Héritages et aide sociale: le jugement fait réagir

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

Un groupe communautaire de la Mauricie et du Centre-du-Québec enjoint aux prestataires de l’aide sociale privés de leur héritage de se faire entendre et d’interpeller les tribunaux.

« En gros, on leur dit de faire valoir leurs droits parce qu’ils sont coupés injustement », a résumé mercredi le directeur de Solidarité régionale d’aide et d’accompagnement pour la défense des droits en santé mentale Centre-du-Québec-Mauricie (SRAADD). 

L’organisme se fait le porte-voix de personnes bénéficiant de l’aide sociale avec une contrainte sévère à l’emploi dont le chèque d’aide sociale a été coupé ces dernières années parce qu’ils avaient reçu un héritage. Or, plaide-t-il, la Loi sur l’aide aux personnes et aux familles avait été modifiée en 2007 justement pour protéger ces personnes. 

Comme le rapportait Le Devoir la semaine dernière, le Tribunal administratif a vivement critiqué cette façon de faire du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale dans une décision rendue en juillet. Ce jugement, dit le directeur du SRAADD, donne à son organisme les «munitions» qu’il attendait pour agir, a-t-il expliqué en entrevue au téléphone.

Lors d’une conférence de presse en matinée à Trois-Rivières, il a rendu publics trois jugements du Tribunal administratif, dont celui cité plus haut. Il fait valoir que c’est la pointe de l’iceberg puisque la majorité des personnes touchées ne contestent pas les décisions.

Son organisme a donc enjoint mercredi aux prestataires et à leurs familles de réclamer à leurs agents qu’on leur remette leurs prestations et de porter leur cause devant le Tribunal administratif par la suite avec le soutien de l’aide juridique.

Le ministre «sensible» au problème

Interpellé à ce propos, le cabinet du ministre Sam Hamad répète les propos tenus récemment par le porte-parole de son ministère. « L’ensemble est à l’étude », explique l’attaché de presse Salim Idrissi. Il ajoute que « s’il n’y avait pas une sensibilité à ce sujet, ce ne serait pas étudié ».

La Protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain interpelle le ministère depuis 2012 dans ce dossier. Dans son dernier rapport annuel, elle recommandait au gouvernement de modifier la loi et de rembourser les personnes dont les prestations avaient été coupées depuis.

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