Stéphane Bédard quitte le Parti québécois

Stéphane Bédard, un vétéran du Parti québécois, veut retourner à la pratique du droit.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Stéphane Bédard, un vétéran du Parti québécois, veut retourner à la pratique du droit.

Le député Stéphane Bédard, du Parti québécois, a annoncé jeudi qu’il quitte la vie politique.

M. Bédard, député de Chicoutimi, a annoncé sa démission en Chambre, jeudi, dans une déclaration faite devant tous les députés.

« J’annonce que je quitte mes fonctions de député de Chicoutimi », a-t-il dit.

M. Bédard a parlé des sacrifices exigés de sa famille, à cause de son engagement politique.

« Je ne cacherai pas que les quatre dernières années ont été éreintantes, épuisantes »
, a-t-il dit.

Au chapitre des bilans parlementaires, M. Bédard a souligné son travail dans l’élaboration du Code d’éthique des députés, adopté en 2009 avec la dernière réforme parlementaire.

Arrivé depuis un peu plus d’un an en politique, et moins de six mois après avoir été élu à la tête du PQ, le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a souligné l’aide qu’il a reçue de M. Bédard.

M. Péladeau a parlé de la « vive émotion qui a secoué le caucus » au moment où M. Bédard a annoncé son départ à ses collègues.

Une source qui a requis l’anonymat a affirmé que le départ de M. Bédard, qui a décidé de toucher sa prime de transition, suscite à la fois le mécontentement et la tristesse au sein du caucus péquiste.

Il y a un peu plus d’un mois, le député de Chicoutimi a été démis de son poste de leader parlementaire du Parti québécois, un rôle confié à Bernard Drainville.

Les députés péquistes étaient avares de commentaires, jeudi, à la sortie de leur caucus, où M. Bédard n’a pas été aperçu.

La leader parlementaire adjointe, Agnès Maltais, a affirmé qu’elle laissera M. Bédard s’exprimer avant de commenter.

« Il a donné 17 ans à la population alors je vais lui laisser sa journée », a-t-elle dit en sortant du caucus.

M. Bédard a été élu député de Chicoutimi pour la première fois en novembre 1998. Il a été réélu en 2003, 2007, 2008, 2012 et 2014.

Lorsque le Parti québécois a gagné les élections générales du 4 septembre 2012, M. Bédard a été nommé président du Conseil du trésor et ministre responsable de la région du Saguenay/Lac-Saint-Jean.

Le chef caquiste François Legault a affirmé que le PQ perd « un gros morceau ». Son départ signifie selon lui que l’option souverainiste est en déclin.

« Si M. Bédard avait pensé que la souveraineté arriverait relativement à court terme après l’élection de 2018, je pense qu’il serait resté, au-delà du poste qu’on lui a confié, a-t-il dit. Il aurait voulu participer à ce grand projet. »

9 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 22 octobre 2015 09 h 56

    Un travailleur infatigable !

    Ce travailleur infatiguable qui a fait sa marque comme leader de l'Opposition doit être remercié pour l'excellence des services rendus. Si personne n'est irremplaçable, certaines personnes comme Stéphane Bédard seront difficiles à remplacer. Derrière cette démission, se cache un grand malaise et une probable démotivation.

    Malgré son expérience de la joute parlementaire et sa grande combativité Stéphane Bédard fut remplacé par Bernard Drainville en reconnaissance du retrait de sa candidature à la chefferie. Cette décision inappropriée l'a humilié. D'autant plus que l'on ne change pas une combinaision gagnante !

    N'est - il pas raisonnable de penser que dans sa fonction de leader de l'Opposition, Bernard Drainville dont le poste sera plus médiatisés restera identifié au projet de Charte, l'une des causes de la défaite du PQ.

    Dure coup pour le PQ qui dans la foulée des départs de Gilles Duceppe et de Stéphane Bédard risque de perdre les Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet qui doivent se retrouver bien à l'étroit avec un chef people qui a bien du mal a justifié le placement de ses actions dans une fiducie avec droit de regard.

    Maintenant après la banalisation de la défaite du BQ, parti non reconu au Parlement canadien que faire ? Ne rien faire serait une erreur !

