Le dernier syndicat du front commun dit oui

La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, a prévenu le Conseil du trésor : « la mobilisation de nos membres sera à la hauteur du mépris contenu dans ses offres et de sa volonté de piétiner nos acquis ».
Photo: SFPQ La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, a prévenu le Conseil du trésor : « la mobilisation de nos membres sera à la hauteur du mépris contenu dans ses offres et de sa volonté de piétiner nos acquis ».

Le dernier syndicat du front commun à se prononcer sur le mandat de grève dans les secteurs public et parapublic a lui aussi obtenu de forts appuis à ce mandat, dépassant les 83 %.

Le Syndicat de la fonction publique du Québec, qui a terminé jeudi soir le dépouillement des votes, a fait savoir que les 27 000 employés de bureau qu’il représente ont accordé un mandat de grève dans une proportion de 83 %, alors que les 4000 ouvriers qu’il représente ont accordé ce mandat dans une proportion de 91 %. Les deux groupes travaillent au sein des différents ministères et organismes.

Le mandat de grève du front commun porte sur six journées de grève tournante, à être exercées sur une base régionale ou nationale, au moment jugé opportun.

Mais le SFPQ va plus loin, avec un mandat de 10 journées, dont six en front commun. Celles-ci seront tenues sur une base nationale, dans son cas, puisqu’il n’y a qu’une seule accréditation syndicale pour l’ensemble du Québec. Et les jours de grève pourront être exercés sous formes d’heures, de demi-journées ou autre.

Pour les autres organisations syndicales du front commun aussi, les mandats de grève ont été forts. La CSN, qui représente le plus gros contingent, avec ses 170 000 membres dans les secteurs public et parapublic, a obtenu un mandat de 85 %. La Centrale des syndicats du Québec, dont 130 000 membres sont directement concernés par cette négociation, l’a obtenu dans une proportion de 82 %. Et la FTQ, dont 40 000 membres sont touchés, l’a obtenu à 85 %.

Le front commun a déjà fait une démonstration de force, samedi dernier, en tenant une imposante manifestation à Montréal qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes — 150 000 selon les organisateurs.

Le front commun réclame des augmentations de salaire de 4,5 % par année pendant trois ans.

 

Le gouvernement offre à l’ensemble des employés de l’État deux années de gel, suivies de trois années avec des augmentations de 1 %. Il souhaite aussi faire passer de 60 à 62 ans l’âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité.

La présidente du SFPQ, Lucie Martineau, a prévenu le Conseil du trésor : « la mobilisation de nos membres sera à la hauteur du mépris contenu dans ses offres et de sa volonté de piétiner nos acquis ».

Calendrier de grève

Une première semaine de grèves régionales d’une journée est prévue à partir du lundi 26 octobre. Si la situation ne progresse pas, deux journées de grèves par régions seront ensuite exercées pendant la semaine du 9 novembre.

Finalement, dans le cas où l’impasse perdure, trois jours de grève nationale auront lieu les 1er, 2 et 3 décembre prochains.

Le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) Daniel Boyer a déclaré que le dévoilement de ce « plan de match » a pour objectif d’augmenter la pression sur le gouvernement.

M. Boyer a affirmé que l’objectif du front commun syndical demeure la négociation afin d’éviter l’exécution du calendrier de grèves dans deux semaines.

Selon M. Boyer, le gouvernement doit répondre aux demandes d’augmentations salariales, de diminution de la précarité d’emploi et de maintien du pouvoir d’achat des employés du secteur public.

« On n’a aucune réponse à ces demandes-là au moment où on se parle, a-t-il dit. On a relancé [jeudi] les porte-parole patronaux à la table centrale et on n’a toujours pas eu de réponse. On nous a dit qu’il faudra encore une semaine de réflexion, comme si un an ce n’était pas assez. Donc, on pense que le gouvernement n’est pas tout à fait sérieux et qu’il faut augmenter la pression. »

Le représentant syndical a affirmé que l’offre de gel salarial du gouvernement, pour les deux premières années de la prochaine convention collective, est inacceptable.
 
Alexandre Robillard


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