Pour cesser de «déprimer»

Sol Zanetti
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Sol Zanetti

Le constat est dur. Un constat d’échec. Vingt ans après le référendum de 1995 — et quatre jours après le séisme électoral de lundi —, le mouvement indépendantiste se trouve bel et bien dans un « champ de ruines », pour reprendre l’expression de Jacques Parizeau.

Cet aveu sans complaisance vient de l’avant-garde indépendantiste du Québec, le jeune parti Option nationale (ON), fondé par Jean-Martin Aussant. Le chef d’ON, Sol Zanetti, appelle à « refonder » le mouvement par une vaste consultation des sympathisants indépendantistes de tous les horizons.

« À force de ne pas faire l’indépendance, les partis indépendantistes ont perdu leur crédibilité aux yeux du mouvement. Le pouvoir use, mais le parlementarisme en général aussi. La confiance que le mouvement pourrait avoir envers les partis politiques s’est effritée. Il faut en prendre acte et être prêts à envisager toutes les solutions », écrit Sol Zanetti dans une lettre transmise au Devoir. « L’appui à l’indépendance se maintient, mais les indépendantistes boudent les partis indépendantistes, tant au fédéral qu’au provincial, dit-il en entrevue. Lundi, le Bloc québécois a reçu l’appui d’environ la moitié des indépendantistes. À l’élection de 2014, le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale ont reçu l’appui cumulé d’à peine 23,74 % des électeurs inscrits. »

C’est une bien mauvaise tendance pour les souverainistes, mais « on ne peut pas juste continuer à déprimer », dit Sol Zanetti.

Option nationale s’apprête à lancer une grande consultation, une sorte d’examen de conscience du mouvement souverainiste, dont les modalités seront annoncées sous peu. « On ne peut pas se contenter de renipper l’image de marque des partis. Il faut aller plus loin. Doit-on faire des ententes électorales entre les partis, qui iraient au-delà des circonscriptions ? Fonder un nouveau parti ? On invite les indépendantistes à s’exprimer. Dites-nous nos quatre vérités, gâtez-vous ! »

3 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 23 octobre 2015 06 h 57

    23,74 % des électeurs inscrits ?

    Dans sa lettre, Sol Zanetti parle de 33,74 %. Qui dit vrai ?
    Et de plus, les électeurs inscrits ne votent pas tous. Plusieurs s'abstiennent. Il faut plutôt parler de suffrages exprimés.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 23 octobre 2015 09 h 10

    Dites-nous nos quatre vérités

    J'accepte l'invitation. Je commence :

    Arrêtez de convaincre les convaincus et faites changer d'idée ceux qui ne le sont pas.

    Vous ressemblez à une troupe d'illuminés en cercle fermé s'encourageant les uns les autres «Ra ra ra» quand ce n'est pas vous entredéchirer à savoir qui est le plus indépendantiste ou le moins nationaliste de la gang.

    Vous êtes une gang d'enclavés à petit esprit étroit les œillères trop avancées et la palette de casquette trop basse. C’est à se demander comment vous faites pour marcher sans vous enfarger.

    Vous braillez à l’ouverture et vous dénigrez tout ce qui ne vous ressemble pas et même ceux qui vous ressemblent.

    Vous êtes harnachés à un traineau et au lieu de tirer, vous hurlez à la lune. Comment nous demander de vous suivre, vous n’allez nulle part. Vous bloquez le trafic.

    Vous passez votre temps à crier «NON», comment vous attendez-vous à ce qu’on vous dise «OUI» ?

    Vous agissez comme des bibliothécaires séparant les humains en sections, classes et sujets, apposant une jolie étiquette sur chacun.

    Ça va comme ça ? J’en ai d’autres, si vous voulez.
    Évidemment, on va me tomber dessus à bras raccourci, je m’en attends. Ma surprise serait plus grande si on ne le faisait pas; je viens de donner un coup de pied dans un nid de (ajoutez le mot que vous voulez).

    Bonne réflexion.

    Évidemment, je n'ai pas dis ce que «je suis», mais là n'était pas le sujet. Disons que je suis un gars ordinaire, à l'extérieur, qui regarde dedans et autour.

    M'impliquer ? Mais m'impliquer dans quoi ??? Je me sens visé de tout bord tout côté. M'associer ? Mais avec qui quand mon voisin est discréminé, soit pour sa couleur, sa religion, ses idées ou sa provenance ? Me ralier à un groupe ? C'est refuser tous les autres. Je ne mange pas de ce pain-là.

    Suis-je au dessus des autres ? Justement non, je suis tout à fait «égal», ça inclu beaucoup plus de monde, même ceux qui s'imaginent ne pas l'être.

    PL

  • Yves Corbeil - Inscrit 23 octobre 2015 10 h 08

    Fini la gouvernance souverainiste dans le fédéralisme

    À chaque élection le message doit être clair, le but principal le pays, le reste on nous l'explique en détails pour que nous sachions à quoi vous en tenir. Les bleus contre les rouges et ceux qui ne s'y retrouvent pas il y a l'arc en ciel. Je ne crois pas non plus que le 40% dur et pure veut avoir un pays capitaliste semblable aux autres donc sondez les opinions et fondez le sur des bases solides qui rejoignent la majorité.

    Maintenant préparer le bateau et le capitaine puis expliqué nous comment ça va se passé dans le future pays.