Le Québec, un pollueur comme les autres, dit Dumont

Québec — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a accusé le gouvernement Charest, un «poids-plume» devant Hydro-Québec, de faire du Québec «un pollueur comme les autres» avec le projet de centrale thermique du Suroît.

Avec la construction d'une centrale au gaz naturel d'au moins 807 MW à Beauharnois, le Québec passera de sa position de «champion de l'énergie renouvelable», que sa production hydroélectrique lui confère, à celle de «pollueur comme les autres», a dénoncé Mario Dumont au cours d'un point de presse.

Il existe d'autres solutions, selon le chef de l'ADQ. En faisant appel à la population, «avec des communiqués de presse», pour qu'elle réduise sa consommation d'électricité durant les grands froids, Hydro-Québec a réussi à épargner l'équivalent d'«un Suroît», a fait valoir M. Dumont. «Ça nous démontre qu'on est dans le peloton de queue de l'Amérique du Nord au regard de l'efficacité énergétique.» En outre, la société d'État pourrait recourir massivement aux éoliennes, comme en Europe, a-t-il suggéré.

Le projet du Suroît est non seulement mauvais sur le plan environnemental, mais aussi sur le plan économique, estime le chef de l'ADQ. S'il est vrai qu'Hydro-Québec gagnera beaucoup d'argent avec le projet, d'autant plus que la centrale fera grimper de 20 % la consommation de gaz naturel au Québec et qu'Hydro-Québec est actionnaire majoritaire du holding qui chapeaute le distributeur Gaz Métropolitain, «il faut regarder l'ensemble des coûts», a prévenu M. Dumont. La note liée au respect du Protocole de Kyoto visant la réduction des gaz à effets de serre (GES) d'ici à 2012 risque de bondir. «C'est comme la perte de poids, les trois premières livres sont faciles à perdre, les dix autres sont un peu plus dures, [mais] à un moment donné, tu arrives à un seuil où ça coûte une fortune pour réduire de quelques points de pourcentage de plus», a-t-il illustré.

M. Dumont a souligné que cette décision de gouvernement Charest était «radicalement contraire» aux engagements électoraux des libéraux. La seule centrale du Suroît augmentera de près de 3 % les émissions globales de GES au Québec. Le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, a été «un fantôme dans le dossier». Si M. Mulcair n'est pas d'accord avec le projet et n'en dit mot, «il manque gravement à son serment et à son devoir», juge-t-il.

À la conférence de presse annonçant la mise en route du projet, «le gouvernement dans son ensemble faisait poids-plume: un ministre timide [le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad] qui était là à travers les bonzes du gouvernement», a signalé Mario Dumont.