Couillard presse les Innus de privilégier «la voie de la négociation»

M. Kelley s’explique mal la levée de boucliers des Innus de Nutashkuan. Les négociations entre la nation innue et le gouvernement du Québec vont <em>«bon train»</em>, dit-il.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir M. Kelley s’explique mal la levée de boucliers des Innus de Nutashkuan. Les négociations entre la nation innue et le gouvernement du Québec vont «bon train», dit-il.
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, presse la communauté de Nutashkuan de privilégier la voie de la négociation à celle de la confrontation, qui est vouée à l’échec. 

«Il faut choisir dans la vie. On choisit la voie de la négociation ou on choisit la voie de la confrontation. La voie de la négociation risque de réussir, celle de la confrontation ne réussira pas», a-t-il déclaré en marge du Conseil de la fédération jeudi après-midi.
 

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, avait demandé en début de journée au chef Rodrigue Wapistan de lever la barricade bloquant l’accès au méga chantier de la Romaine, à proximité de Havre-Saint-Pierre.

Il a appelé le leader de la communauté innue à «retourner à la table [des négociations]». Personne ne veut revivre la crise d’Oka, qui, «il y a 25 ans, a fait que des victimes», a-t-il souligné lors d’un impromptu de presse.

 

M. Wapistan a posé une condition: un tête-à-tête avec le premier ministre Philippe Couillard, à Havre-Saint-Pierre, afin de trouver une issue au bras de fer entre Nutashkuan et Hydro-Québec. Les protestataires estiment que la société d'État bafoue leurs droits territoriaux sur la Côte-Nord en «mett[ant] en péril» l'environnement avec son méga projet hydroélectrique. 

 

Le chef du gouvernement québécois n’a pas acquiescé à sa demande. «Ce n’est pas à moi de dire aux Innus qui serait leur représentant. Ce n’est pas à eux de [dire] qui sera notre représentant», a fait valoir M. Couillard. «C’est impossible. Si tout le monde commence à bloquer des routes pour avoir accès au premier ministre… la société ne peut pas fonctionner comme ça», a affirmé de son côté M. Kelley.

Impacts «minimes»

Le ministre responsable des Affaires autochtones a qualifié de «minimes» les impacts du barrage de la route menant au chantier d’Hydro-Québec sur la rivière La Romaine. «À court terme, pas sûr qu’il y ait des coûts liés à ça», a-t-il dit, expliquant que les travailleurs désertent le site «à la veille de la fermeture» pour les vacances de la construction.


Par ailleurs, M. Kelley s’expliquait mal la levée de boucliers des Innus de Nutashkuan. Les négociations entre la nation innue et le gouvernement du Québec vont «bon train», a-t-il soutenu. «On fait beaucoup avec les Innus actuellement», a poursuivi M. Couillard, disant du même souffle être disposé à conclure avec les représentants innus une entente de cogestion forestière calquée sur celle avec les Cris.


M. Kelley s’est engagé à relire l'Entente Nanemessu-Nutashkuan conclue entre la communauté et le gouvernement en juillet 2008 «pour s’assurer que les obligations [y figurant] ont été respectées».


Le Secrétariat aux affaires autochtones et le ministère de la Sécurité publique demeureront en «contact constant» aussi longtemps que les barricades tiendront, a-t-il précisé.

3 commentaires
  • Gilles Gagné - Abonné 16 juillet 2015 17 h 49

    Tout le monde le sait pour avoir accès au PM il ne faut pas bloquer les routes, il faut les construire. Une certaine commission l'a démontré.

  • François Bélanger Boisclair - Abonné 16 juillet 2015 20 h 22

    OKA 2.0?

    Il serait temps que le gouvernement mette ses culottes. Lors de la crise d'Oka, le gouvernement fédéral n'a pas agit de façon a dissuader de nouvelles actions. Si nous nous retrouvons encore avec de tel incident, il faudrait envoyer un message plus efficace.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 juillet 2015 05 h 27

      Et ce «message plus efficace», vous le tolèreriez s'il arrivait chez-vous ?

      PL