Québec abolit le quart des postes à l’étranger

Le nombre de postes coupés a été confirmé par le cabinet de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui effectue le grand ménage promis en mars.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre de postes coupés a été confirmé par le cabinet de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui effectue le grand ménage promis en mars.

Le mouvement de repli du Québec à l’étranger se poursuit avec l’abolition de près du quart des postes composant son réseau de représentation internationale, selon ce qu’a appris La Presse canadienne.

La diplomatie québécoise est en voie d’être amputée de 50 des 208 postes de fonctionnaires présents dans l’ensemble des délégations générales, délégations, bureaux et antennes autour du globe.

Le nombre de postes supprimés a été confirmé par le cabinet de la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, qui effectue le grand ménage promis en mars. Elle n’avait cependant pas indiqué alors l’ampleur des coupes à venir.

En huit ans, de 2007 à 2015, son ministère aura littéralement fondu, perdant 144 postes, alors que le nombre d’employés à temps complet est passé de 576 à 432.

Par la même occasion, on a appris que le gouvernement avait décidé, toujours par souci d’économie, de supprimer toute une série de privilèges accordés à ceux à qui l’on a confié la tâche de représenter le Québec à l’étranger.

Ceux qui échapperont au couperet devront donc se contenter de moins bonnes conditions de travail, car de nouvelles compressions vont les frapper directement.

Dépenses et primes resserrées

Ainsi, malgré les coupes budgétaires imposées au ministère des Relations internationales (MRI) l’an passé, la vente d’actifs dans les grandes capitales, la révision à la baisse du nombre d’employés et du nombre de bureaux et délégations, le personnel devra faire des économies supplémentaires.

À terme, Québec compte ainsi épargner entre 651 000 $ et 816 000 $ annuellement, un effort exigé pour viser l’équilibre budgétaire.

Des primes et des allocations sont revues à la baisse, d’autres sont éliminées. Des dépenses liées aux frais de déplacement et aux frais de subsistance jusqu’ici admissibles à un remboursement par l’État ne le seront plus.

Une directive gouvernementale en ce sens, jamais rendue publique, a été adoptée en juin.

Pour respecter les conventions collectives, la nouvelle directive sera appliquée graduellement. Dans un premier temps, elle vise uniquement les employés embauchés après juin 2015. Les autres, déjà en poste, vont à tour de rôle perdre ces acquis quand leur contrat sera prolongé ou renouvelé.

Aux yeux du gouvernement Couillard, le rayonnement du Québec à travers le monde doit désormais coûter moins cher, par tous les moyens possibles, quitte à gratter les fonds de tiroir.

Par exemple, jusqu’à maintenant, un employé en poste à l’étranger pouvait faire transporter sa voiture personnelle aux frais de l’État, lors de son entrée en fonction ou de son rapatriement au pays au terme de son contrat. Désormais, ce sera à ses frais.

S’il devait venir au Québec pour assister au mariage de son fils ou sa fille, un fonctionnaire installé à l’étranger pouvait réclamer le remboursement des frais de transport pour lui-même et sa conjointe ou son conjoint. Ce ne sera plus le cas.

Lors du décès de son père, de sa mère ou de son enfant, il ne pourra plus réclamer les frais de séjour pour assister aux funérailles. Seuls les frais de transport seront jugés admissibles.

On va également resserrer le remboursement des dépenses effectuées pour faire garder son enfant et pour les repas qu’il aura pris lors de déplacements en famille.

Les employés affectés dans un pays où la devise est forte apprécient le fait d’avoir droit à une « prime de vie chère » visant à compenser la faiblesse de notre dollar. Cette prime est maintenue, mais la méthode de calcul est revue de manière à coûter moins cher.

Fermeture de bureaux

Depuis l’élection des libéraux, le MRI a dû composer avec une coupe budgétaire de 5 millions annoncée en juin 2014, sur un budget total d’environ 100 millions.

