Québec donne des armes aux intégristes, croit Houda-Pepin

L’ancienne élue libérale Fatima Houda-Pepin juge que le gouvernement Couillard favorise les intégristes avec le projet de loi 59 qui les aidera à stigmatiser les critiques de leur pratique rigoriste.

« Je suis estomaquée », a lancé Fatima Houda-Pepin à l’issue de sa comparution en commission parlementaire au sujet du projet de loi 59 qui vise, notamment, à lutter contre le discours haineux et que défend la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée. « C’est une revendication des intégristes depuis longtemps », estime l’ancienne députée de La Pinière.

Grâce au projet de loi 59, un groupe religieux, et non plus seulement une personne croyante, pourrait se dire la cible d’un discours haineux alors qu’il ne s’agirait que de critiques découlant d’un exercice légitime de la liberté d’expression, craint Fatima Houda-Pepin. Avec une telle loi, elle aurait été condamnée pour islamophobie quand elle a combattu en 2005 les imams qui voulaient imposer la charia au Canada, a-t-elle souligné.

Comme d’autres personnes qui se sont exprimées en commission parlementaire, Fatima Houda-Pepin croit que le projet de loi 59 menace la liberté d’expression et le droit à la dissidence. Il accorde « une protection supplémentaire » aux intégristes, déplore-t-elle, en sus des garanties que leur assurent les chartes au chapitre de la liberté de religion.

En commission parlementaire, la députée de la Coalition avenir Québec Nathalie Roy a lu un extrait de la lettre ouverte que Fatima Houda-Pepin a publiée dans Le Devoir lundi, dont ce passage : « C’est ainsi que le Canada est devenu, au fil des ans, le paradis des islamistes, à cause de […] l’insouciance des politiciens qui s’agglutinent, tous partis confondus, dans leurs mosquées, leur conférant reconnaissance et respectabilité. » Or, les libéraux, qui se sont sentis visés, ont invoqué le règlement pour exiger que la députée caquiste retire ces propos.

De son côté, le Conseil du statut de la femme est venu accorder son appui à la ministre Vallée. Le CSF est d’avis que le Code criminel « n’est pas suffisant pour protéger les femmes contre les effets néfastes et la violence du discours misogyne ».

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