La CAQ veut remodeler les institutions québécoises

La Coalition avenir Québec affiche un préjugé favorable pour la réduction du nombre d’élus à l’Assemblée nationale et l’instauration d’un mécanisme de destitution d’un député par les électeurs de sa circonscription.

À quelques jours du Conseil général de sa formation politique, le chef de la CAQ, François Legault, appelle à une « réforme » des institutions démocratiques afin de dissiper « le cynisme ambiant » à l’égard de la classe politique. « Le Québec souffre d’un mal démocratique et je pense que ses institutions doivent être réformées pour remédier à cette situation », note-t-il.

Pour y arriver, la commission politique de la CAQ soumettra une série de propositions aux membres du parti politique, qui se réuniront samedi et dimanche à Laval. Elle suggérera notamment de prescrire un régime minceur à l’Assemblée nationale, qui compte actuellement 125 élus. « Un ajustement à la baisse du nombre d’élus jumelé à un redécoupage est de mise pour assurer un cadre plus cohérent avec les territoires des municipalités et des MRC, facilitant ainsi la gestion des circonscriptions », peut-on lire dans le Cahier du participant du Conseil général.

Les membres de la CAQ débattront également de l’idée d’instaurer une procédure de révocation d’un député « ayant perdu la confiance de la population de sa circonscription ». Une majorité absolue des électeurs d’une circonscription pourrait ainsi montrer la porte à leur député par la voie d’une pétition, suggère la commission politique.

Le parti politique de François Legault veut aussi rendre le vote obligatoire ainsi qu’ouvrir la porte à un mode de scrutin proportionnel mixte.

Vacance du vice-trône

Le chef caquiste dit avoir trouvé une façon d’enlever tout lustre au Bureau du lieutenant-gouverneur, et ce, sans rouvrir la Constitution canadienne : convaincre Ottawa de ne plus nommer de représentant de la Couronne à Québec. En cas de vacance du vice-trône, l’administrateur du Québec convoquerait, prorogerait et dissoudrait l’Assemblée nationale, sanctionnerait les lois et ratifierait les décrets. « Déjà dans la Constitution, ce qui est prévu, c’est lorsqu’il n’y a personne de nommé, il peut y avoir un administrateur. Et l’administrateur au Québec, c’est le juge en chef de la Cour d’appel », a-t-il affirmé lors d’une mêlée de presse. Il s’agirait d’une « solution temporaire », a convenu M. Legault. « Il faudrait trouver le moyen d’abolir [cette] institution archaïque. […] Évidemment, ça demande une approbation unanime des provinces. Ce n’est pas simple », a-t-il ajouté.

M. Legault invite les « nationalistes » québécois à se rallier à lui afin de présenter au reste du Canada une série de demandes nécessitant l’ouverture de négociations constitutionnelles. « Si on regroupe les nationalistes derrière une série de demandes, Justin Trudeau — ou n’importe qui étant premier ministre du Canada — va devoir écouter les demandes du Québec », a-t-il conclu.

3 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 4 novembre 2015 08 h 35

    Legault en peine

    Toutes ces propositions sont une façons de manifester une velléité d'affirmer le place du Québec dans la confédération canadienne...?

    On ne voit pas bien l'intérêt de ces propositions sinon un gros show de boucane auquel nous a habitué Legault depuis qu'il se cherche des consolations au départ de "gérarre" et d'Anglade.

    Meilleure chance la prochaine fois!

  • - Inscrit 4 novembre 2015 09 h 42

    C'est ça !

    La CAQ veut réformer la politique ... alors, elle suggère de diminuer le nombre de députés et de les encadrer !! Oh la belle affaire.

    Le mal démocratique, c'est un peu la CAQ.

  • Sylvain Auclair - Abonné 4 novembre 2015 11 h 54

    Rien ne vous en empêche

    Rien n'empêche les députés caquistes de se soumettre à la médecine qu'ils recommandent aux autres et d'offrir un registre pour inviter leurs électeurs à les destituer. Après tout, charité bien ordonnée commence par soi-même (il faut faire la charité avant d'inviter les autres à la faire).