​Québec veut retarder l’âge de la retraite

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, a prévenu samedi qu’il est inévitable que le gouvernement repousse l’âge normal de la retraite compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie de la population. 

« Je pense que c’est inévitable parce qu’encore une fois une personne qui prend sa retraite à 60 ans, par exemple, en temps normal peut avoir un autre 25 ans de vie active. Alors ce n’est pas comme il y a 50 ans. Je pense qu’il faut s’ajuster », a déclaré Carlos Leitão à son arrivée au Congrès du Parti libéral du Québec

Selon le ministre, il faut pénaliser davantage les gens qui prennent leur retraite avant 65 ans et hausser les avantages de ceux qui la prennent plus tard. C’est ce qu’il a commencé à faire dans son dernier budget.

Dans le cadre des négociations avec les employés de l’État, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, entend pour sa part, repousser l’âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans et introduire des pénalités plus lourdes pour les retraites hâtives. Lui aussi croit à des changements inévitables. « On n’aura pas le choix. La question, c’est comment on le fait, quand est-ce qu’on le fait, de quelles manières ça va se faire. Ces débats sont non seulement sains, mais ils sont nécessaires. » 

Au menu, les militants libéraux se voient offrir 45 résolutions sur l’équité intergénérationnelle, sur le développement durable et sur la relance de l’économie des régions et des villes de Montréal et de Québec. 

Sous la rubrique « Léguer aux générations futures des finances publiques saines », la commission politique a accouché d’une proposition qui va dans le sens évoqué par les ministres Leitão et Coiteux. On propose de hausser graduellement l’âge d’admissibilité pour une rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ), qui est fixé à 65 ans et, avec l’application d’une pénalité, entre 60 et 64 ans, pour tenir compte « de l’évolution de l’espérance de vie et de la qualité de vie active des aînés ». Une telle augmentation graduelle serait aussi imposée aux employés de l’État. 

En matière de santé, les militants libéraux devront statuer sur l’opportunité de réduire le panier de services assurés compte tenu du vieillissement de la population, de revoir la rémunération des professionnels de la santé et d’introduire de la concurrence dans la prestation des services de santé. 

On propose également de calculer le coût croissant des soins fournis à cette population vieillissante, ce que la commission politique appelle « le déficit actuariel du régime d’assurance maladie », c’est-à-dire « les sommes qui auraient dû être mises de côté afin de financer la croissance des coûts de fonctionnement du système de santé qui excède les revenus de l’État. » Carlos Leitão a toutefois fait remarquer que le régime d’assurance maladie du Québec n’est pas une assurance au sens classique. Le régime, qui n’est pas capitalisé, est financé par les revenus courants de l’État.   
9 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 13 juin 2015 18 h 10

    C'est une mauvaise nouvelle...

    Ça veut dire que Letão n'a pas l'intention de prendre sa retraite bientôt

  • Raymond Gauthier - Abonné 14 juin 2015 00 h 27

    Un raisonnement simpliste!!

    Parce que notre espérance de vie s'est accrue, il nous faudrait travailler plus longtemps?
    Ne pourrions-nous pas, au contraire jouir de notre retraite plus longtemps? À part Messieurs Leitao et Coiteux, qui se croient chargés d'une mission divine, qui a introduit ce raisonnement simpliste qu'un accroissement de notre espérance de vie devait se traduire par une augmentation des années de travail? Ce gouvernement va-t-il vraiment consulter la population à ce propos? Est-ce vraiment ce que les québécois souhaitent?

  • Jean Richard - Abonné 14 juin 2015 09 h 03

    Pour garder les plus âgés au travail

    Pour garder les gens au travail, il y a une façon assez simple de le faire : adaptons le milieu de travail.

    Un des pires employeurs en ce sens, c'est l'état, fut-il fédéral ou provincial. La fonction publique vit depuis plusieurs années sous un régime de diminution des effectifs et l'outil qu'on utilise pour y arriver, c'est de pousser les gens à la retraite.

  • Jean Lapointe - Abonné 14 juin 2015 09 h 11

    C'est complètement absurde

    «Selon le ministre, il faut pénaliser davantage les gens qui prennent leur retraite avant 65 ans et hausser les avantages de ceux qui la prennent plus tard. C’est ce qu’il a commencé à faire dans son dernier budget.» (Robert Dutrisac)

    Je trouve cela complètement absurde.

    Alors que les pays sont de plus en plus riches grâce en particulier aux progrès techniques, au lieu d'en faire profiter le plus grand nombre possible de gens et en particulier ceux qui avancent en âge, il y a des gens qui comme Leitao veulent au contraire les punir.

    Il y a à mon avis quelque chose qui tourne pas rond dans leur façon de concevoir l'économie d'un pays.

    Comment se fait-il que la distribution de la richesse ne se fait pas davantage en faveur des gens qui en ont le plus besoin?

    N' y en aurait-il pas par hasard qui au contraire se rempliraient les poches aux dépens du reste de la population au nom de certains principes complètement absurdes.

    Ces gens-là ne me convaincront jamais qu'il n'y aurait pas d'autres façons de faire.

    J'ai comme l'impression qu'ils ne veulent pas faire les choses autrement parce que certains d'entre veulent conserver leurs privilèges.

    Cela nous est présenté comme une fatalité. Mais je suis porté à penser que c'est tout simplement parce qu'ils ne veulent tout simplement pas faire autrement.

    Encore une fois ce gouvernement nous prend pour des valises.

  • Jacques Patenaude - Abonné 14 juin 2015 10 h 00

    La vrai raison

    Il n'y a qu'une seule raison pour justifier ce nouveau recul social. Rien à voir avec les finances. ni "l'équité intergénérationnelle". Le rendement de la Caisse de dépôt est supérieur à ce qui a été anticipé à son origine.
    La vrai raison est le fait que la main d'oeuvre qui arrive sur le marché du travail provient des plus petites cohortes d'enfants né au Québec. L'objectif est donc de s'assurer qu'il y a suffisamment de main d'oeuvre disponible. Une pénurie très importante favorise trop les employés face aux employeurs. Nous sommes dans une situation de pénurie d'employés alors qu'il y a 30 ans nous étions dans une situation de pénurie d'emplois. Tout le reste n'est que rhétorique.