Québec baissera l’impôt et haussera la TVQ

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao

Le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé jeudi que le gouvernement diminuera l’impôt sur le revenu, une baisse qui sera suivie d’une augmentation de la taxe de vente du Québec.

M. Leitao a déclaré que cette réforme permettra de mettre en œuvre les recommandations du rapport de la commission d’examen sur la fiscalité québécoise, présenté en mars.

Le ministre a affirmé qu’une hausse de la TVQ d’environ 1 % qui doit générer 1 milliard $ de revenus pour le gouvernement, sera précédée par une baisse des impôts pour une somme comparable.

M. Leitao a fait cette annonce avant de participer à une commission parlementaire chargée d’entendre les membres de la commission d’examen de la fiscalité, présidée par Luc Godbout.

«Mon intention, c’est de mettre en application les réformes proposées par la commission Godbout, a-t-il dit. (...) La réforme se tient dans son ensemble, c’est-à-dire pour baisser l’impôt sur le revenu, ce qui est ce que nous voulons faire, on a besoin de financer cette baisse par une hausse de taxes à consommation. C’est ça le cœur de la réforme.»

Selon le ministre, ces changements pourraient être présentés d’ici au prochain budget, pour une mise en œuvre au cours du mandat du gouvernement, qui se termine en 2018.

Cette réforme se fera à coût nul pour l’État, mais elle doit augmenter le revenu disponible des ménages, ce qui augmentera le produit intérieur brut, a estimé M. Leitao.

«Un tel changement de taxe, soit une baisse de l’impôt sur le revenu accompagnée d’une hausse des taxes à consommation, un tel changement c’est la chose la plus logique et la plus efficace à faire», a-t-il dit.

Le directeur de cabinet adjoint du ministre, Dominic Cormier, a affirmé par la suite qu’il ne faut pas conclure des propos du ministre qu’il a pris la décision d’aller de l’avant avec cette réforme.

«On n’a pas dit qu’on allait le faire, on n’a pas dit qu’on n’allait pas le faire, a-t-il dit. Là où on est rendu, c’est à l’étape des consultations.»

M. Cormier a été expliqué que l’objectif des consultations est de dégager un consensus.

«Aujourd’hui on n’a rien annoncé, a-t-il dit. Présentement il n’y a aucune annonce d’intention qui a été donnée.»

23 commentaires
  • François Bélanger Boisclair - Inscrit 3 septembre 2015 10 h 39

    Une bonne idée?

    Non, cette mesure va simplement encourager les Québécois à ne plus acheté local. Je n'achète déjà plus mon matériel électronique localement pour ne pas payer les «écosfrais» car je suis contre cette forme de taxation abusive.

    Nous payons déjà trop cher plusieurs produits dans nos magasin comparativement au prix de ventes en ligne. Si le gouvermenent du Québec augmente la TVQ, je ferais venir plus de produits d'autre province canadienne ou de l'extérieur du pays.

    Avec cette mesure, le parti Libéral du Québec ne stimule aucunement l'économie. Il la tue!

  • Jean-Marc Simard - Abonné 3 septembre 2015 10 h 49

    Logique néo-libérale en marche...

    « Un tel changement de taxe, soit une baisse de l’impôt sur le revenu accompagnée d’une hausse des taxes à consommation, un tel changement c’est la chose la plus logique et la plus efficace à faire », a dit M.Leitao...

    Qu'advient-il des retraités qui ne paient pas d'impôts, ceux qui reçoivent le revenu garanti ? Ils verront tout simplement leur pouvoir d'achat diminué par l'augmentation de la TVQ...Pas forte la logique de Leitao...C'est encore les plus riches qui récolteront le pactole...Merci Monsieur Leitao...

    • Robert Beauchamp - Abonné 3 septembre 2015 13 h 23

      Ainsi donc quelques-uns plus riches, et quelques autres plus pauvres. L'extrême droite à l'oeuvre. L'Institut économique de Montréal doit jubiler.

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 septembre 2015 10 h 57

    Bravo mon champion écomique

    Encore plus de taxes et le retour d'impôt comme d'habitude sera annulé et MOINS par la taxe. Augmentation du produit intérieur brut avec rien d'autre que de la manipulation mathémathique. Vous créez rien, vous coupez partout et maintenant un autre 1% après avoir augmenté de .25 il y pas longtemps, 9.5 à 9.75 et là 10.75% et pendant ce temps là le prix de l'épicerie explose.

