Le mariage PKP-Snyder relance le débat entourant le rôle de l’animatrice

«Je suis immensément émotive. […] C’est beaucoup d’amour que je reçois», a lancé Julie Snyder au moment de saluer la foule venue l’accueillir.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Je suis immensément émotive. […] C’est beaucoup d’amour que je reçois», a lancé Julie Snyder au moment de saluer la foule venue l’accueillir.

L’animatrice et productrice Julie Snyder ne constitue pas a priori une adversaire politique pour le Parti libéral du Québec. La donne pourrait toutefois changer.

« Ça dépend du rôle qu’elle voudra elle-même jouer », a affirmé le chef libéral Philippe Couillard dimanche, au lendemain du mariage de Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder. « C’est à elle de décider si elle veut elle-même faire partie du débat politique », a-t-il ajouté.

Le premier ministre s’est refusé à conjecturer sur les retombées politiques du « mariage de l’année » (expression employée par Le Journal de Montréal) sur le Parti québécois. « Je me bornerai à lui [M. Péladeau] souhaiter tout le bonheur possible, de même qu’à sa conjointe et […] à tous les couples québécois qui se sont mariés cet été ou qui le feront cet automne », a-t-il dit en point de presse.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a pour sa part reproché au couple Péladeau-Snyder d’être tombé dans l’extravagance. « Cérémonie très symbolique : la majorité des Québécois n’ont pas les moyens de se payer ni le vélo de PK, ni l’auto de J, ni l’option du PQ !!! », a-t-il déploré sur le réseau social Twitter.

Des internautes ont rapidement accablé l’élu libéral de reproches. Plusieurs lui ont rappelé la somptueuse indemnité de départ (1,2 million de dollars) qu’il a touchée au moment de son départ de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Chose certaine : le mariage du couple Péladeau-Snyder a piqué la curiosité de la classe politique. Deux élus libéraux, dont un ministre senior, ont été aperçus à visionner durant les discours de clôture du congrès-jeunes du PLQ une vidéo montrant l’arrivée de M. Péladeau et Mme Snyder à la chapelle de l’Amérique francophone.

Julie Snyder s’est présentée samedi soir avec plus de 75 minutes de retard dans le bâtiment historique du Vieux-Québec, où l’attendaient son futur mari, Pierre Karl Péladeau, et plus de 400 invités triés sur le volet. « Je suis immensément émotive. […] C’est beaucoup d’amour que je reçois », a-t-elle lancé sous les applaudissements d’un millier d’admirateurs massés sur la côte de la Fabrique.

La femme de 48 ans était vêtue d’une robe signée Jean Paul Gaultier. « C’était mon rêve de petite fille de porter un jour une robe de Jean Paul Gaultier », a-t-elle déclaré à la presse, tout en serrant fermement la main de sa fille, Romy. L’artiste a aussi porté durant la soirée des créations de Denis Gagnon et de Julie Pesant (Éditions de robes). « C’est la France et le Québec qui sont à l’honneur au niveau de la mode ce soir », a dit Mme Snyder.

L’animatrice de la populaire émission Le banquier s’est rendue dans le Vieux-Québec dans une voiture électrique Tesla sur laquelle avaient été fixés deux drapeaux fleurdelisés. Au volant, l’ex-ministre Daniel Breton a à peine effleuré du pied l’accélérateur, ce qui a permis à la « démone » de saluer ses admirateurs tout au long du parcours entre l’hôtel Le Germain et le Musée de l’Amérique francophone. « Je n’ai jamais vu une Tesla rouler aussi lentement », a blagué M. Breton. L’ancien chroniqueur automobile s’est déjà fait arrêter par la police pour avoir roulé à 275 km/h sur l’autoroute avec une Porsche.

Le chef du PQ, Pierre Karl Péladeau, et son fils, Thomas, avaient gagné, plus d’une heure auparavant, le Musée de l’Amérique francophone sur un tandem de marque Louis-Garneau. L’homme de 53 ans, qui a effectué quelques chutes de vélo au cours des dernières années, est arrivé sans égratignures. Après avoir retiré son casque, le futur marié a multiplié les poignées de main et les égoportraits avec des badauds, qui ont attendu derrière des barricades (parfois durant de longues heures) l’arrivée du « showbiz » québécois. « Je suis très ému de l’attention que la population nous porte à Julie et à moi », a-t-il affirmé à la presse.

M. Péladeau s’est refusé à « faire de la politique […] sinon pour saluer la fête des Acadiens et des Acadiennes ».

M. Péladeau et Mme Snyder ont été mariés par le maire de Québec, Régis Labeaume, sous le regard de dizaines de personnalités politiques, dont les ex-premiers ministres Pauline Marois et Bernard Landry, la vaste majorité des élus du PQ, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le maire de Montréal, Denis Coderre.

Événement mondain… et politique ?

