Le retour des anciens de l’ADQ

Adrien Pouliot en 2012, alors qu’il s’opposait à la fusion de l’ADQ avec la CAQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Adrien Pouliot en 2012, alors qu’il s’opposait à la fusion de l’ADQ avec la CAQ.

Avec les 5 % de votes obtenus dans Chauveau lundi, le Parti conservateur d’Adrien Pouliot pense pouvoir ramener à l’avant-plan les idées de l’Action démocratique du Québec (ADQ) telle qu’elle était avant la fusion avec la CAQ.

« C’est vraiment une barre psychologique qu’on vient de passer et on espère pouvoir continuer à croître à l’avenir », a commenté au lendemain du scrutin Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec.

M. Pouliot, qui représentait son parti lors de la partielle, a récolté 4,92 % ce qui lui a permis de finir 4e, devant Québec solidaire. Aux élections générales de 2014, sa formation n’avait récolté que 1 % des votes. Elle avait présenté 60 candidats.

« Nous, le Parti conservateur, on est un peu la suite de l’ADQ de Mario Dumont et Gérard Deltell. On est les gens qui n’ont pas voulu fusionner avec la CAQ », explique-t-il. M. Pouliot avait d’ailleurs été recruté par M. Deltell lui-même pendant la période où il a été chef de l’ADQ (2009-2012).

Les membres du parti avaient ensuite voté à 70,5 % pour fusionner avec la CAQ. M. Deltell redevint par la suite simple député dans Chauveau. Cette année, la partielle a été déclenchée quand il a décidé de se joindre à l’équipe des conservateurs au fédéral.

Lorsqu’on lui demande s’il a pu contribuer à la défaite de la CAQ lundi soir, M. Pouliot concède que c’est possible. « C’est une bonne question. C’est possible qu’on ait fait dérailler les plans de la CAQ, dit-il. Dans mon porte-à-porte, j’avais vu beaucoup de gens qui avaient voté pour M. Deltell l’homme et non pour la CAQ. Vu que nous, on était un peu la suite de l’ADQ de Gérard Deltell et Mario Dumont, le programme les intéressait. »

Le parti de M. Pouliot a progressé de 4 % lundi soir, alors que la CAQ a perdu 18 % de ses appuis. Le Parti québécois a quant à lui gagné 3 %, et le PLQ a progressé de 12 %.

« Trop d’étatisme »

Adrien Pouliot est d’autant plus fier de ses résultats qu’il n’a été invité « à aucun débat » et s’est senti négligé des médias pendant la campagne.

Il reconnaît toutefois que certaines émissions d’opinion très populaires à Québec l’ont aidé à se faire connaître depuis la fondation du parti en 2012. M. Pouliot animait d’ailleurs une chronique à l’émission Maurais live avant le déclenchement de la campagne dans Chauveau.

« C’est indéniable que les médias à Québec sont accueillants pour un parti qui est à droite du centre », dit-il.

À son avis, ce n’est qu’un début. « On pense qu’on a beaucoup de potentiel parce qu’on est le seul parti à droite du centre et il y a un électorat important qui trouve qu’on a trop d’étatisme et qu’il faut d’autres solutions. Pas seulement dans Chauveau, mais dans la grande région de Québec et à travers la province. »

Avocat de formation, M. Pouliota été vice-président de la commission politique de l’ADQ avant la fusion avec la CAQ. Auparavant, il a travaillé pendant dix ans à l’Institut économique de Montréal, qu’il a d’ailleurs cofondé.

Jocelyne Cazin critique Deltell et les médias, et fait la leçon aux électeurs

Québec — Au lendemain de sa dure défaite dans Chauveau, Jocelyne Cazin critique Gérard Deltell, les médias et fait la leçon aux électeurs.

Dans une entrevue accordée à la station radiophonique CHOI à Québec mardi matin, la candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) a dit regretter que l’ex-député de Chauveau ne se soit pas davantage engagé dans la campagne électorale pour soutenir la cause du parti.

Aux animateurs qui lui demandaient si elle aurait souhaité un appui « plus clair » de M. Deltell, l’ex-animatrice de télévision a répondu par l’affirmative.

À son avis, M. Deltell « aurait pu se positionner » davantage pendant cette campagne. La discrétion de l’ancien député et figure populaire dans la circonscription de Chauveau a suscité « un peu de déception » dans le camp caquiste, a avoué Mme Cazin.

Selon elle, l’ex-député est resté à l’écart pour ne « faire de peine à personne » et accroître ainsi ses chances d’élection au fédéral à l’automne sous les couleurs conservatrices.

Au cours de l’entrevue, Mme Cazin a aussi déploré le travail des médias durant la campagne, leur reprochant de l’avoir étiquetée comme « parachutée ».

Pendant un mois, les libéraux ont martelé ce message et les médias n’ont cessé de le relayer, a-t-elle dit.

Quant aux électeurs de la circonscription, Mme Cazin croit qu’ils ont choisi de laisser les libéraux faire à leur guise avec leur argent.

« Ce que les gens de Chauveau ont dit [lundi], ce que je comprends, c’est : “ chers libéraux, faites ce que vous voulez avec notre argent, avec nos impôts, nos taxes et puis le reste on s’en fout  », a-t-elle analysé.

Le vote caquiste s’est effondré lundi dans la circonscription de Chauveau, ancien fief de M. Deltell. Mme Cazin a obtenu moins de 34 % des suffrages contre 41 % pour la gagnante, la libérale Véronyque Tremblay.
La Presse canadienne
1 commentaire
  • Pierre Schneider - Abonné 10 juin 2015 06 h 45

    À gauche toute !

    Si j'ai bien lu, le PLQ et la CAQ seraient des partis qui penchent vers la gauche, selon Adrien Pouliot.

    À ce compte-là, je me demande bien où il classe les partis sociaux-démocrates indépendantstes .