    Partant delà, tant le PQ que le BQ qui ont escamonté les raisons de leurs défaites respectives seraient bien avisés de préparer l'avenir en se livrant à un aggirnamento visant notamment la Coalition des partis souverainistes, une division qui profite aux partis fédéralistes et qui envoit un message de division aux électeurs.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 22 octobre 2015 12 h 27

    Tourner la langue...

    "Le chef caquiste François Legault a affirmé que le PQ perd «un gros morceau». Son départ signifie selon lui que l’option souverainiste est en déclin."
    M. Legault en a perdu combien dernièrement? Est-il en train de nous demander de tirer la même conclusion sur ce qui se passe à la CAQ?

    • Réal Ouellet - Inscrit 22 octobre 2015 19 h 14

      En psychologie, on appelle ça de la projection.

      Monsieur Legault projette sur le PQ son propre déclin sur la scène politique!

      Réal Ouellet

  • Richard Bérubé - Inscrit 22 octobre 2015 15 h 03

    Le Québec perd l'un de ses meilleurs députés à l'Assemblée Nationale!

    C'est la faute à qui....devinez, et il ne sera probablement pas le dernier....Péladeau était dictatorial dans son passé d'homme d'affaire, alors cela ne changera pas dans sa vie politique....d'ailleurs aujourd'hui lorsque questionné par un journaliste de TVA, après que celui-ci lui ait posé la question à tois reprises sur ce qu'il pensait de Stéphane Bédard il a résussi à dire quelque chose de bien du député démissionaire.....pas une très bonne semaine pour PKP, lundi soir la piètre performance du BQ et aujourd'hui celui qui représentait la vraie valeur du PQ....à quand la prochaine course à la chefferie dans ce parti....bonne chance Monsieur Bédard et merci pour ce que vous avez fait pour tous les québecois...les Drainville, Péladeau n'arrive tout simplement pas à votre cheville....

  • François Dugal - Inscrit 22 octobre 2015 15 h 25

    Et la Mission?

    Et la Mission Sacrée, alors?

  • Christian Montmarquette - Abonné 22 octobre 2015 19 h 35

    C'est une pénalité que devrait recevoir Stéphane Bédard

    Un candidat qui demande un mandat à la population se doit de l'honorer jusqu'au bout.

    Déjà quand il quitte prématurément, non seulement manque-t-il à ses engagements envers ses électeurs, mais engendre-t-il 500,000$ de coûts pour une nouvelle élection «en plus » de sa prime de départ de 150,000$.

    - Mais pourquoi récompenser un bris de contrat, quand le départ est la décision de celui qui quitte?

    En fait, c'est une pénalité compensatoire pour les frais engendrés à l'État, et non une récompense que ça mériterait.


    Christian Montmarquette

    • François Dugal - Inscrit 22 octobre 2015 22 h 56

      Il est évident que la logique prévalant pour les traitements des parlementaires n'est pas la même que celle du citoyen ordinaire.
      Tout ce que fait monsieur Bédard est strictement légal. Vous n'êtes pas le seul à trouver ça injuste, monsieur Montmarquette.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 23 octobre 2015 09 h 24

      C'est vrais que 17 ans de carrière, c'est un peu court pour recevoir une prime de départ. Mais... on rage contre les politiciens de carrière.

      Faudrait se faire un pli et décoller notre nez de sur le mur.
      Je sais, c'est beaucoup demander.

      Comment dire... «Le -un jour à la fois- des AA ne fonctionne pas partout et en tout» à moins de vivre dans «l'éternel présent», sans «hiers» et surtout «sans lendemains».

      PL

    • Christian Montmarquette - Abonné 23 octobre 2015 15 h 58

      À François Dugal,

      Je ne fais pas que trouver ça injuste, je trouve ça irrespectueux et irresponsable de la part d'un gestionnaire de l'État, et qui plus , est un ancien président du Conseil du Trésor, et quand on sait que ça petite crise de vedette va engendrer plus de 650,000$ de frais aux contribuables du Québec qu'il a juré de défendre lors de son assermentation.

      Stéphane Bédard ne quitte pas pour maladie ou force majeure; il avait déjà une famille au moment de sa décision de se présenter.

      Ce n'est pas parce qu'un geste est «légal», qu'il est pour autant «moral».

      C'est légal d'évincer des peronnes âgées de leurs appartements.. Ce n'est pas moral pour autant.

      - CM