    Le prix reste le même sur bien des produits, c'est la quantité qui est diminué. Ils nous prennent pour des cons ou quoi, la livre de bacon à 375g au même prix, un paquet de fromage qui était 340g maintenant à 250, 270g au même prix, une tarte qui était toujours à 1k maintenant à 750g pour le même prix et plus et plus et plus.

    Crime que je suis écoeuré de faire rire de moi. Celui qui a un bon ou gros salaire ne voit probablement pas ces subtilités mais quand ton revenue est ''bordeline'' tu mange tes bas et tu enrage quand tu entends ces minables te parler d'augmentation de produit intérieur brut avec une taxe et un retour d'impôt.

    Cette année M.Leitao, les retraités, vous allez nous donné un beau 5 piasses de plus sur not tchèque, ça va tu faire baissé le PIB ça monsieur.

  • Lucia Ferretti - Inscrite 3 septembre 2015 11 h 00

    Livrer le Québec sur un plateau d'argent

    Réduire les impôts veut dire renoncer à la faible autonomie fiscale du Québec vis-à-vis d’Ottawa, ou autrement dit à la petite marge de manœuvre que nous avons pour ajuster notre régime fiscal à nos propres priorités. Nous serons encore davantage à la remorque des choix d’Ottawa. Ceux-ci sont loin d’être toujours dans notre intérêt ou dans nos valeurs : qu’on pense simplement à l’abolition du crédit d’impôt fédéral pour les fonds de travailleurs ou aux mesures de fractionnement du revenu qui ont pour conséquence d’inciter les femmes à quitter le marché du travail. Moins de revenus fiscaux pour le Québec signifie moins de possibilité d’action.

    Réduire les impôts veut dire aussi, pour le Québec, une incapacité plus grande à contrer le déclin constant des transferts fédéraux en santé, et donc une pression supplémentaire à la privatisation.

    Augmenter la TVA par ailleurs, c’est une autre manière de se mettre à la merci d’Ottawa, à cause de la montée en flèche du commerce en ligne. Au Canada, c’est le gouvernement fédéral qui siège à l’OCDE et qui peut obliger les institutions financières émettrices des cartes de crédit à percevoir la taxe de vente du Québec sur les achats en ligne à l’extérieur du Québec. Or, Ottawa ne fait une priorité de ce dossier auprès de l’OCDE. Il est faux de prétendre que la baisse d'impôt sera entièrement compensée par l'augementation de la TVA, il y aura les pertes dues à l'impossibilité de récupérer entièrement celle-ci.

    Tout comme le projet de confier la perception de nos impôts à l’Agence canadienne du revenu, cette nouvelle décision vient simplement confirmer la détermination glaciale et furieuse de ce gouvernement de nous priver de tous nos moyens d’émancipation.

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 3 septembre 2015 13 h 33

      Mme Ferretti, connaissant la crédibilité certaine qui vous détenez en tant que professeur titulaire de l'UQTR, me permettez-vous d'utiliser votre commentaire et de le distribuer à l'occasion ?

      Merci de votre collaboration.

      Pierre Doucet

    • Lucia Ferretti - Inscrite 3 septembre 2015 14 h 20

      Oui, bien sûr, monsieur Doucet. Tous les commentaires sont publics. Et d'ailleurs, bien souvent, plusieurs participants apportent des arguments qui éclairent ma lanterne. Contente d'avoir pu vous rendre la réciproque aujourd'hui.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 3 septembre 2015 17 h 58

      «c’est le gouvernement fédéral qui siège à l’OCDE et qui peut obliger les institutions financières émettrices des cartes de crédit à percevoir la taxe de vente du Québec sur les achats en ligne à l’extérieur du Québec.
      Or, Ottawa ne fait une priorité de ce dossier auprès de l’OCDE»

      Que le fédéral soit le responsable des règlements que doivent appliquer les institutions de crédits on le comprend bien, mais que diable vient faire ce «priorité de ce dossier auprès de l’OCDE» ???

      http://www.oecd.org/fr/apropos/

  • Pierre Beaulieu - Abonné 3 septembre 2015 11 h 03

    C'est malade!

    Une autre mesure qui sourit aux plus riches: pour eux les dépenses sont comme fixes alors que leurs revenus augmentent constamment. Vous voyez l'astuce? Vive les gouvernements de droite!