La «réingénierie» prend du retard

Québec — Le gouvernement Charest tarde à amorcer sérieusement le processus de réingénierie sur lequel il mise pour «réinventer le Québec».

Le cabinet de la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, chargée de coordonner le processus, a confirmé, hier, que les six «comités de pilotage» de la réingénierie n'ont pas remis leur rapport d'étape au comité de gouverne présidé par le premier ministre Jean Charest à la fin de décembre comme prévu. Ces rapports d'étape seront fournis avec plus d'un mois de retard, à la fin de janvier ou au début de février, assure-t-on.

Pour expliquer ce délai, on évoque au cabinet une fin de session accaparante et le fait que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui préside le comité de pilotage sur la réorganisation des services de santé, ait eu fort à faire en commission parlementaire pour défendre les projets de loi 25 et 30. Quatre autres ministres président les cinq autres comités de pilotage. Le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, est à la tête de deux comités: le premier assure la revue du mode d'intervention du gouvernement dans l'économie et le deuxième examine les perspectives de décentralisation et de déconcentration en faveur des régions. Le ministre des Finances, Yves Séguin, est responsable du comité sur la simplification et l'allégement du fardeau fiscal tandis que le ministre de l'Éducation, Pierre Reid, s'occupe du comité qui doit accoucher de recommandations visant le recentrage du réseau de l'éducation sur l'élève et l'étudiant. Enfin, Mme Jérôme-Forget se charge du comité révisant les structures de l'État et les programmes gouvernementaux.

Au début d'octobre, Jean Charest a tenu la première réunion de travail du comité de gouverne qu'il préside et des six comités de pilotage. Le premier ministre s'attendait à recevoir des propositions concrètes avant la fin de l'année dernière. «En décembre, on espère qu'il y aura au moins des propositions sur les changements que nous désirons. La première année du mandat est importante», avait-il déclaré en donnant «le coup d'envoi» aux travaux de réingénierie de l'État. Le gouvernement s'accordait un délai d'un an pour prendre des premières décisions en matière de réingénierie, un processus qui doit s'étendre sur quatre ans.

Certains ministres sont fin prêts à livrer leur rapport d'étape, notamment M. Audet et M. Reid, a-t-on précisé à leur cabinet respectif. Dans le cas du ministre du Développement économique et régional, le rapport Brunet sur le rôle de la Société générale de financement et d'Investissement Québec dans le capital de risque, rendu public à la fin de décembre, et l'adoption du projet de loi 34 sur les régions constituent déjà une claire indication du contenu des deux rapports d'étape que M. Audet doit remettre au premier ministre, indique-t-on à son cabinet.

Après avoir lancé à l'automne un premier appel d'offres pour obtenir des conseils de firmes privées sur l'orientation à donner à la réingénierie de l'État, le Conseil du trésor n'a octroyé qu'un seul petit contrat. Trois des 13 consultants qui furent sélectionnés ont pu apporter leurs lumières. Comme le rapportait Le Devoir au début de décembre, les services des firmes SECOR, Cap Gemini Ernst & Young et PriceWaterhouseCoopers ont été retenus pour une séance de remue-méninges d'une demi-journée le 28 novembre. Au cabinet de Mme Jérôme-Forget, on indique que le gouvernement n'a accordé depuis aucun autre contrat relié à la réingénierie de l'État.
1 commentaire
  • Line Pelletier - Inscrite 7 janvier 2004 10 h 12

    À vos claviers

    Le ministre des finances du Québec reçoit présentement des mémoires des citoyens dans le cadre des consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec. Si l'on désire que l'opinion citoyenne soit également entendue et non seulement celles de firmes d'experts-conseils en gestion de stratégies d'entreprise, il s'agit simplement d'envoyer nos recommandations au ministre des Finances avant le 16 janvier 2004. Vous n'aurez malheureusement pas la chance de pouvoir remettre votre mémoire en retard. Ce privilège est réservé aux firmes d'experts-conseils, dont certaines se sont déjà prononcées sur la lourdeur de l'appareil étatique et des retards que cela entraîne dans le fonctionnement des entreprises privées.