Québec a fermé trois de ses bureaux à l’étranger : Taipei, Santiago et Moscou. La délégation d’Atlanta a été réduite. Le bureau du Québec à Berlin est devenu une simple antenne, celui de Washington a perdu sa vocation commerciale. On a fermé l’antenne installée depuis des années à Milan, en Italie.

En parallèle, Québec a annoncé son intention, qui demeure en suspens, d’ouvrir un bureau à Dakar, au Sénégal, d’assurer une présence dans la province du Shandong, en Chine, et aussi à Houston, au Texas.

Pour épargner davantage, le ministère a décidé en mars de vendre les résidences officielles du Québec acquises à Bruxelles, Munich, Londres et Mexico. On achètera de nouveaux appartements de fonction plus modestes.

Six mois plus tard, les résidences de Munich, de Mexico et de Bruxelles n’ont toujours pas trouvé preneurs, mais les choses ont bougé pour la résidence de Londres, dont la vente vient d’être conclue.

Québec a déjà acheté une nouvelle résidence pour loger le délégué de Londres, une transaction dont le montant n’a pas été dévoilé.

12 commentaires
  • André Nadon - Abonné 13 septembre 2015 17 h 50

    Le ratatinement continu.

    À peine 28% des francophones ont voté pour ce gouvernement.
    Pouquoi voudrait-il promouvoir nos intérêts? Les services diplomatiques du Canada qui nous aiment tellement et sont tous bilingues peuvent nous représenter à faible coût. Eux, au moins, s'occupent des vraies affaires.
    Allez. Un peu de compréhensions!!!

  • Roxane Bertrand - Abonnée 13 septembre 2015 18 h 15

    R.I.P.

    tout n'est pas mort encore .... mais le Couvernement Couillard n'a pas l'air de soutenir le rayonnement du Québec a l'étranger.

    Après tout, il doit se dire que ce n'est pas notre place car nous ne sommes qu'une simple province canadienne comme les autres.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 septembre 2015 19 h 08

      C'est vra ça qu'est-ce que l'on a à vouloir faire deux fois l'ouvrage. Après tout on est bien représenté par le gouverne canadien.


      On devrait fermer ces bureaux. Qu'est ce qu'on en sauverait de l'argent.

  • Robert Beauchamp - Abonné 13 septembre 2015 18 h 27

    On ferme la boutique

    «une transaction dont le montant n'a pas été dévoilé». quelle transparence. On ratatine la représentation à l'étranger, on ratatine les budgets octroyés à la santé en poussant vers le privé, à l'éducation, dans les garderies poussées vers le privé (contributeurs de caisse) les budgets du tourisme poussées là aussi vers le privé, on décloissone les vaches à lait (SAQ) on planche sur un rapatriement vers le fédéral des déclarations du revenu du Qc. Non monsieur Couillard vous êtres trop compliqué. Pourquoi ne pas tout simplement réduire et décréter le Québec «territoires du Nord-Est» avec une simple représentation à Ottawa utilisant une langue unique dans laquelle vous adorez vous exprimer. Ainsi tout serait plus clair et transparent. Un gouverneur suffirait assisté de sous-représentants sans recourir à des élections coûteuses en poussant à la retraite la brigade de députés de l'Assemblée nationale. Vous ne manquez pas de béni-oui-oui qui vous mettraient au parfum des tendances de l'opinion qui oseraient se manifester.

  • Cyr Guillaume - Inscrit 13 septembre 2015 18 h 35

    Pauvre Philippe Couillard

    Avoir une vision si pancanadienne, à long terme, lui coutera sans doute très cher politiquement, c'est-à-dire, dans un peu plus de trois ans.

  • Normand Renaud - Inscrit 13 septembre 2015 19 h 41

    Pauvreté

    Bon, les délégations touchées ne seraient sans doute pas d'importance, peut-être. Mais si ce sont des postes de cadres, j'imagine que les salaires eux demeurent, si en plus il y a des primes de départs ou mise à pied?
    Mme St-Pierre si vous pouvez nous répondre à ce sujet?