Couillard garde son optimisme malgré le déficit courant

Le premier ministre Philippe Couillard a confirmé que l’État fait face à un dépassement de ses dépenses, un écart qui n’entame toutefois pas son optimisme.

« Il y a toujours un peu de dépassement de dépenses dans les réseaux et les ministères », a affirmé mercredi Philippe Couillard lors du point de presse qui a suivi la signature du pacte fiscal avec les municipalités.

« On peut envisager avec un optimisme important — comment dirais-je ? — l’atteinte et la confirmation de l’équilibre pour l’année en cours », a soutenu le premier ministre.

Au terme des trois premiers mois de l’année, au 30 juin, le déficit à résorber avait atteint 675 millions de dollars. Or, selon La Presse, ce déficit aurait augmenté à 800 millions au cours de l’été.

En juin, le ministère des Finances avait invoqué « la tendance historique » qui fait qu’un déficit apparaît dans les premiers mois de l’année financière, les ministères dépassant souvent le cadre annuel de la croissance de leurs dépenses.

Or le rapport mensuel des opérations financières montre que ce sont les revenus autonomes qui ont été moindres que prévu.

Dans toutes ses missions sauf en santé, le gouvernement n’a pas augmenté ses dépenses ; il les a réduites. En début d’année, il a comprimé ses dépenses de 1,5 % en éducation et en culture, de 2,1 % pour l’aide sociale et les services de garde et de 7,1 % pour la gouverne et la justice. En santé, les dépenses ont bondi de 4,5 % alors que la croissance annuelle à laquelle est limité le réseau est de 1,4 %.

« En 2015-2016, le plan de match qu’on met à l’oeuvre, il tient totalement la route », a certifié Martin Coiteux. Mais le président du Conseil du trésor n’a pas exclu que d’autres restrictions budgétaires doivent être imposées cette année. « Ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas arriver des choses en cours d’année qui nous demandent des efforts supplémentaires. »

Et d’autres compressions seront nécessaires en 2016-2017. « Il y a des défis en 2016-2017, a souligné Martin Coiteux. C’est pas juste d’équilibrer 2015-2016 et bonjour la visite. » Le dernier budget prévoyait qu’en 2015-2016, le gouvernement devait faire des économies non encore définies de l’ordre de 850 millions.

Aucune décision n’a encore été prise quant à l’application dès l’automne d’une partie des recommandations du rapport Godbout, soit une réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers et un relèvement de la taxe de vente du Québec (TVQ). « On verra », a dit Carlos Leitão, dont c’est le cheval de bataille et qui présentera sa mise à jour économique et financière à la fin de novembre.

Un Conseil des ministres spécial aura lieu lundi, sorte de Lac-à-l’épaule mais à Québec, afin de procéder à une discussion stratégique globale. Les ministres mettront de côté les décisions courantes pour participer à cet exercice de réflexion.

Avec Marco Bélair-Cirino

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