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La CAQ s’attaque à l’incompétence dans la fonction publique

Le député caquiste Éric Caire affirme que les fonctionnaires incompétents bénéficient actuellement d’une amnistie totale dans l’appareil de l’État.
Photo: Clément Allard Le Devoir Le député caquiste Éric Caire affirme que les fonctionnaires incompétents bénéficient actuellement d’une amnistie totale dans l’appareil de l’État.

La Coalition avenir Québec (CAQ) veut sanctionner la culture d’incompétence dans la fonction publique. Le député caquiste Éric Caire croit que les fonctionnaires et leurs supérieurs doivent être soumis à des mécanismes d’évaluation de leurs résultats.

« [Pour] un gestionnaire ou un sous-ministre qui n’atteint pas ses objectifs, qui ne respecte pas ses échéanciers, quelles sont les conséquences actuellement ? Il n’y en a pas, il n’y en a aucune, et ça, cette culture-là, ça descend à tous les niveaux dans l’administration publique », a-t-il dit.

M. Caire a déclaré lundi que des modifications législatives permettraient de congédier des gestionnaires incompétents. Quant aux fonctionnaires qui ne répondraient pas aux attentes, M. Caire estime que les lois existantes permettent le congédiement ou la rétrogradation dans les cas d’insatisfaction.

Lors d’une conférence de presse, M. Caire a constaté que ces dispositions ne sont jamais utilisées, contrairement au secteur privé. « Il y a plus de laxisme par rapport à l’incompétence, a-t-il dit. En fait, ce n’est même plus du laxisme, c’est carrément une amnistie totale. C’est une amnistie, il n’y a pas de conséquences. »

Les nominations partisanes augmentent les cas d’incompétence dans la haute fonction publique où elles se concentrent, a noté le député. « C’est clair parce que la nomination politique, on n’a pas la garantie qu’elle est faite sur la base de la compétence, a-t-il dit. Elle est faite sur la base de l’allégeance politique, ce qui n’exclut pas, par un heureux hasard, la compétence. »

M. Caire a produit lundi un document d’une cinquantaine de pages qui expose des recommandations pour éviter le gaspillage de fonds publics.

La CAQ estime qu’il faut abolir le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) ainsi que le poste de premier dirigeant informatique afin d’améliorer la gestion des projets informatiques. « Il ne comprend pas, dans une grande majorité des cas, ses propres besoins, il est incapable de les exprimer clairement, et donc de tout ça découlent autant de projets informatiques qui sont des fiascos, des gaspillages, tant du point de vue des fonds que des échéanciers », a-t-il dit.

M. Caire propose de remplacer le CSPQ par un autre organisme, le Centre d’excellence dans les technologies de l’information. « C’est-à-dire une boîte informatique vouée à l’ensemble des processus de gestion, de planification, d’audit, de réalisation, de vérification et même de partenariat avec l’externe, parce qu’on ne parle pas ici de la fin de l’utilisation des consultants », a-t-il dit.

Être concurrentiel

Selon la CAQ, négocier les conditions de travail de façon sectorielle permettrait d’assurer une rémunération compétitive dans les secteurs plus courus, comme le génie ou l’informatique.

« Il y a des secteurs où on perd notre expertise parce qu’on n’est pas concurrentiel avec les principaux marchés avec lesquels on doit compétitionner, a-t-il dit. Et donc il faut arrêter cette espèce de politique uniforme, et il faut s’assurer qu’on a cette capacité-là à négocier en fonction de nos besoins. »

La CAQ entrevoit également des économies en regroupant les 450 centres de traitement de l’information à trois endroits, soit Québec, Drummondville et Montréal. « Il n’y a aucune raison pour qu’on ait une dispersion de nos centres de traitement de l’information, comme on le voit présentement au gouvernement », a-t-il dit.

Augmenter la part d’utilisation du logiciel libre à 19 % contribuerait aussi à réduire les dépenses de l’État de 260 millions de dollars, a estimé le député caquiste. « On renouvelle chaque année, de façon bête et méchante, les licences d’utilisation des logiciels propriétaires sous différents prétextes qui tiennent plus ou moins la route », a-t-il dit.

