Des pénalités aux partis politiques qui ne respectent pas la parité

À l’Assemblée nationale du Québec, on compte 33 femmes sur 122 membres, ce qui représente un mince 27 %.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne À l’Assemblée nationale du Québec, on compte 33 femmes sur 122 membres, ce qui représente un mince 27 %.

Le Conseil du statut de la femme veut imposer des amendes aux partis politiques qui ne respecteraient pas la parité, a appris Le Devoir.

C’est ce qui ressort de l’avis « La parité en politique, c’est pour quand ? », qui sera rendu public prochainement.

« Le Québec est l’une des sociétés dans le monde où les luttes féministes ont mené aux plus grandes avancées pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Pourtant, ici comme presque partout ailleurs, les femmes sont sous-représentées en politique », écrit le Conseil du statut de la femme dans le résumé dont Le Devoir a pris connaissance.

Ainsi, l’organisme constate que « si le Québec était un pays, il se situerait au 44e rang mondial, selon le pourcentage de femmes élues ».

À l’Assemblée nationale du Québec, on compte 33 femmes sur 122 membres, ce qui représente un mince 27 %. Le Conseil des ministres, qui a déjà été paritaire sous la gouverne de Jean Charest, compte aujourd’hui 8femmes sur 26 membres.

Au palier municipal, à peine 17 % des mairies sont dirigées par des femmes. Celles-ci représentent 32 % des membres des conseils municipaux.

Le Conseil du statut de la femme explique cette faible présence féminine en politique par plusieurs raisons, dont la « socialisation différente des filles et des garçons », le « partage inégal » des tâches ménagères et familiales, le « manque de ressources financières des femmes » de même que « la culture des partis et des institutions politiques ».


Quotas

Le Conseil du statut de la femme s’inspire de ce qui s’est fait ailleurs et se penche plus particulièrement sur l’adoption de quotas. « Une centaine de pays y ont recours et plusieurs ont connu une augmentation très rapide du nombre de femmes élues », écrit-il.

C’est pourquoi il recommande d’appliquer cette mesure à l’échelle québécoise. « Pour le Conseil, les partis politiques devraient atteindre la zone paritaire dans le recrutement de leurs candidates et candidats ou s’exposer à des pénalités. » Cette « zone paritaire » se situe entre 40 et 60 % de représentation.

Le Conseil du statut de la femme cite également des élues, dont Louise Harel, ancienne ministre et ex-chef de l’opposition officielle à Montréal. « Je crois vraiment que c’est indispensable qu’on passe par là. Il faut des mesures positives, proactives. Juste des mesures positives, je crois que ce serait insuffisant. On ne dépasse pas ce seuil qui est le plus difficileà traverser. Quand on est à 40-45 %, ça devient irréversible, mais là, à 30-33 %, il y a comme une sorte de résistance larvée. »

Les autres recommandations portent notamment sur la publication de bilans et de plans d’action des partis politiques pour favoriser les candidatures féminines, l’instauration de mesures de conciliation travail-famille en politique provinciale et municipale, de même que le financement de « projets structurants pour favoriser la présence de femmes en politique ».

4 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 3 octobre 2015 10 h 34

    L'infernale dictature des quotas

    À quand les quotas pour les handicapés, les noirs, les musulmans, les unijambistes et que sais-je encore. À quand tout simplement la règle de la méritocratie ? La personne de mérite n'a pas de sexe, de couleur ou de religion, etc.

  • François Bélanger Boisclair - Abonné 3 octobre 2015 10 h 52

    Le CSF comme outil anti-démocratique

    La création de quotas est un acte anti-démocratique car il vise directement la liberté de pensée politique. Si un parti ultra-féministe désirait présenter que des candidates, il ne pourrait pas le faire. Nous sommes devant le même problème pour un parti ultra-paternaliste. Fondamentalement, le CSF propose une dictature idéologique dans le processus démocratique. Cette pensée est dangereuse. Venant d'un organisme étatique, nous pouvons nous questionner sur la justification de financer une telle organisation. Si le Conseil du statut de la femme était une association ou une formation politique financer par des dons privés, il n'y aurait pas de problèmes. Il pourrait avoir leurs propres idéologies politiques. Mais ici, il s'agit d'une organisme d'État. Le processus démocratique prévois déjà qu'un groupe qui se croit sous-représenté peut fonder son propre parti. Dans ce contexte, la proposition du CSF n'a pas sa justification comme organisme étatique. Il serait utile de couper leurs budget.

  • Emmanuel Lyng-Sabatier - Inscrit 3 octobre 2015 13 h 22

    Parité

    Il faudrait arrêter de parle de parité, cela ne sert rien car il faut que les électeurs votent pour des femmes au lieu des hommes.

    Le mieux serait de créer deux collèges, un d'hommes et l'autres de femmes, et les électeurs votent pour les deux collèges à la fois.

    Prenons l'exemple des députés du Québec, réduisons leur nombre à 100, il y aura 50 députés hommes et 50 députés femmes à élire. Dans chaque cirsconscription, il y aura un homme et une femme à élire, ainsi vous aurez la parité parfaite, ce ne seront pas des binomes mais des listes indépendantes donc l'électeur peut choisir une femme de QS et une homme du PLQ par exemple. Vous étendez ce système aux municipalités et aux fédérales et aux prochaines élections, vous aurez la parité en tout temps.

    Le problème c'est que de nombreux partis politiques sont machistes (conservateurs, libéraux, etc...), donc à moins que les canadiens ne demandent un référendum sur le sujet, rien ne se fera. Le Canada est une monarchie gouvernée par la Reine d'Angleterre, une allemande en faite je précise, donc elle devra montrer l'exemple, ou alors transformons le Canada en une république confédérale sur le modèle suisse, la seule vraie démocratie en Occident.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 octobre 2015 08 h 15

    Un pas de plus

    Allons-y et poussons encore plus : Les Femmes qui ne veulent pas et refusent se présenter aux élections devraient payer une taxe !

    PL