Les études seront moins coûteuses que prévu

Le processus de défusion s'est enclenché cette semaine de façon concrète avec l'octroi de 42 contrats pour la réalisation des études devant mener à d'éventuels référendums à la fin du printemps.

Au total, le gouvernement du Québec déboursera 3,6 millions plutôt que les cinq millions envisagés afin de permettre aux citoyens des municipalités issues d'un regroupement forcé de connaître les avantages et les inconvénients d'un retour en arrière. Comme le prévoit la Loi sur la consultation des citoyens sur la réorganisation, le ministre des Affaires municipales a accordé les contrats selon la règle du plus bas soumissionnaire.

À Montréal, où ce dossier est explosif, l'analyse des conséquences et des coûts de la défusion de l'île a été confiée à la firme-conseil Secor, dont les accointances libérales sont de notoriété publique. Deux des principales têtes dirigeantes de la firme, Marcel Côté et Yvan Allaire, sont des stratèges libéraux de longue date. Aussi, l'organisateur de la campagne électorale du PLQ en 1998, Alain Cousineau, qui était le patron de Secor, a récemment été nommé à la présidence de Loto-Québec.

Outre ce contrat de 400 000 $ pour Montréal, Secor mènera les études pour les agglomérations de Longueuil (198 000 $) et Trois-Rivières (149 000 $) ainsi que pour Terrebonne. La filiale de Secor, Taktik/Zins Beauchesne et associés, a décroché six autres contrats pour des municipalités moins populeuses (Saint-Jérôme et Rimouski, entre autres).

Les comptables Raymond Chabot Grant Thornton ont hérité des dossiers des villes de Québec

(354 000 $), de Sherbrooke

(225 000 $) et de Lévis (235 000 $). L'analyse des villes de Gatineau (225 000 $) et de Saguenay

(249 000 $) échoit au Groupe-conseil Roche. Cette firme, à laquelle Sam Hamad était associé avant de devenir ministre des Ressources naturelles, a décroché 15 autres contrats pour des municipalités de moins de 10 000 habitants ainsi que pour des municipalités de 10 000 à 100 000 habitants.

Dans ce dernier groupe, le coût des contrats accordés varie de

38 000 $ à 95 000 $. L'étude la moins coûteuse concerne Sainte-Marguerite-Estérel, où la firme Étude économique Conseil éclairera la situation pour 14 000 $.

Toutes ces analyses doivent être complétées dans les prochains mois afin que le ministre des Affaires municipales puisse les rendre publiques avant l'ouverture des registres. Les citoyens seront appelés à se prononcer sur la tenue d'un référendum entre le 2 mai et le 15 juin.
1 commentaire
  • Jean Bouville - Inscrit 10 février 2004 10 h 55

    Province à manger, toute nue et toute crue, d'ici peu!

    J'ai vécu à Chicoutimi de 1972 à 1995 et je me souviens des querelles de clocher ridicules au moment des fusions Chicoutimi/Chicoutimi nord, Port Alfred/Bagotville, Jonquière/Arvida/Kénogami, querelles qui faisaient preuve d'un égoïsme, forcené et à très courte vue, d'une partie des "élites" municipales.

    J'ai toujours cru que l'union faisait la force; c'est tout au moins ce que montre l'histoire des nations.

    En défusionnant ses municipalités devenues plus puissantes grace à la fusion, le Québec s'embarque dans une politique à relents ultra-libéraux dont je ne suis pas surpris de la part de Monsieur Charest.

    Ce Monsieur, en passant du fédéral au provincial et du conservateur au libéral, n'a-il-pas déjà changé de casaque?

    N'est-il pas prèt à satisfaire tous les appétits des mécontents pour garder le pouvoir?
    Quoiqu'il en soit, ce n'est pas en divisant leurs forces qu'il permettra aux Québécois de rester maitres de leur destin.

    En tant que prosélyte du libéralisme le plus destructeur je pense Monsieur Charest bien adapté à son rôle de couleuvre politique.

    Et j'en viens presque à regretter un Claude Ryan, dont je ne partageais pas les opinions, mais qui, lui au moins, avait une vraie colonne vertébrale.

    Jean Bouville, Aix-en-Provence.