M. Caire veut centraliser les données de chaque citoyen au même endroit, dans un dossier numérique, contrairement à la pratique actuelle, où chaque ministère et organisme collige ces informations de son côté.

Sans pouvoir chiffrer le coût de pareille opération, le député caquiste ne s’est pas inquiété des conséquences d’un éventuel bris de sécurité d’un système où la totalité des informations sur un individu pourraient être dérobées.

« On est capables d’avoir des sécurités importantes qui vont faire en sorte que ça va devenir extrêmement complexe pour les hackers d’aller chercher l’information, a-t-il dit. Ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète beaucoup. »

15 commentaires
  • Raynald Richer - Abonné 2 novembre 2015 17 h 18

    Imputabilité et conséquences

    Je suis d’accord avec la CAQ, nous devrions rendre les gestionnaires de la fonction publique aussi imputable que ceux des entreprises privées. Regardez l’exemple de Volkswagen, ils n’ont pas eu peur de congédier leur président ... et ils lui ont donné une indemnité de départ de 90 millions !
    Les exemples d’incompétents qui ont bénéficié de parachutes dorés indécents sont nombreux autant dans le public que dans le privé.
    En fait, je crois que la société vit une véritable crise de l’imputabilité chez tous les hauts gestionnaires qu’ils soient dans le public ou le privé. Il est grand temps que l’on s’en préoccupe.

  • Louise Lecavalier - Inscrite 2 novembre 2015 18 h 09

    La fonction publique

    M. Caire erre complètement lorsqu'il prétend que le congédiement et la rétrogradation ne sont pas appliqués dans la fonction publique. Par contre, il a raison en ce qui concerne les nominations partisanes et l'incompétence. On le constate plus que jamais sous la gouverne des libéraux. Un ménage dans la « haute » fonction publique est indispensable.

  • Raymond Lutz - Inscrit 2 novembre 2015 18 h 55

    Et un avioneur qui n'atteint pas ces objectifs,

    qui ne respecte pas ses échéanciers, c'est quoi la conséquence?


    Aye, c'est du bashing pas a peu près, ça! Tout le monde a compris? Fonction publique: incompétents; secteur privé: compétents.

    Oups, pas de les secteurs énergétiques semble-t-il... Bill Gates: "The private sector is completely inept"

    • Jean Richard - Abonné 3 novembre 2015 08 h 31

      Vous résumez l'essentiel : fonction publique incompétente et entreprise privée compétente.

      Pourtant, à qui doit-on la piètre qualité des routes, des édifices publics, des ouvrages d'infrastructure, des systèmes informatiques... ? Aux divines entreprises privées et aux politiciens qui ont des amis parmi elles. Les fonctionnaires, surtout ceux en bas de l'échelle, n'ont rien à voir là-dedans.

      Mais la CAQ, un parti populiste soutenu par les médias-poubelles, aime bien entretenir les clichés. Une partie de la population s'y laisse prendre et ça donne des votes le jour des élections.

  • Pierre Fortin - Abonné 2 novembre 2015 20 h 29

    Si monsieur Caire est sérieux, il considérera la productivité des fonctionnaires non pas en fonction de leur simple prestation de travail mais de leur prestation en regard du mandat qui leur est confié. Les grandes missions de l'État trouvent-elles leur achèvement dans la sueur des fonctionnaires ou dans l'exécution efficiente du mandat qui leur est confié?

    Les patients sont-ils mieux soignés? les enfants ont-ils une meilleure éducation? C'est ça la question à poser aux fonctionnaires de l'État. Et c'est là-dessus qu'ils doivent justifier leur travail et leur performance.

    Il est bien évident que les premiers à devoir justifier leurs actes sont les responsables de services, les grands patrons, ceux qui ont le plus de pouvoir parce qu'ils ont aussi les plus grandes responsabilités et à qui nous avons confié les devoirs de l'État.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 2 novembre 2015 21 h 31

    ouf.... Pathétique à lire

    Après avoir dénigrer les professeurs, voici que ces gens, qui ne portent pas à terre tellement qu'ils sont compétents, évaluent que les fonctionnaires ne sont pas compétent. Après ça, ce sera qui? Les médecins, les restaurateurs, les gars de la construction, les embaumeurs?

    Éric Caire, le syndrome de monsieur parfait, papa a raison, l'Oncle Bill...