Les Innus obtiennent une rencontre

L’impasse entre le chef des Innus de la communauté de Nutashkuan, Rodrigue Wapistan, et le premier ministre s’est finalement dénouée vendredi dernier. Les barricades qui bloquaient l’accès depuis mercredi au chantier du projet hydroélectrique de La Romaine, sur la Côte-Nord, ont été retirées et une rencontre aura lieu mercredi.

M. Wapistan n’en démordait pas : le blocus durerait tant que Philippe Couillard n’accepterait pas de le rencontrer. « Je ne demande pas le ciel. Je veux simplement avoir une discussion en tête à tête avec lui », avait-il déclaré. L’entente, survenue tard en soirée, prévoit la tenue d’une rencontre ce mercredi 22 juillet, qui réunira le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ainsi que M. Wapistan.

En marge du Conseil de la fédération, le premier ministre avait pourtant opposé une fin de non-recevoir, jeudi, à la demande du chef Wapistan, indiquant que « la voie de la négociation risque de réussir, celle de la confrontation ne réussira pas ».

La possibilité d’utiliser une injonction pour ordonner le démantèlement de la barricade avait été évoquée par Les Innus estiment qu'Hydro-Québec met en péril l’environnement avec le mégaprojet de La Romaine et bafoue leurs droits territoriaux et aussitôt dénoncée par le chef de la communauté : « Une injonction d’Hydro-Québec ne ferait qu’attiser notre colère et notre détermination. »

Entente en jeu

 

Les Innus estiment que la société d’État met en péril l’environnement avec le mégaprojet de La Romaine et bafoue leurs droits territoriaux. Ils affirment que le non-respect de l’entente Nanemessu-Nutashkuan, conclue en 2008, « n’est qu’un des exemples de la mauvaise foi du gouvernement à notre égard ». Ils reprochent ainsi à Hydro-Québec d’avoir inondé les bassins 1 et 2 sans les avoir avertis et, surtout, en y laissant la moitié du bois, contrairement à ce que prévoyait l’évaluation environnementale.

Outre la perte de la récolte, les Innus signalent que cette façon de procéder entraîne de fortes augmentations des taux de mercure dans l’eau, ce qui porte atteinte à la faune et, conséquemment, à leurs activités de chasse et de pêche.

1 commentaire
  • Donald Bordeleau - Abonné 20 juillet 2015 19 h 41

    Faux problème

    Qu'il y est des coupes ou pas cela ne change rien car il y aura de toute façon une légère augmentation du mercure dans l'eau pour plusieurs décennies.

    Après vingt ans la qualité de l'eau est presque semblable à un secteur vierge.