Les policiers doivent afficher clairement une marque d’identification, selon la protectrice

À l’heure actuelle, le commissaire à la déontologie policière rejette systématiquement les plaintes — manque de respect, abus d’autorité, etc. — visant des policiers non identifiés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À l’heure actuelle, le commissaire à la déontologie policière rejette systématiquement les plaintes — manque de respect, abus d’autorité, etc. — visant des policiers non identifiés.

L’absence de règles obligeant les policiers à garder visible leur insigne constitue un « frein au bon fonctionnement » du Bureau du commissaire à la déontologie policière et crée dans certains cas un « déficit de justice », fait valoir la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain.

Elle invite la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, à enjoindre à chaque policier d’afficher clairement une marque d’identification. « Cette marque d’identification contribue à la confiance populaire en regard des policiers », a souligné Mme Saint-Germain dans son rapportannuel d’activités déposé à l’Assemblée nationale jeudi.

À l’heure actuelle, le commissaire à la déontologie policière rejette systématiquement les plaintes — manque de respect, abus d’autorité, etc. — visant des policiers non identifiés.

Le Code de déontologie des policiers du Québec stipule qu’un policier doit « porter une marque d’identification prescrite dans ses rapports directs avec une personne du public ». Toutefois, la nature de cette « marque d’identification » n’a jamais été spécifiée par loi ou par règlement, a rappelé Mme Saint-Germain.

En novembre 2014, le ministère de la Sécurité publique s’était engagé à faire connaître « une modification réglementaire […] dans les meilleurs délais » afin de combler ce vide juridique, a fait remarquer Mme Saint-Germain. « Le travail se poursuit », explique-t-on du côté du cabinet de la ministre Lise Thériault.

Bureaucratie tatillonne

La protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, demande au ministère de l’Immigration de « traiter les candidats à l’immigration de façon juste et équitable » plutôt que de les accabler avec une « bureaucratie » tatillonne. Elle a égratigné la décision du ministère de « ne conserver pour examen que les dossiers [de demandeurs de certificat de sélection] comportant tous les documents exigés selon des critères précis de format et d’attestation de conformité ».

« Des personnes apparemment hautement qualifiées étaient susceptibles de voir leur candidature rejetée sur la base d’un détail de procédure sans analyse du dossier sur le fond », a déploré Mme Saint-Germain.
6 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 18 septembre 2015 06 h 54

    Uniforme

    L'idée de porter un uniforme est exactement contraire à la notion de faire une différence entre ceux qui la portent, c'est à cette fin que cela se nomme un «uniforme».

    PL

  • Jacques Boulanger - Inscrit 18 septembre 2015 07 h 03

    Armés et dangereux

    Ça me rappelle vaguement quelque chose. Des policiers qui se cachent derrière l'anomymat c'est comme si on envoyait une meute de pitbulls dans la foule et après on viendrait s'étonner de leurs bavures laissées au passage. Poser la question, c'est lui répondre. Il faudrait plus que les identifier avec une médaille portant leur numéro ou leur surnom mais aussi leur faire porter la laisse pour les rappeler au cas où.

  • Gilles Gagné - Abonné 18 septembre 2015 08 h 26

    Y-a-t'il vraiment une volonté de procéder au gouv. libéral? Après 11 mois de son intention de faire rien n'est fait pour modifier cette lacune qui ne demande pourtant pas de déployer toute une artillerie, on doit comprendre que la chose les sert bien!

  • Jean-Pierre Lévesque - Inscrit 18 septembre 2015 10 h 46

    Uniforme

    M. Lefebvre, le fait de porter un insigne d'identification «facilement lisible» ne change rien au fait de porter un uniforme. Les mêmes policiers (pompier, soldats, etc...) ne portent-ils pas l'insigne de leur grade sur leur uniforme? Il est temps de réformer, dans notre Société, les «sociétées» se foutant des lois. Le port de l'uniforme ne doit pas empêcher le respect ni être une entrave à la démocratie.

  • Daniel Gagnon - Abonné 18 septembre 2015 11 h 52

    Police voilée

    Tout à fait surprenant ce jeu de cache-cache de la part des policiers. Peut-on en retour leur faire confiance, s’ils agissent en cachette.

    Est-ce qu’ils vont aller jusqu’à porter le voile?
    .
    Encore plus surprenant ces cachotteries policières quand on sait que plusieurs villes au pays, dont Toronto la belle, ont équipé leurs policiers de caméras filmant en direct toute intervention.

    Alors? Qu’attend la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault.

    Pour reprendre ces ineffables paroles lors de la célèbre évasion des Hells par hélicoptère à Orsainville, qu'attend-elle pour « mettre la main sur le grappin » de ce dossier?