Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder se disent «oui»

À n’en point douter l’animatrice et productrice Julie Snyder a le sens du spectacle. Elle s’est présentée avec plus de 75 minutes de retard à la chapelle de l’Amérique francophone samedi soir où l’attendaient son futur mari, Pierre Karl Péladeau, et plus de 400 invités triés sur le volet. Mme Snyder a dit « oui » à M. Péladeau.

« Je suis immensément émotive. […] C’est beaucoup d’amour que je reçois », a-t-elle lancé sous les applaudissements d’un millier d’admirateurs massés sur la côte de la Fabrique à Québec. « Julie! Julie! Julie! » scandait la foule. Le Vieux-Québec accueillait samedi soir l’événement « people » de l’été.

La femme de 48 ans était vêtue d’une robe signée Jean Paul Gaultier. « C’était mon rêve de petite fille de porter un jour une robe de Jean Paul Gaultier », a-t-elle déclaré à la presse, tout en serrant fermement la main de sa fille Romie. L’artiste a aussi porté durant la soirée des créations de Denis Gagnon et de Julie Pesant (Éditions de robe). « C’est la France et le Québec qui sont à l’honneur au niveau de la mode ce soir », a dit M. Snyder.

La vedette du petit écran s’est rendue dans le cœur historique de la Ville de Québec à bord d’une rutilante automobile électrique Tesla sur laquelle avaient été fixés deux drapeaux fleurdelisés. L’ex-ministre Daniel Breton était au volant. Il a conduit prudemment, permettant à la « démone » de saluer ses admirateurs tout au long du parcours entre l’hôtel Le Germain et le Musée de l’Amérique francophone. « Je n’ai jamais vu une Tesla rouler aussi lentement », a blagué M. Breton, après avoir garé la voiture. L’ancien chroniqueur automobile s’est déjà fait épingler par les forces policières pour avoir filé à 275 km/h au volant d’un Porsche.

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, et son fils Thomas avaient gagné, plus d’une heure plus tôt, le Musée de l’Amérique francophone sur un vélo tandem. L’homme de 53 ans, qui a effectué de vilaines chutes de vélo au cours des dernières années, est arrivé sans égratignures. Après avoir retiré son casque, le futur marié a multiplié les poignées de main et les égoportraits avec des badauds, qui ont attendu derrière des barricades — parfois durant de longues heures — l’arrivée du « show-biz » québécois. « Je suis très ému de l’attention que la population nous porte à Julie et à moi », a affirmé M. Péladeau. Le magnat de la presse s’est dit « très nerveux », davantage même qu’à la veille de sa première question à titre de chef de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.

M. Péladeau s'est refusé de « faire de la politique […] sinon pour saluer la fête des Acadiens et des Acadiennes », a-t-il déclaré aux médias.

M. Péladeau et Mme Snyder ont été mariés par le maire de Québec Régis Labeaume sous le regard de dizaines de personnalités politiques, dont les ex-premiers ministres Pauline Marois et Bernard Landry, d’artistes (Michel Rivard, Michel Barrette, Guylaine Tremblay, Denise Filiatrault, Éric Lapointe et plusieurs autres) et de quelques chefs d’entreprise. C’est l’animateur français Michel Drucker qui se tenait aux côtés de « PKP » lorsqu’il a lu ses vœux de mariage.

Les journalistes ont été tenus à l’écart de la cérémonie. Les portes du Musée de l’Amérique francophone ont néanmoins été ouvertes toute la journée. La Sûreté du Québec avait toutefois demandé samedi matin à la direction de l’établissement de suspendre les visites guidées.

Événement mondain… et politique?

Le mariage du couple Péladeau-Snyder  revêt un « intérêt politique certain », selon des observateurs politiques consultés par Le Devoir. L’événement « mondain », « people » à coup sûr à « adoucir » l’image d’homme d’affaires sans pitié qui colle à la peau de M. Péladeau, ont souligné Robert Bernier (ÉNAP) et Christian Dufour plus tôt cette semaine au Devoir. Aux yeux du directeur exécutif de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires, Éric Montigny, les Québécois ont assisté samedi soir à « de la politique spectacle ».

Pour le comédien Claude Meunier, « il y a inévitablement » une facette politique au mariage de Pierre Karl Péladeau et de Julie Snyder. « Ça a sûrement un impact médiatique. Politique, je ne suis pas sûr, je ne suis pas certain pantoute. C’est un mariage, il ne faut pas virer fou », a-t-il dit aux journalistes.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n’a pas voulu hasarder sur les retombées politiques de l’union, hyper médiatisée, de M. Péladeau et Mme Snyder. « Les gens sont sympathiques, c’est ça de pris », s’est-il contenté de dire, pointant les centaines de spectateurs.

