Les Cris dénoncent un nouveau projet de loi sur la transparence

Les représentants cris entendus par la commission parlementaire affirme que de telles mesures auraient plusieurs effets négatifs sur le développement minier dans le Nord du Québec.
Photo: Source IOC Les représentants cris entendus par la commission parlementaire affirme que de telles mesures auraient plusieurs effets négatifs sur le développement minier dans le Nord du Québec.

Un projet de loi sur la transparence du secteur minier laisse entendre que les autochtones sont corrompus, a déclaré mercredi un représentant de la communauté crie.

Le vice-grand chef du Grand Conseil des Cris Eeyou Istchee, Rodney Mark, a plaidé pour que les entreprises minières ne soient pas obligées de dévoiler les avantages financiers versés aux communautés autochtones.

 

Les représentants cris entendus par la commission parlementaire étudiant le projet de loi 55 ont affirmé que de telles mesures auraient plusieurs effets négatifs pour les communautés cries et le développement minier dans le Nord du Québec.

Le négociateur Abel Bosum a exprimé la crainte que les gouvernements, notamment le fédéral, profitent de ces informations financières pour réduire d’autant leur financement envers les Cris.

Un avocat de la communauté, François Dandenault, a expliqué que la divulgation de ces renseignements pourrait entraîner une surenchère qui empêcherait de conclure des ententes.

 

Le député péquiste Bernard Drainville s’est opposé à cet argument en faisant valoir que cette transparence pourrait au contraire profiter à d’autres communautés autochtones qui négocient avec des entreprises minières.

« Ma réponse à ça, et je le dis très respectueusement, c’est: Bienvenue en démocratie, a-t-il dit. Bienvenue en démocratie, c’est une bonne chose que les gens sachent ce que les autres communautés ont réussi à négocier afin d’utiliser cette information pour avoir une entente aussi bonne ou même meilleure. »

M. Bosum a riposté que les Cris ne sont pas opposés à la divulgation des ententes qu’ils concluent, mais seulement des dispositions financières qu’ils préfèrent garder confidentielles.

« Nous aussi sommes un gouvernement public, a-t-il dit. Nous déclarons nos revenus, nos dépenses, dans des rapports de vérifications et des assemblées publiques, en toute transparence. »

M. Bosum a expliqué que les personnes concernées par le développement minier sont informées des dispositions financières lorsqu’il s’agit d’accepter ou non un projet minier sur le territoire d’une communauté.

« La définition de “public” dans le projet de loi, c’est pour tout le monde, a-t-il dit. Quel sera l’avantage du gouvernement du Québec d’avoir cette information ? Il y a une différence de définitions, quand on dit “public”. »

M. Mark a affirmé que le sous-texte du projet de loi, dont l’objectif est de lutter contre la corruption, porte atteinte aux pratiques des autochtones.

« Le sous-texte de ce projet de loi, il semble envoyer à l’industrie le message que ces mesures sont nécessaires parce que les communautés autochtones sont corrompues », a-t-il dit.

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