justin Trudeau.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Jean-Marc Fournier voit d’un très bon œil l’esprit de collaboration que souhaite instaurer Justin Trudeau.

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, n’avait rien à redire mercredi sur la composition du cabinet Trudeau.

D’ailleurs, l’accession de six élus québécois au Conseil des ministres à Ottawa — sans compter le premier ministre Justin Trudeau — n’a « pas surpris » le chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec. « Il est juste de dire qu’il y a une bonne représentation de son propre [caucus québécois] après l’élection [au sein du cabinet] », a-t-il déclaré mercredi après-midi. Le Parti libéral du Canada a fait élire 40 des 78 députés du Québec.

M. Péladeau s’est refusé à commenter abondamment la composition du gouvernement fédéral libéral, jugeant que « ce n’est pas de [ses] affaires ». « Je n’ai pas à commenter la composition du gouvernement du premier ministre du Canada. Je pense et j’ose espérer que ce sont les missions qui sont importantes, et c’est ce sur quoi, évidemment, notre attention s’arrêtera dans les semaines, les mois et les années qui viennent », a-t-il fait valoir. D’ailleurs, M. Péladeau a appelé les membres du gouvernement fédéral à « prendre acte » des préoccupations environnementales de la population québécoise à l’égard du projet de pipeline Énergie Est de TransCanada.

Le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, croit que le nouveau gouvernement Trudeau pourrait instaurer un fédéralisme axé davantage sur la coopération avec les provinces.

Jean-Marc Fournier, qui a travaillé pendant un an, de l’été 2009 à l’été 2010, pour le Parti libéral du Canada à titre de conseiller du chef Michael Ignatieff, voit d’un « très bon oeil » ce qu’il perçoit comme un nouvel esprit de collaboration. Qui plus est, le fait que Justin Trudeau se soit réservé la responsabilité des Affaires intergouvernementales confirme l’importance qu’il pourrait accorder aux relations avec les premiers ministres des provinces. « C’est un grand avantage pour le Québec », juge-t-il.

Dossiers pressants

Le nouveau gouvernement devra s’atteler à des dossiers pressants, estime le ministre. L’aide qu’Ottawa doit accorder à Bombardier en est un, tout comme la tenue de la commission fédérale d’enquête sur les assassinats et les disparitions de femmes autochtones, un geste qu’en campagne électorale, Justin Trudeau a promis de faire rapidement. Jean-Marc Fournier a aussi mentionné « le dossier de Montréal », c’est-à-dire le déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, déversement qui est présentement bloqué par le ministère fédéral de l’Environnement.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s’est dit « content » de voir six Québécois faire leur entrée au gouvernement canadien. « Peut-être un bémol, aucun de ces ministres n’a un portefeuille économique », a-t-il insisté. M. Legault s’est dit particulièrement « malheureux » que le député de Québec, Jean-Yves Duclos, n’ait pas été appelé à diriger un « ministère économique » alors que « la situation économique est très difficile au Québec ».

La coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a applaudi à l’atteinte de la parité hommes-femmes à Ottawa. « Pour une fois, on n’a pas donné aux femmes uniquementdes ministères mineurs. Il y a vraiment des femmes qui ont des ministères majeurs. Je pense entre autres à la ministre de la Justice et procureure générale du Canada, qui est aussi une femme autochtone, a-t-elle affirmé en point de presse. Ça devrait donner des idées à M. Couillard, il me semble. »

La députée de Gouin a soutenu que la désignation de six ministres québécois sur trente constituait « un plancher minimal ». « Il y a quand même là-dedans des ministres importants », a-t-elle souligné, pointant notamment le nouveau ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion.

Selon elle, l’équipe Trudeau a d’importants « tests à passer » à brève échéance. Il devra tout d’abord « remettre [de] de l’argent dans les programmes sociaux, qui en ont bien besoin », « proposer du concret » à la conférence de Paris sur le climat ainsi que « mett[re] une croix sur les projets de pipelines ». « On l’attend là-dessus. »

4 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 5 novembre 2015 06 h 55

    Le chat est sorti du sac

    «La députée de Gouin a soutenu que la désignation de six ministres québécois sur trente constituait «un plancher minimal». «Il y a quand même là-dedans des ministres importants», a-t-elle souligné,.» (Marco-Bélair Cirino)

    Le chat est sorti du sac. Françoise David est fédéraliste. On ne peut être que fédéraliste quand on commente la composition du nouveau gouvernement canadien comme elle l'a fait.

    Si elle était véritablement souverainiste comme elle le prétend, elle se serait abstenue de faire de tels commentaires comme l'a fait avec raison Pierre Karl Péladeau.

    Quand on est un souverainiste sincère et convaincu on ne se permet pas de faire des commentaires de ce genre à propos d'un gouvernement dont on ne veut plus. C'est une question de cohérence. C'est aussi une question de fierté.

    Pierre Karl Péladeau, lui, a de la suite dans les idées.

    Il n' y a pas de quoi se réjouir de la présence de Québécois, qu'ils soient hommes ou femmes, au sein d'un gouvernement fédéral quand on veut avoir tous les pouvoirs pour le Québec parce qu' on pense qu'on le mérite bien et parce qu'on se respecte.

    On peut toujours en parler mais on en parle alors comme si c'était un gouvernement étranger. On en parle comme un gouvernement qui nous est imposé.

    Quant à Jean-Marc Fournier, il est très très petit comme d' habitude. Il n'y a pas de quoi se surprendre.

  • Yves Corbeil - Inscrit 5 novembre 2015 08 h 49

    Fournier, tout ce que je retiens

    Donner lui des pompons au très petit homme. Rien a rajouté ici.

  • Bernard Terreault - Abonné 5 novembre 2015 08 h 52

    Danger

    Le Québec n'aura pas de poids économique suffisant dans ce gouvernement. Pourtant, il y de "vraies affaires" à règler qui concernent le Québec : Bombardier, infrastructures, gestion de l'offre, pipelines, hydrocarbures vs. électricité, ressources vs. nouvelles technologies.

  • Benoit Simoneau - Abonné 6 novembre 2015 06 h 19

    Le jovialisme

    N'y a-t-il aucune limite au jovialisme bon-enfant de Jean-Marc Fournier?