Le mausolée d’Honoré Mercier restauré au coût de 109 000$

L'ex-premier ministre du Québec Honoré Mercier
Photo: Livernois L'ex-premier ministre du Québec Honoré Mercier

Le gouvernement du Québec et la Commission de la Capitale nationale du Québec ont inauguré jeudi, au cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal, le mausolée restauré de l’ancien premier ministre Honoré Mercier.

Malgré plusieurs restaurations successives assumées par ses descendants, le caveau funéraire se trouvait dans un triste état. Une trentaine de membres de cette famille célèbre reposent dans le même lieu, tout juste à côté du pilier de la lignée.

L’État québécois a dépensé 109 000 $ au cours de l’été pour tailler de nouvelles pierres, rejointoyer les anciennes, fabriquer une porte ornementale de métal qui intègre des éléments originaux et refaire le terrassement.

Un budget de 500 000 $ a été accordé par l’État afin qu’on restaure, au cours des cinq prochaines années, tous les monuments funéraires des premiers ministres québécois.

Présent lors de l’inauguration, Honoré Mercier, quatrième du nom, ancien employé d’une compagnie pétrolière, était très ému. Son père, lui aussi nommé Honoré Mercier, fut député. Son grand-père, nommé aussi Honoré Mercier, fut ministre des gouvernements de Lomer Gouin et d’Alexandre Taschereau. « Mon fils se nomme David-Honoré Mercier. Et mes petits fils, Félix-Honoré et Louis-Honoré Mercier. Je suis le premier à ne pas avoir fait de politique, le premier à voir comment les autres s’étaient fait maganer avant moi. » Mais difficile, avec une telle succession de noms, d’oublier à quelle partie de l’histoire on appartient.

Carrière mouvementée

 

À titre de chef du Parti national, Mercier a exercé les fonctions de premier ministre de 1887 à 1891, emporté dans un scandale financier lié au chemin de fer dans la baie des Chaleurs.

Il est né en 1840 à Saint-Athanase, et sa petite maison natale est aujourd’hui un lieu protégé. Mercier est un des premiers à parler vigoureusement du principe de l’autonomie provinciale. Il cherche à faire pencher la balance des pouvoirs du côté du gouvernement des provinces.

Son concept de l’autonomie provinciale sera repris par plusieurs premiers ministres, en particulier par Maurice Duplessis, qui en fera un argument clé de son discours à compter de 1948, prenant volontiers Mercier en exemple.

En 1864, alors jeune journaliste, Mercier était au nombre de ceux qui s’opposaient au projet de confédération lors des conférences préparatoires. En 1883, il devient chef de l’aile provinciale du Parti libéral avant de faire alliance avec des conservateurs pour former le Parti national. Comme la plupart de ses compatriotes, il s’oppose très vigoureusement à la pendaison de Louis Riel, le chef métis du Manitoba. Il est démis de ses fonctions par le gouverneur général en 1891 après qu’un rapport eut établi que son gouvernement avait détourné de l’argent public.

Malade, considérablement miné par la polémique et les scandales, Honoré Mercier meurt en 1894 à l’âge de 54 ans. On dit qu’une foule de 25 000 personnes suit son cortège jusqu’au cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Il est inhumé dans un mausolée situé à quelques mètres seulement de Thomas D’Arcy McGee, un des pères de la Confédération canadienne, assassiné au printemps 1868 par un militant républicain irlandais.

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