Jacques Parizeau exposé en chapelle ardente

Ils ont afflué toute la matinée pour se recueillir auprès de celui qu’on surnommait « Monsieur » et offrir leurs condoléances à sa famille et son épouse Lisette Lapointe.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Ils ont afflué toute la matinée pour se recueillir auprès de celui qu’on surnommait « Monsieur » et offrir leurs condoléances à sa famille et son épouse Lisette Lapointe.
Par centaines, les citoyens sont venus samedi faire leurs adieux à Jacques Parizeau, qui s’est éteint à l’âge de 84 ans plus tôt cette semaine. L’ancien premier ministre était exposé en chapelle ardente sur le parquet de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dont il a été l’un des bâtisseurs. 

La dépouille de l’ancien premier ministre est arrivée peu après 9 h samedi matin au siège de la Caisse de dépôt de placement. Les citoyens avaient déjà commencé à faire la file à l’extérieur. Ils ont afflué toute la journée pour se recueillir auprès de celui qu’on surnommait « Monsieur » et offrir leurs condoléances à sa famille et à son épouse Lisette Lapointe. 

Flot d’éloges

Arrivé tôt, Philippe Couillard n’a eu que de bons mots pour l’ancien premier ministre. « Au-delà de toutes les appartenances politiques, son œuvre est magistrale et majeure. Le Québec d’aujourd’hui et de demain porte son empreinte », a souligné le premier ministre.

Le siège de la Caisse de dépôt et placement, place Jean-Paul-Riopelle, portera le nom de l’ancien premier ministre, a réitéré Philippe Couillard. « C’est un geste qui est très justifié. Je n’ai pas entendu aucune dissonance dans l’opinion publique », a-t-il fait remarquer. 

Peu après, Pierre Karl Péladeau, visiblement ébranlé, a aussi rendu hommage à l’ancien porte-étendard du mouvement souverainiste. « Il a été un grand serviteur de l’État. Il a été un exemple pour un grand nombre de Québécois qui croient en leur capacité de réussir, particulièrement dans le domaine des affaires, dans le domaine économique, ce qui a fait en sorte que nous puissions sortir de cet état socio-économique dans lequel la grande majorité des francophones s’est retrouvée pendant des décennies. » 

L’ancien chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, est venu de Londres pour se recueillir auprès de la dépouille de M. Parizeau. Il a souligné l’unanimité des commentaires à l’endroit de Jacques Parizeau. « Les gens de tous les horizons disent que c’est un homme d’une stature absolument immense que peu de nations peuvent se targuer d’avoir connu dans leur histoire. Je pense qu’on peut en être fier, mais il faut en être digne aussi. » 

L’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est rappelé les nombreuses discussions qu’il a eues avec Jacques Parizeau sur la mondialisation, la citoyenneté, la démocratie et sur l’identité québécoise. Il était d’ailleurs épaté par le niveau de préparation de M. Parizeau lorsqu’il s’attaquait à un dossier : « Il avait la rigueur du professeur et la passion de l’étudiant. » 

De tous les partis

D’anciens collègues, députés, ministres et collaborateurs, tous partis confondus, ont livré des témoignages élogieux. « Un hommage bien mérité, a indiqué l’ancien ministre libéral Claude Castonguay. Un homme d’une grande intégrité, d’une grande probité. » 

« C’est émotif, même si je ne suis pas très portée sur l’émotion », a indiqué un de ses collaborateurs de longue date, Louis Bernard. « Je pouvais lui faire des critiques. Il m’écoutait. Ça ne veut pas dire qu’il suivait tous les conseils que je lui donnais, mais au moins, j’avais son écoute. » 

« On n’était pas de la même famille politique, mais je crois qu’il faut reconnaître qu’il est un des pères du Québec moderne », a pour sa part confié Denis Coderre. Le maire de Montréal a indiqué que la Ville rendrait hommage à M. Parizeau « comme il se doit » au moment opportun. 

Pierre Bourque, qui fut maire de Montréal de 1994 à 2001 alors que M. Parizeau était premier ministre, abondait dans le même sens : « Il a donné au Québec des outils de développement pour administrer de façon moderne. » 

Le député Maka Kotto a voulu exprimer sa sollicitude envers Lisette Lapointe. « C’est toujours difficile, même quand on est préparé, de voir quelqu’un partir, quel que soit son âge. Quand ce moment arrive, vous avez le sentiment qu’on vous retire le tapis sous les pieds. » 

D’autres, comme l’ex-ministre péquiste Nicolas Marceau, peinaient à contenir leur émotion. « Je suis un peu à l’envers, mais on a perdu un de nos grands », a-t-il dit. 

Un grand homme 

La syndicaliste Claudette Carbonneau n’était pas étonnée de voir autant de citoyens vouloir saluer une dernière fois le défunt. « Enfin, le Québec prend la mesure de ce monsieur, non seulement de sa voilure, son envergure et son intelligence, mais aussi de la sincérité de son implication et de la force de ses convictions. » 

Le comédien Luc Picard jugeait important de venir en personne offrir ses condoléances à la famille. « C’est très émouvant. On a perdu un grand homme qui s’est battu pour nous, pour le meilleur de nous en fait, pour ce qu’il imaginait de nous. » 

Dimanche, ce sera au tour des citoyens de la région de Québec de pouvoir rendre hommage à M. Parizeau puisque sa dépouille sera exposée en chapelle ardente à l’Hôtel de Parlement à compter de 10 h. 

Les funérailles seront célébrées mardi à l’église Saint-Germain d’Outremont à 14 h.