La banque de données de l’ISQ sera maintenue, assure Québec

Le ministre Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre Carlos Leitão

La banque de données des statistiques officielles (BDSO) sur le Québec ne sera pas mise hors ligne. Après une rencontre téléphonique avec le directeur de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), le cabinet du ministre des Finances a indiqué que ce guichet unique survivra.

Le site Web de la BDSO indique que la mise à jour a repris depuis jeudi. La décision de l’abolir, vivement décriée par ses utilisateurs, avait été justifiée par des contraintes budgétaires.

On se réjouit de cette annonce à l’ISQ tout en se refusant à faire davantage de commentaires, puisque des discussions auront cours dans les prochaines semaines afin de trouver une façon de la maintenir.

Par la voix de son directeur de cabinet adjoint, le ministre Carlos Leitão avait déclaré n’être « pas à l’aise » avec la fermeture de la BDSO. « Notre intention de la garder ouverte est assez bien démontrée », a insisté jeudi Dominic Cormier. Le ministère entend maintenant mettre son poids dans la balance pour convaincre les 28 ministères et organismes dont les données y sont publiées de contribuer à sa viabilité financière. La BDSO coûte environ 1 million de dollars à maintenir annuellement.

M. Cormier explique plusieurs des statistiques qui se retrouvent dans cette mine de renseignements doivent être obligatoirement divulguées. « Si la BDSO n’existe plus, les ministères et organismes concernés devront réaliser des investissements pour trouver d’autres façons de les rendre publiques », affirme-t-il. Son ministère, et le Conseil du trésor, promettent donc de faire le tour.

André Lemelin, professeur d’économie à l’Institut national de recherche scientifique (INRS), qui avait dénoncé la disparition de la BDSO dans nos pages, se réjouit de son maintien. Il se dit cependant « méfiant des conséquences [de ces compressions budgétaires] sur les autres activités de l’ISQ ». Il compare la situation aux budgets amputés des bibliothèques scolaires, situation qui avait déclenché de vives réactions l’automne dernier. « On donne l’ordre de couper et quand cela soulève un tollé, on donne l’ordre de ne pas couper là, mais ailleurs », déplore-t-il.