Les jeunes sont derrière Couillard, dit Nicolas Perrino

«Le débat sur les droits de scolarité, c’est réglé ! On n’entrera pas là-dedans», lance Nicolas Perrino.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir «Le débat sur les droits de scolarité, c’est réglé ! On n’entrera pas là-dedans», lance Nicolas Perrino.

Le président de la Commission-Jeunesse du PLQ, Nicolas Perrino, se porte à la défense du gouvernement libéral, accusé de chercher à tout prix à atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016.

« Les gens ont réalisé que tout le monde devait faire un effort », soutient-il dans une entrevue avec Le Devoir. La modulation des tarifs des services de garde éducatifs à l’enfance — une mesure parmi d’autres — « fait partie de cet effort-là », explique-t-il.

D’ailleurs, M. Perrino se réjouit que le chef du gouvernement, Philippe Couillard, ait maintenu le rythme de la réorganisation en santé et en éducation ainsi que du redressement des finances publiques malgré la levée de boucliers d’acteurs de la société civile, qui l’accusent de démanteler l’État québécois au moyen de coupes tous azimuts. « Ça fait 40 ans qu’il aurait dû le faire. »

Selon M. Perrino, la « majorité des jeunes partage les mêmes valeurs que le gouvernement ». Cela dit, il dissuade l’équipe Couillard d’accabler les étudiants, par une hausse de leur facture de cégep ou d’université par exemple. « Le débat sur les droits de scolarité, c’est réglé ! On n’entrera pas là-dedans », lance-t-il, gardant en souvenir les événements du printemps 2012. Selon lui, « le dialogue est mieux peut-être » aujourd’hui entre le gouvernement et la population qu’il ne l’était sous l’ère Charest.

Les libéraux ne sont pas derrière une « thatcherisation du Québec », soutient M. Perrino. « [Dans la Grande-Bretagne des années 1980], il y avait des manifestations de violence. On n’a pas eu ça. On l’a fait de manière progressive [la réduction de la croissance des dépenses]. »

Abolition des Forums jeunesse

 

Le président de la CJ-PLQ ne s’émeut pas de l’arrêt du financement des Forums jeunesse, y voyant même une bonne décision. M. Perrino a lui-même siégé à un Forum jeunesse. À Montréal, « je ne peux pas dire qu’on changeait le monde », lâche-t-il. « L’intention était bonne. Mais il y avait de meilleures manières de desservir la population », poursuit-il. En abolissant cet « intermédiaire », « l’argent va [dorénavant] directement aux gens qui en ont de besoin », plaide-t-il.

Les Carrefours jeunesse emploi subsistent, fait-il remarquer. Les Conférences régionales des élus (CRE) ont pour leur part passé à la trappe, affaiblissant les Centres locaux de développement (CLD). Les chambres de commerce pallient l’absence des CRE. « Ça fonctionne très bien. Et, l’argent est là. [Par ailleurs], tu n’as pas besoin que le gouvernement te dise de t’asseoir ensemble. »

Le pays, l’affaire de la « génération Péladeau »

Une nette majorité de jeunes tournent le dos au projet de pays du Québec. L’arrivée de Pierre Karl Péladeau aux commandes du Parti québécois n’y changera rien, croit dur comme fer M. Perrino. « Ils pensent qu’ils ont élu leur sauveur. Je ne partage pas cette vision-là. […] On n’est pas dans le Québec de 1980. On n’est pas dans le Québec de 1995. Les gens sont beaucoup plus ouverts sur le monde », déclare-t-il.

Le jeune homme dépeint l’indépendance du Québec comme un « enjeu » dépassé, appartenant à « la génération de M. Péladeau ». « Nous, on est ouverts sur le monde. Lui, il l’est peut-être moins », ajoute-t-il.

Les jeunes « libs » seront réunis autour du thème « Un Québec à la hauteur de tes ambitions » à l’occasion du 33e Congrès-Jeunes, samedi et dimanche, à Shawinigan. « En fin de semaine, on va parler de développement économique régional. On ne parlera pas de la [présence] de Pierre Karl Péladeau dans les médias québécois. On ne parlera pas de ça. »

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