Aux yeux du directeur exécutif de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, Éric Montigny, les Québécois ont assisté samedi soir à « de la politique spectacle ». Le mariage du couple Péladeau-Snyder revêt un « intérêt politique certain », selon des observateurs politiques consultés par Le Devoir. L’événement « mondain » servirait à « adoucir » l’image d’homme d’affaires sans pitié de M. Péladeau.

Julie Snyder a démontré ses talents de « pédagogue » du projet de pays du Québec, ce qui en fait une force pour le mouvement indépendantiste, a fait valoir de son côté l’ancien chef du gouvernement québécois Bernard Landry. « Elle exprime bien ses convictions. » L’entrée en scène de Julie Snyder pourrait-elle se traduire par une hausse des appuis au projet souverainiste ? « La politique, ce n’est pas une science exacte. Il faut voir. C’est possible », a répondu M. Landry.

Julie Snyder se décrit comme « une personnalité de télé ». Son mariage avec le chef du PQ y changera-t-il quelque chose ? « Je suis une femme avec mes convictions, comme plusieurs artistes. »

15 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 17 août 2015 02 h 31

    Mes meilleurs voeux de bonheur

    Au plus récent chef du PQ, (et le plus ambitieux, cela va sans dire), et à sa conjointe! Vive le Québec libre avec à sa tête le couple Péladeau-Snyder! Je me dispenserais de commenter les propos de M.Barette tellement c'est petit, mesquin et vicieux! Franchement, quel manque de classe!

  • Yves Côté - Abonné 17 août 2015 04 h 16

    Médiocre Tartuffe...

    Viande à chien !, depuis quand le ministre de la Santé et des Services sociaux, Monsieur Gaétan Barrette, s'intéresse-t-il à ce que les humbles ressentent ?
    Vaudrait mieux qu'il se préoccupe activement et avec beaucoup humilité à l'accessibilité des soins pour tous au Québec.
    Il serait nettement plus dans son mandat électoral et dans sa mission nominative de s'occuper de cela que de faire dans les commentaires mondains...
    Quel médiocre Tartuffe que celui-là !

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 août 2015 05 h 17

    «Ma» madame

    «C’est à elle de décider si elle veut elle-même faire partie du débat politique », a-t-il ajouté.

    Dois-je comprendre que Madame Couillard ne pourra plus accompagner notre cher premier ministre dans ses fonctions officielles et électorales non plus ? Et que nous n'aurons plus la chance extraordinaire d'entendre s'amuser au micro Madame Legault ? Ou bien, notre cher premier ministre est-il un misogyne sélectif ? Ces merveilleuses épouses ne parlent-elles pas aux électeurs, ne font-elles pas de la cabale pour leurs époux ? Ce serait bien triste de les voir disparaitre de la scène.

    Mais, des fois, quand on met le pied dedans, ça laisse des traces sur les bottines. Comment un Homme peut-il se sentir assez «faible» pour attaquer la Femme d’un autre ? Je ne perçois aucune «grandeur politique» dans une position semblable, que de la faiblesse et de la mesquinerie (pour rester poli).
    «C’est pas votre meilleure, celle-là, M le Premier Ministre temporaire.»; nous voyons votre vrais visage aujourd’hui et c’est pas joli joli.

    Avec celle de notre Ministre Barrette, ça fait la paire qui prouve encore une fois que l’instruction et l’éducation sont deux choses complètement différentes et non reliées.

    Question : Quand entendrons-nous les positions de vos suppôts coutumiers ?

    PL

  • Hélène Gervais - Abonnée 17 août 2015 06 h 55

    C'est certain que notre Julie nationale ...

    va apporter des votes au PQ. Mais entre vous et moi, il faudra que ces personnes qui votent pour une personnalité n'oublient pas ce qu'il y a en arrière et comprennent que nous votons avant tout pour construire un pays. J'ai quelques craintes que ces gens ne s'en rendent pas compte. Un pays se construit avec une majorité qui y croit, la plus forte possible, car ce ne sera pas si facile que cela de le construire.

    • Sylvain Rivest - Abonné 17 août 2015 09 h 04

      ...Vous savez madame Gervais, les gens qui votent pour le statu quo, depuis 1980, votent également pour une personnalité et en savent pas plus sur ce qu'il y a derrière ce choix et son impact.

      Jamais les gens n’ont eu l'heure juste sur la fédération. Car le débat, le vrai, a toujours été étouffé par des campagnes de peur.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 août 2015 09 h 25

      Bof ! Madame, y des gens qui ont voté Couillard parce qu'il a l'air intelligent.

      PL

  • Gilles Delisle - Abonné 17 août 2015 07 h 14

    Propos minables de Barrette et de Couillard!

    Alors que les seules paroles politiques de M. Péladeau furent adressés au peuple acadien pour souligner leur Fète Nationale, les Barrette et Couillard se sont comportés comme des petits truands, saluant tous les couples mariés de l'été 2015 pour mieux diluer l'événement heureux de son adversaire politique , pour l'un, et des propos inqualifiables pour l'autre. M. Castonguay ne l'avait-il pas qualifié d'ailleurs de " malapris", ou quelque terme du genre, pour désigner ce M. Barrette.