Couillard s'attend à «un changement de ton rapide» de la part du fédéral

À six semaines de la Conférence de Paris sur le climat, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, appelle le gouvernement fédéral à s’engager dans la lutte contre les changements climatiques. «Je m’attends à un changement de ton rapide», a-t-il déclaré au lendemain de la victoire électorale du Parti libéral du Canada.

M. Couillard demande une révision des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixées «sans consultation avec les provinces» par le gouvernement conservateur en vue de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris, du 30 novembre au 11 décembre 2015. «Ces cibles sont en fait assez inférieures à ce que nous, au Québec, on va présenter. […] La question du changement climatique ne se pose plus en tant qu'hypothèse, c'est une réalité. Il faut agir et agir rapidement. Nous, au Québec, on agit, on va continuer à agir, et je m'attends qu'on parle d'une voix plus unie sur cette question», a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse dans l’Hôtel du Parlement.

Québec dans une «position de force» dans la fédération

M. Couillard s’est réjoui de voir les électeurs québécois se ranger majoritairement derrière les «trois grands partis [politiques] au Québec»: le Parti libéral (35,7% des voix, 40 sièges), le Nouveau parti démocratique (25,4% des voix, 16 sièges) et le Parti conservateur (16,7% des voix, 12 sièges). «Aujourd’hui, le Québec, plus que jamais, est en position de force comme partenaire et leader de cette fédération», a-t-il fait valoir au côté du ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Jean-Marc Fournier. Avec l’élection de 40 députés libéraux, «hier, les Québécois et les Québécoises se sont engagés dans le choix d’un nouveau gouvernement canadien». «Le Québec est de retour à la table des décisions [soit le gouvernement fédéral]», a-t-il applaudi.

De son côté, le mouvement indépendantiste «recule continuellement depuis plusieurs années». Le chef de gouvernement québécois a minimisé les gains du Bloc québécois. La formation politique de Gilles Duceppe a raflé 10 circonscriptions, soit six de plus qu’à la sortie de la campagne électorale de 2011. L’appui populaire au Bloc québécois a fléchi, passant de 23,4% (2011) à 19,3% (2015), a souligné à gros traits M. Couillard. «On assiste au lent déclin du mouvement souverainiste, ça m’apparaît évident.»

D’autres détails suivront.

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