Un rôle actif qui nuit aux conservateurs

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard et la première ministre de l’Ontario. Kathleen Wynne
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard et la première ministre de l’Ontario. Kathleen Wynne

Même si la pression que Québec exerce sur le gouvernement fédéral pour qu’il accélère l’arrivée de réfugiés syriens nuit aux conservateurs dans la présente campagne électorale, Philippe Couillard refuse toujours de prendre parti comme l’a fait la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, pour les libéraux de Justin Trudeau.

« J’ai placé cette question au-dessus du jeu partisan de la campagne électorale », a soutenu le premier ministre Philippe Couillard lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue de l’Ontario, Kathleen Wynne, au terme de la rencontre des conseils des ministres québécois et ontariens.

Le premier ministre a souligné que son gouvernement avait joué un rôle actif dans la campagne au sujet des réfugiés syriens. « C’est ce qu’on a fait », a-t-il affirmé. « Elle [la discussion] avait déjà commencé, mais nous l’avons rendue plus présente dans l’esprit des gens. »

Ce débat « doit être fait alors que les partis sont en campagne. Il n’y a pas de problème à faire les deux en même temps », avance Philippe Couillard.

Kathleen Wynne a abondé dans le même sens. « C’est un enjeu humanitaire qui n’est pas partisan », a-t-elle dit. Le débat sur l’accueil des réfugiées coïncide avec la campagne, mais il n’en est pas une partie intégrante, estime-t-elle.

« C’est mon devoir de parler de cette question au nom du Québec et des Québécois », a fait valoir Philippe Couillard, qui a dit avoir été « profondément touché » par la situation des réfugiés syriens. « Un pays riche comme le nôtre doit faire plus, et on a les moyens de faire plus. »

Philippe Couillard ne s’étonne pas qu’Abdullah Kurdi, le père d’Aylan, le bébé mort dont la photo a fait le tour du monde, accuse le Canada d’être responsable de la tragédie. « Je comprends le papa d’Aylan d’avoir dit ces choses », a-t-il affirmé, signalant cependant qu’un membre de la famille a déclaré que cette mort avait servi à quelque chose, c’est-à-dire sensibiliser la communauté mondiale au sort des réfugiés syriens.

Philippe Couillard a dit s’inscrire dans la tradition récente du PLQ qui est de ne pas favoriser un parti ou un autre lors d’une élection fédérale, à l’exception du Bloc québécois que l’on combat. Il s’est contenté d’envoyer une liste de priorités aux chefs des partis fédéraux et, jusqu’ici, il n’a obtenu qu’une seule réponse, celle de Justin Trudeau, par écrit. Il s’attend à recevoir les réponses de Stephen Harper et Thomas Mulcair avant le 19 octobre.

Le mandat de PKP : insuffisant

Philippe Couillard juge insuffisant le mandat qu’a confié le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, pour la gestion de ses actions de contrôle de Québecor. « C’est clairement en deçà de ce qui est nécessaire », croit-il.

Mais le chef libéral n’a pas voulu s’étendre sur le sujet, préférant s’inspirer de la rencontre Québec-Ontario pour faire l’apologie du fédéralisme. « Voici notre projet, qui est un projet de construction, d’ouverture, d’alliances pour les Québécois, a-t-il lancé. L’idée fédérale, c’est l’idée moderne pour faire coexister les peuples. Et on la met en opposition avec l’idée d’isolation, l’idée du passé que promeut M. Péladeau. »

Un pays riche comme le nôtre doit faire plus, et on a les moyens de faire plus.

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