PKP dévoilera les «modalités d’accession à la souveraineté» au plus tard en 2018

Vingt ans plus tard, les célèbres affiches du camp du Oui sont de retour, présentées jeudi par les leaders souverainistes Pierre Karl Péladeau (Parti québécois), Claudette Carbonneau (Oui Québec) et Sol Zanetti (Option nationale).
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Vingt ans plus tard, les célèbres affiches du camp du Oui sont de retour, présentées jeudi par les leaders souverainistes Pierre Karl Péladeau (Parti québécois), Claudette Carbonneau (Oui Québec) et Sol Zanetti (Option nationale).

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, bataillera ferme afin de faire reconnaître une victoire à l’arraché du camp du Oui à un éventuel troisième référendum sur l’indépendance du Québec.

Il trouve « inusité, pour ne pas dire davantage », de voir des acteurs politiques exiger « autre chose que “50 % plus un” » avant de reconnaître la naissance d’un nouvel État. En faisant fi du principe de la simple majorité, « ils soustraient à une nation sa capacité de déterminer les modalités de son accession [à l’indépendance] », affirme-t-il au Devoir à la veille du 20e anniversaire du référendum du 30 octobre 1995.

M. Péladeau n’entend pas négocier le cadre d’une nouvelle consultation sur l’indépendance du Québec avec Ottawa. Il offrira néanmoins un bon aperçu des « modalités d’accession à la souveraineté » retenues par le PQ avant les élections générales de 2018, indique-t-il, insistant sur le fait que le ressort de son engagement politique est de « faire du Québec un pays » — et non de diriger une province canadienne.

Pour y arriver, il dit retenir une leçon « très importante » du camp du Oui de 1995: consentir le plus d’efforts possible au rassemblement des forces indépendantistes avant le coup d’envoi de la campagne référendaire. « À l’époque, il y a eu cette volonté de rassemblement », souligne-t-il, rappelant l’entrée en scène du jeune chef adéquiste Mario Dumont dans le camp du Oui en juin 1995.

« Le Parti québécois n’a pas le monopole de la volonté de réaliser l’indépendance », a-t-il d’ailleurs martelé plus tôt aux côtés du chef d’Option nationale, Sol Zanetti, du président du Bloc québécois, Mario Beaulieu, ainsi que de représentants des Organisations unies pour l’indépendance, du Mouvement national des Québécois et de la Société Saint-Jean-Baptiste.

M. Péladeau dit voir d’un bon oeil ces groupes dont les membres ne sont pas tenus de « suivre les dictats d’un parti politique ». « Il y a une désaffection des jeunes à l’endroit des partis politiques. Le cynisme s’est emparé [d’eux] », estime-t-il. Le rôle limité des Québécois dans la vie politique — « un vote tous les quatre ans » —, conjugué à un gouvernement qui « en grande partie fait l’inverse de ce qu’il a dit durant la campagne électorale, […] ça ne peut faire autrement que de cultiver ce cynisme », fait-il valoir.

Incitatifs économiques

M. Péladeau entend souligner à gros traits les incitatifs économiques à réaliser l’indépendance. Plusieurs chefs d’entreprise étaient bras dessus bras dessous avec les dirigeants du camp du Non à l’automne 1995. Ceux-ci ont peut-être succombé au « clientélisme » des fédéralistes, suggère M. Péladeau. « Ils ne voulaient pas s’aliéner le gouvernement fédéral », regrette-t-il, ajoutant du même souffle que les entreprises québécoises reçoivent aujourd’hui des « peanuts » de la part d’Ottawa.

L’Institut québécois de recherche appliquée sur l’indépendance, dont l’ouverture est prévue cet automne, contribuera à démontrer en quoi la « fédération canadienne » n’est pas une « bonne affaire » et que l’indépendance permettra à tous les Québécois de « s’enrichir encore davantage », est-il persuadé. Cela dit, le « think tank » sera « indépendant » du PQ, insiste-t-il.

En 95, j’étais à Paris. J’étais à quand même six heures de décalage horaire. J’ai suivi l’actualité politique, mais pas énormément.

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