Des hommages par milliers pour Jacques Parizeau

Le cercueil de Jacques Parizeau a quitté l’Assemblée nationale dimanche après avoir été salué par des milliers de personnes. Son épouse, Lisette Lapointe, suivait le cortège.
Photo: Francis Vachon La Presse canadienne Le cercueil de Jacques Parizeau a quitté l’Assemblée nationale dimanche après avoir été salué par des milliers de personnes. Son épouse, Lisette Lapointe, suivait le cortège.

L’Assemblée nationale a ouvert ses portes dimanche à plus d’un millier de citoyens, qui souhaitaient rendre un dernier hommage à l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, décédé lundi soir à l’âge de 84 ans, entouré de ses proches.

La veille, ils étaient venus par centaines pour se recueillir auprès de celui qu’on surnommait « Monsieur » et offrir leurs condoléances à sa famille et à son épouse, Lisette Lapointe, sur le parquet de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont M. Parizeau a été l’un des bâtisseurs.

Le cortège funèbre, avec à sa tête la veuve de M. Parizeau, Lisette Lapointe, est arrivé peu avant 10 h devant l’Assemblée nationale dimanche, où le cercueil recouvert du fleurdelisé a été transporté jusqu’au Salon rouge, transformé en chapelle ardente.

Certains ont attendu près de deux heures pour entrer dans l’auguste enceinte du Salon rouge, alors que la file de visiteurs s’allongeait jusqu’à la fontaine de Tourny sur l’avenue Honoré-Mercier.

L’ex-premier ministre Lucien Bouchard a avoué être « frappé » par la reconnaissance exprimée par le public à l’endroit de M. Parizeau, surtout en cette période de grand cynisme envers la politique.

« C’est un retour des choses très significatif, M. Parizeau lui-même aurait été extrêmement touché par des témoignages comme ceux-là. La vie politique est dure et il l’a eue aussi dure que n’importe qui sinon plus, a dit la figure de proue du camp du Oui en 1995. C’est un geste de reconnaissance et il y a quelque chose d’apaisant là-dedans. »

Plusieurs se sont rappelé des moments passés auprès du grand bâtisseur. Directeur de cabinet de René Lévesque entre 1977 et 1984, Jean-Roch Boivin a parlé d’une période difficile traversée par M. Parizeau au début des années 1980.

« Peu de gens le savent, mais c’était un homme assez seul. Il m’a fait des confidences. Une fois, il m’a dit, “ M. Boivin, ça fait du bien d’avoir un ami, je suis seul ”. J’ai été pas mal surpris. »

« Il a eu le courage de se tenir debout, a quant à lui soulevé le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau. Il a transmis un fort et très étendu message [disant] que nous sommes capables de réussir, nous l’avons fait et poursuivons sur les messages d’espoir. »

Arrivé tôt samedi, le premier ministre Philippe Couillard n’a eu que de bons mots pour l’ancien premier ministre.Le siège de la Caisse de dépôt et placement, place Jean-Paul-Riopelle, portera le nom de l’ancien premier ministre, a-t-il réitéré.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé que la mise sur pied de la Caisse de dépôt et placement était le plus grand legs de M. Parizeau.

Peu de gens peuvent prétendre avoir réellement changé le Québec, et Jacques Parizeau est de ce nombre restreint, a déclaré le maire de Québec, Régis Labeaume.

Les funérailles nationales de Jacques Parizeau seront célébrées mardi à l’église Saint-Germain d’Outremont à 14 h.

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