Le Dr Barrette nie toute ingérence

Gaétan Barrette
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a rejeté en bloc, vendredi, les allégations du président démissionnaire du conseil d’administration du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), Jean-Claude Deschênes. Furieux, Gaétan Barrette jure n’avoir rien à se reprocher et accuse l’administrateur de tenir des propos diffamatoires.

Le président du conseil d’administration du CHUM a claqué la porte pour une deuxième fois en cinq mois, révélait Le Devoir dans son édition de vendredi. Administrateur d’expérience, M. Deschênes allègue que le ministre n’a pas respecté les conditions sur lesquelles ils s’étaient entendus pour assurer son retour au CA et celui de l’ex-p.-d.g. du mégahôpital, Jacques Turgeon, en mars dernier, déplorant l’ingérence du Dr Barrette.

Celui-ci a tout nié lors de divers entretiens dans la plupart des grands médias québécois vendredi… mais pas Le Devoir. Après avoir indiqué que le ministre accorderait une entrevue au Devoir en matinée, le cabinetdu ministre Barrette s’est ravisé en fin d’après-midi.

« Malheureusement, il décline la demande du Devoir », a indiqué l’attachée de presse, Joanne Beauvais, citant les révélations faites dans ce quotidien le jour même pour justifier ce refus. Le ministre aurait préféré être directement cité dans l’article faisant état de la démission du président du conseil d’administration du CHUM, semble-t-il. « On ne commentera pas a posteriori », a tranché l’attachée de presse.

Le ministre a « défié quiconque dans l’organisation du CHUM, quiconque, de faire la démonstration que j’ai fait une intervention qui s’approche même un peu de l’ingérence », lors d’un entretien avec La Presse canadienne.

« Monsieur n’est pas content que [la nomination d’un nouveau conseil d’administration] n’aille pas assez vite à son goût », a tonné le ministre. Alors que la loi 10 prévoit la nomination des différents CA des établissements de santé d’ici l’automne, M. Deschênes soutenait que Québec avait promis de nommer le CA dès le mois d’avril. Cela n’a toujours pas été fait.

« Je ne suis pas au-dessus des lois. Il trouve que ça ne va pas assez vite, moi aussi, c’est normal. Il y a encore des entrevues qui sont faites, j’ai encore des comités d’experts, au moment où on se parle, qui me demandent de rencontrer d’autre monde parce qu’ils veulent faire du fine tuning. C’est la loi, ce n’est pas moi », a martelé le ministre. Le nouveau CA du CHUM sera nommé en septembre, a-t-il précisé à l’agence de presse.

M. Deschênes avait soutenu que l’entente avec Québec promettait un accès direct au bureau du premier ministre en cas de besoin. Le ministre réplique qu’il « n’y a pas eu de demande de problème à régler au CHUM au bureau du premier ministre ».

« J’ai confirmé avec le bureau du PM ce matin, a-t-il insisté. S’il y a un problème, un p.-d.g., un président de CA peut appeler au bureau du PM, mais, pour les affaires courantes, je ne pense pas que le bureau du PM va gérer l’achat du papier de toilettes de l’hôpital. Il est où, le problème ? »

Rappelons que, après avoir quitté le CHUM à une première reprise en mars, le p.-d.g., Jacques Turgeon, et le président du CA, Jean-Claude Deschênes, étaient rentrés dans le rang, quelques jours plus tard, suivant une intervention du premier ministre, Philippe Couillard. Dans une conférence de presse au cours de laquelle ils avaient louangé le ministre Barrette, les deux hommes avaient affirmé qu’ils auraient toute la latitude nécessaire pour faire leur travail.

À voir en vidéo