Julie Snyder a démontré ses talents de « pédagogue » du projet de pays du Québec, ce qui en fait une force pour le mouvement indépendantiste, a fait valoir de son côté l’ancien chef du gouvernement québécois Bernard Landry. « Elle exprime bien ses convictions. » L’entrée en scène de Julie Snyder pourrait-elle se traduire par une hausse des appuis au projet souverainiste? « La politique, ce n’est pas une science exacte. Il faut voir. C’est possible », a répondu M. Landry.

Chose certaine, l’animatrice du Banquier peut attirer les foules. « Je l’aime Julie Snyder. Elle très intelligente. Elle a beaucoup d’humour. Elle est près des gens. Lui [M. Péladeau], je ne le connais pas tellement », dit Janine aux premières loges pour assister à l’arrivée des Marie Mai et Charles Lafortune.

Aude s’est rendue dans le Vieux-Québec pour « voir cet événement hautement politique ». Ils ont scellé leur union à l’intérieur de la chapelle du Musée de l’Amérique francophone, souligne-t-elle. « Quoi de plus significatif! » La sympathisante péquiste — et bloquiste, précise-t-elle — salue aussi le couple Péladeau-Snyder pour avoir montré son « souci du Québec d’abord » en offrant une variété de produits québécois aux convives.

Plus de 30 ans après sa première apparition au petit écran, Julie Snyder se décrit avant tout « une personnalité de télé ». « Je suis une femme avec mes convictions, comme plusieurs artistes ont des convictions », a-t-elle déclaré. « Julie fait beaucoup ça dans sa carrière : briser des murs et des barrières », a soutenu l’ex-star académicienne Marie Mai avant de se diriger vers la cour intérieure du Petit séminaire de Québec.

« S’ils veulent faire de la politique, ils en feront. On est ici pour célébrer leur bonheur, simplement », a indiqué le maire de Montréal, Denis Coderre.

Le PQ a mis en ligne une carte de souhaits virtuelle sur son site Web, invitant les internautes à y ajouter leur nom et leur adresse électronique. Peut-être recevront-ils en échange de leurs bons vœux des messages de M. Péladeau ou de Mme Snyder d’ici aux élections générales de 2018. 
12 commentaires
  • Sylvain Bolduc - Inscrit 15 août 2015 20 h 58

    Comment symbolique

    Plein de beaux symboles et de messages positifs dans cette cérémonie. Quel bel exemple de patriotisme. On ne peut pas en dire autant de nos dirigeants ....

  • Yvon Bureau - Abonné 15 août 2015 21 h 50

    Enfin,

    c'est fait.

  • Yves Côté - Abonné 16 août 2015 06 h 14

    Le Québec vaut bien...

    "Paris vaut bien une messe...", a-t-on dit.
    Alors, Le Québec vaut bien un mariage !, dirais-je à cette suite, en forme de bref clin d'oeil sympathique à tous les indépendantistes du Québec.

    Cet événement ne règlera rien de nos affaires concrètes, mais que nos plus sincères Voeux de bonheur aillent quand même vers le couple ?

    Tourlou !

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 16 août 2015 13 h 12

      "Paris vaut bien une messe"

      Henri IV fut un des plus grand roi de France. Sans l'appui de ce roi, Champlain ne serait certainement pas devenu le découvreur qu'il fut. Alors oui le Quebec vaut bien un mariage, sans messe...

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 16 août 2015 06 h 41

    … Mazal Tov !

    « Je suis très ému de l’attention que la population nous porte à Julie et à moi » (Pierre Karl Péladeau, chef, PQ)

    Mazal Tov Julie et Pierre pour cette « émotion » qui, vibrant de cœurs et de roses, donne à rêver, à habiter et fructifier tout autant ce dont on s’aime que ce dont on sème : youppie !

    De cette émotion comme en voyage (A) …

    … Mazal Tov ! - 16 août 2015 -

    A : https://www.youtube.com/watch?v=zmMW7-XtA5A

  • Colette Pagé - Inscrite 16 août 2015 08 h 36

    Que nos voeux de bonheur les accompagnent !

    Mariage de "peoples", une première aussi médiatisée en politique, qui démontre qu'au Québec comme ailleurs des Québécois n'ont pas peur d'afficher leur réussite.
    Bien évidement, tout n'est pas gagner d'avance car il demeure plus facile de réussir sa carrière que son union. Mais bon, souhaitons aux nouveaux époux la meilleure des chances et laissons aux âmes tristes leurs commentaires désagréables.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 août 2015 10 h 36

      Ben oui, il semble que notre ministre de la médecine s'est laissé aller. Ce qui prouve que l'instruction et l'éducation, ce n'est pas la même chose.

      PL

    • Gilles Théberge - Abonné 16 août 2015 12 h 05

      J'aime votre première phrase. N'ayons pas peur. Je crains seulement que les Québécois ne s'en souviennent plus quand viendra le temps d'exprimer cette même confiance en soi, en n'ayant pas peur justement de se donner un pays qui leur appartienne vraiment.

      Le syndrome du locataire est hélas très présent dans l'esprit de beaucoup.