Coup d’éclat de la FIQ

Un demi-millier d’infirmières ont afflué sur la colline parlementaire jeudi en fin d’avant-midi pour barrer la route aux voitures de fonction des ministres. « Vous allez savoir c’est quoi faire du temps supplémentaire obligatoire », a déclaré la présidente de la FIQ, Régine Laurent, quelques minutes après son arrivée.

Vêtus d’un sarrau blanc, les délégués de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) se sont agglutinés pendant 45 minutes à différents endroits derrière l’Hôtel du Parlement, empêchant le départ des ministres après la période des questions et des réponses orales.

Une vingtaine d’infirmières ont été impliquées dans un accrochage avec des agents de sécurité, qui tenaient mordicus à ouvrir un passage à un véhicule officiel. « On ne veut pas blesser. On veut soigner », a lancé une infirmière aux policiers s’affairant à briser la chaîne humaine à laquelle elle participait. « On n’est pas des médecins. Ils peuvent nous écraser », a ajouté un de ses confrères.

Mme Laurent est alors accourue pour s’interposer entre les agents de sécurité et les protestataires. « Ils sont en train de foncer sur le monde ! » s’est indignée la chef syndicale. « On peut-tu se calmer ! On peut-tu se calmer ! » a-t-elle répété, priant un policier de « ne pas [la] toucher ».

La présidente de la FIQ a par la suite défendu le caractère improvisé et « pacifique » du coup d’éclat des infirmières; des personnes « toujours polies et respectueuses ». « Ralentir une sortie de voiture, on s’entend qu’il y a bien pire que ça dans la vie », a-t-elle fait valoir lors d’un impromptu de presse. « Trop rapidement et de façon trop brutale [des agents] ont voulu bousculer notre monde parce qu’il y avait une voiture qui voulait sortir. Je ne veux pas qu’on touche à mon monde. Il n’y a pas de raison pour qu’on se conduise comme ça. Nous ne sommes pas des personnes menaçantes », a-t-elle insisté.

Les délégués de la FIQ sont réunis au centre des congrès de Québec afin de discuter du retrait de leur exécutif de la table des négociations de leur prochaine convention collective, en plus de discuter du « plan d’action » pour les semaines à venir. « Il n’y a rien qui est exclu », a précisé Mme Laurent. « Chaque fois qu’on négocie, ce n’est jamais notre tour. Un moment donné, il va falloir que ce soit notre tour. »

D’autres détails suivront.

5 commentaires
  • Paul de Bellefeuille - Abonné 1 octobre 2015 14 h 33

    Et les autres?

    « Chaque fois qu’on négocie, ce n’est jamais notre tour. Un moment donné, il va falloir que ce soit notre tour. »

    La FIQ n'est pas le seul syndicat à négocier avec le gouvernement. Il y a 450,000 travailleurs et travailleuses de l'État qui attendent aussi leur tour. Il y aussi ceux et celles de l'éducation et de la santé, qui bien que n'étant pas membres de la FIQ, sont tout aussi importants. Et il y a les fonctionnaires et ouvriers des différents ministères et organismes, moins visibles, mais dont le travail est tout aussi important. Pensons à ceux et celles du ministère des transports du Québec, de la CSST, de la RAMQ, de la RRQ, de la CARRA, de Revenu Québec etc. L'heure est à la solidarité pas à la division et au corporatisme.

  • Yves Côté - Abonné 1 octobre 2015 14 h 52

    Merci à elles toutes !

    Voilà enfin le retour du courage des Québécois.
    Et bien entendu, il fallait qu'il commence à émerger par celui de Québécoises.

    De l'intelligence, de la créativité, du courage, du bon sens, l'exemple des infirmières est à suivre par nous tous. La voie est tracée de laquelle il ne faudra plus diverger.
    Debout tous.

    Merci à elles et à leur première représentante, Madame Laurent !

    • Yves Corbeil - Inscrit 1 octobre 2015 16 h 25

      Oui vous avez entièrement raison et chaque petites interventions citoyennes pacifique du genre feront leur chemin dans l'imaginaire politique de ceux qui semblent à prime à bord déconnectés de la réalité des citoyens qui essaient de garder la tête hors de l'eau malgré tout.

      Chapeau Mme la présidente de la FIQ et votre groupe de travailleuses et travailleurs

  • Cyr Guillaume - Inscrit 1 octobre 2015 14 h 54

    Bravo!

    Bravo aux infirmières pour ce coup d'éclat! Peut-être que M.Couillard les prendra un peu plus sérieusement maintenant.

  • Colette Pagé - Inscrite 1 octobre 2015 17 h 19

    Ces infirmières qui ont soutien des citoyens !

    Le jour arrivera que les policiers comprendront l'importance du rôle joué par les infirmières et qu'ils cesseront de protéger les élus. Voilà ce qu n'est pas souhaitable mais qui peut survenir aux élus qui aveuglés par l'équlibre fiscal ont vidé les coffres en accordant aux médecins spécialistes de sommes dont le Québec étaient incapables de payer. Désormais ils ne restent que des miettes pour les infirmières et les enseignants.